‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 86 sur 181 · LETTRE CXXVII · texte numérisé non relu

LETTRE CXXVII

SUR Vm CORftM&ATlOH ROUYBUB DBS FAHATIQOBg DBCOUVKRTl» .

Vous prenez trop de part, monsieur, aux af&ires de ce pays pour ne pas vous faire savoir ce qui s'y passe. Je n'ai jamais osé vqus mander que la révolte fût finie. Les esprits des vâlles et de la campagne ont été si gâtés par les derniers troubles, et les chefs misérables et scélérats étoient partis d'ici si obstinés dans leur malice que jai toujours bien cru que le petit calme dont nous jouissions étoit plutôt une suspension qu'une cessation de nos malheurs. Nous apprenions depuis quelque temps que. plusieurs de ces honnêtes gens étoient rentrés dans cette province^ qu'ils enrôloient secrètement beaucoup de jeunesse,

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qu ils ramassoient des arme;, et qu'As se dbpersoient dans nos diocèses pour y &irè quelque mouvement à Touveiture des campagnes. Le secret ëtoit bien garde -, il ne manq«oit pas pourtant de gêna indiscrets parmi eux qai prëdiaoient un soulèremeat prochain et des^ aventures plus tristes que les précédentes. Tout ëtoit presque prêt, poudre, armes, recrues^ lorsque MM. de Bary. et de Bav... ont eu des avis certains de ce qui se tramoit ffresqu'à leur porte. On a fouille dans la nuit lés tnaisoo^ suspectes à Montpellier ; on y a trouvé les chefs , surtout un drago'n de Fimarcon, déserteur , revenu des pays étrangers avec la confiance des alliés, qui a été tué en se défendant, dont ou a pris les papiers, sur lesquels on a arrêté plusieurs personnes mal intentionnées. On a su que les plus méchans étoient dans Nismes. On y a pris , par le plus grand bonheur du monde, Ravanel, Gatinat, et quelques autres de ces rebelles dont on a découvert les intrigues. Quelques marchands de notre ville s'y trouvent enveloppée. M. de Barv. et M. de Bav. se sont transportés ici , et ce dernier vient d'en juger quatre 5 deux à être brûlés vifs, pour sacrilèges, rébellion, meurtres, etc., deux autres à être rompus. Demain on en jugera d'autres. Ils prétendaient une révolte prête dans le Languedoc , Dauphiné et Yivarais , qu'ils vouloient avoir Thonneur de commencer. Us avoient dessei(i de mettre le feu dans plusieurs endroits de Nismes et Montpellier, et, pendant qu'on s'occuperoit à l'éteindre , se saisir des corps de garde et des armes ,

et faire motfroir au même temps leurs geos de la campagne y espërant que les catholiques, lassés de la capitàtioR , se joindroient à eux^ et qu'on seroît obligé de faire venir les troupes de Savoie. La i^tte ennemie , le nom delA. de Miremont , <}u% nomment le -dernier prince^ fidèle à Dieu de la maison de Bourbon , étoient les motifs de- leurs «espérances.

Voilà lenrs folies et Jeurs -visions;. cependant ce sont des folies et des viâons dangereuses. J'espère que cette conspiration sera étonfiëe dans le sang de ces scélérats. Mais il est bien ennuyeux d'être toujours dans les appréhensions de voir une guerre san^ glante et plus que civile.

A Nismes, ce ui ayiil 1706.

LETTRE CXXVlII.

SUR L« mImB SVIBT.

Vous avez bien raison*, monsieur, de regarder comme un effet de la providente de Dieu la découverte de la conspiration qui se tramoit en ce pays , et qui étoit sur le point d'éclater. Les émifôaires d'Angleterre et de Hollande, les scélérats chassés d'ici et revenus furtivement, chefs autrefois des ianatiques , et quelques malheureux bourgeois de Nismes et de Montpellier conduisoientcet ouvrage de ténèbres. Les enrôlemens de la jejinesse gâtée, l'amas de poudre , d'armes , de balles , el^. , se faisoietft dans les villes et dans la campagne secrètement-, les

ibB LETTRES

espérances des secours étrangers de MM. de Mhremont et de Tabbé die Bourlif^ leur panoissoient prochaine&et assurées. Ondevoit commencer par MM. de -Barv. et d^ Bav. ; nous n'étions pas oubliés. Un avis est venu comme du ciel. On a arrêté quelqu'un de ces souffleurs de sédition qui en ^ découvert d'autre^^ ceux-là, d'autres. Quelques «-uns «étourdis du coup , et portant l^v^s crimes suv ledr visage, se sont comme Uvrés à la justioe sans y penser, et nous espérons que*Dieu ne permettra pas que ks mauvais espriis qui restent accoomlissent leurs mauvais desseins. Prie% le Seigneur pour nous, et croyez^ etc.

A Nûmes, ce i*' mai 1706.

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