‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 2)Chapitre 105 sur 117 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

IIOTE!! DE RiSOUORE LE PROBLÈME PAR L^OBSERVATION

D*C:iE SECLE IMAGE

Toute la série des nombres précédents établit la possibilité de Texpérience projetée ; tous montrent que des phénomènes de déviation deviendront im moyen décisif de choisir en connaissance de cause entre la théorie de rémission et celle des ondes. Peut-être ne sera-t^n pas fâché de voir que le même résultat pourrait être obtenu à Taide de l'observation d'une seule image.

De nombreuses observations d'étoiles changeantes m'on prouvé que dans les espaces célestes et aussi , à fort peu près, dans l'atmosphère, les rayons de différentes couleurs se meuvent avec la même rapidité. De là , en admettant le système de l'émission , résulte nécessairement la conséquence qu'en traversant un liquide, les rayons rouges marchent moins vite que les rayons violets et précisément

dans le rapport inverse des sinus de réfraction respectifs

correspondant à une incidence commune. Le système des

ondes exige aussi qu'il existe une différence de vitesse

-: entre les rayons extrêmes du spectre ; seulement elle doit

: avoir lieu en sens contraire : ce sont alors les rayons

i rouges qui marchent le plus vite.

Cela posé, dirigeons un faisceau de lumière blanche sur le miroir rotatif, au travers d'un long tube rempli de carbure de soufre, liquide éminemment dispersif. Les rayons rouges, les rayons violets, tout comme les rayons intermédiaires, orangés, jaunes, verts, bleus, n'arriveront pas au miroir en même temps; ainsi ils seront inégalement déviés; ainsi ils formeront après leur réflexion, une de ces bandes irisées que les physiciens ont coutume d'appeler des spectres. Jusqu'ici tout est commun entre les deux théories de la lumière ; mais la différence commencera dès qu'on portera son attention sur l'ordre dans lequel les couleurs se succéderont : cet ordre doit être inverse dans les deux systèmes. Pour savoir si la lumière est un corps ou une onde, on n'aura donc ici qu'à examiner dans quel sens le spectre réfléchi se trouve posé; il suffira de rechercher si l'extrémité rouge est à droite ou à gauche, et cela, bien entendu, suivant le sens de la rotation du miroir.

Soit que dans les expériences que je me propose de faire on se serve d'étincelles électriques ou de lumières successivement cachées et découvertes à l'aide d'écrans rotatifs, comme leurs éclats ne sauraient être réglés à des millièmes de seconde , il arrivera qu'un observateur visant au miroir dans une direction donnée et avec une lunette

d'un champ borné, n'apercevra la lumière que fortuite- r ment. Hâtons-nous d'ajouter qu'en renouvelant très-so»vent les apparitions lumineuses , toutes les secondes par exemple ; qu'en faisant tourner, au lieu du miroir unicpie, un prisme vertical à huit ou douze facettes ; qu'avec le F^ concours de plusieurs observateurs, placés dans des postions différentes et armés chacun de sa lunette, on ne pourra manquer d'avoir des apparitions nombreuses et décisives des rayons réfléchis.

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