‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 88 sur 181 · LETTRE €XXX · texte numérisé non relu

LETTRE €XXX

COMPLIVCNT A MOIfSlEUA LE MARSCHAL DUC DB VILLAHS^

J'ai déjà fait, monsieur, mes* complimens à madame la maréchale sur votre expédition par delà la Sarre. Agréez que je vous les fasse à vous-même. Si ce pays-là avôit été aussi chaud et aussi sec que le nôtre, quelque perte que les; ennemis aient faite, ils n'en auroient pas été quittes à si bon marché. Vous avez jeté la frayeur et le désordre- dans leurs quartiers. Vous en avez battu, vous en avez fait plusieurs prisonniers ; et , si le ciel ne s'en fût pas mêlé , et que les pluies et les rivièrçs eussent favorisé votre "dessein, peu d'Allemands auroient échappé à la valeur des troupes françoises sous les ordres d'un tel général. Quoi qu'il en soit, monsieur, voilà un beau prélude de campagne; vous remettez nos gens sur le train de. supériorité et de victoire , et vous apprenez aux ennemis à vous* craindre et à fuir devant vous dès que vous paroissez. Je m'imagine que votre armée sera bientôt assemblée, et que vous agirez bientôt. Je souhaite pour votre gloire que tout le

poids de la. gaerre tombe sur vous qai pouvez mieux le soutenir; et la seule crainte que j'aie, c'est qu^on ne vous craigne trop, et qu'on n'aîme mieux avoir à faire à d'autres qu'à vous.

Je ne vous parle point de la conspiration de nos fanatiques, de leurs projets, de leurs folies, de leurs intrigues, de leurs supplices; on vous en a sans doute écrit le détail. Je me contente de vous assurer que personne ne fait des vœux pour vous de meilleur cœur^ et ne peut être avec un plus sincère et plus respectueux attachement que je le suis , monsieur, votre, etc.

A INismes, ce 10 mai 1705.

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