LETTRE CXXXIII
CONPLIKXHT AD PÈRE DB LA HUE , SUE L^OEÂISOn FURiBEB DE «• DE MEAUX.
J'ai reçu , mon révérend père , quatre exemplaires de votre dernière oraison funèbre , dont vous avez voulu me payer l'attente avec usure. Je l'ai relue avec mon admiraticm d'autrefois , mais ce me semble, avec une affection nouvelle, comme Téloge d'un illustre ami ; votre ouvrage est présentement mon bien. Je ne vous dirai pas en particulier les endroits qui m'ont le plus touché, et dans le sujet et dans le discours. Vous coniv3rssiez les liaisons que j'avois avec les grands hommes que vous louez , et vous savez mieux que moi les finesses de l'art que vous avez employées à les louer aussi noblement que vous l'avez fait.
Je vous supplie de vouloir bien témoigûer à monseigneur F'évêque d'Avranches la reconnofssance que j'ai de l'honneur de sou souvenir , et l'assurer du respect que je conserve toujours pour lui. 11 est vrai que j'ai en original la seconde partie du poëtne de la Pucelle de feu M. Chapelaii\, écrite de sa main. Nous en atons fait autrefois quelques lejclures ensemble, d'un côté trop peu, de l'autre trop réjouissantes. Si les affaires de ce pays nous laissoient quel-
DE F'IiÉGHIËR. 193
que solide tranquillité , j'irois faire utidei^uier voyage à Paris, et j'y porterois ce manuscrit.
Nous avons souvent parlé de vous, ce cajrérae av^* le père Gilbert , fort de vos apiis , tçès-honnéle homme, et qui nous a-lrès-bieji jJrêchës. Il vôu^ dira peut-être un jour rattachement partictdier avec lerrnel je suis, mon révérend p^e, votre , etc.
A ^ismesy ce la juin 1705.