PAR PLUSIEURS PHYSICIENS
On vient de lire le compte-rendu que je fis en 1838 à l'Académie du projet d'expérience que j'avais imaginé pour résoudre directement et définitivement cette question toujours débattue entre les physiciens : la lumière est-elle une matière émise par les corps rayonnants ou le résultat de la vibration d'un milieu très-rare et très-élastique qu'on est convenu d'appeler Vétherl
Les circonstances m'ont amené en 1850 à traiter la question au point de vue historique. Voici dans quels termes je m'exprimai :
M. Wheatstone était parvenu très-ingénieusement, à l'aide d'un appareil dans lequel figurait pour la première fois un miroir rotatif, à déterminer la vitesse de propagation de l'électricité. Cette belle méthode m'avait semblé un titre plus que suffisant pour que
-.Wheatstone occupât un rang distingué dans la liste
-candidats à une place de correspondant vacante dans
jection de physique. Les membres de la section avec
jdels je me trouvais en désaccord à ce sujet préten-
-ont que la méthode que j'exaltais, disaient - ils ,
:e mesure ne pourrait pas s'appliquer à d'autres
aerches que celles dont M. Wheatstone avait déjà
3enté les résultats.
e m'engageai à prouver, contrairement à l'opinion mes confrères, que le miroir rotatif du physicien ;lais servirait à la détermination des vitesses compares de la lumière dans les liquides et dans Tair, ît-à-dire à la solution d'une des plus difficiles ques- -^ de la philosophie naturelle.
Tel fut l'objet de la Note imprimée dans le comptera de la séance du S décembre 1838.
Cette Note établissait que, dans des hypothèses fort jaissibles sur les déviations angulaires susceptibles ire observées avec une lunette ordinaire, il ne serait S impossible de déterminer la vitesse comparative de lumière dans le carbure de soufre et dans l'air, sans X)urir à une longueur de tube exagérée et à un miroir isant plus de 1,000 tours par seconde. Or le miroir fit s'était servi M. Wheatstone faisait déjà 800 tours ins le même intervalle de temps, 11 était évident que,. dans ce système d'observation r.pour un écartement angulaire donné, la longueur du 1^ renfermant le liquide devait être d'autant plus purte que le mouvement de rotation du miroir serait ïm rapide. C'est pour cela que je m'étais attaché à
suppléer à ce mouvement de rotation , qui ne peut pratiquement dépasser certaines limites , en combinant plusieurs miroirs rotatifs.
Les deux rayons, tombant Tun à travers le liquide, Tautre à travers Fair sur un premier miroir rotatif forment un certain angle ; cet angle est doublé lorsque ces rayons tombent sur un second miroir tournant dans un sens convenable avec la même vitesse ; Tangle es( triplé si ces rayons tombent sur un troisième miroir tournant, et ainsi de suite. On peut ainsi, par la mult plication des miroirs rotatifs, arriver au même résulbt que si un miroir unique tournait avec une vitesse douhle, F triple,. •. de celle qu'il est possible d'obtenir avec sùrâl sans détruire la denture des roues et sans détremper les axes.
Mon ami M. Breguet fils se chargea de réaliser cette ivnooption, par un mécanisme dans lequel toutes les iwv.munications de mouvement s'effectuaient à Faide JoïiCTvnages. Il mit en œuvre une disposition particu- ;S^^ de la denture dont la première idée appartient à \\ >tU\ On a pu voir le système des trois mouvements vKS\ ovvuté à l'une des anciennes expositions des provlui:^ vk rindustrie.
Kit xî^ijini à l'image réfléchie par le miroir qu'enlî:^^^:^'^;: k^ îïVMsième rouage, les effets observés devaient 't^^N'^ îisi<^^^5^îiH>ii avec ceux qu'aurait fournis un miroir ^>Mv-^1U' MMii\)Uo fi^i^nnt 3,000 tours par seconde. Dès ce W^^v^^ohK \^ suo\n\< do l'expérience projetée était mis \\\\\'^ \\x^ hIouIo; Oh i^^uvait regretter seulement que, par hola ïx^rtoxioas &uov^fiàsiivos sur trois miroirs différents, la
lumière dût éprouver un affaiblissement notable. Il était donc à désirer qu'on arrivât au résultat par une seule réflexion ; c'est à quoi les expériences dont je vais rendre compte parurent conduire.
Dans ses recherches sur les causes qui empêchaient de faire tourner un miroir avec plus de 1,000 tours par seconde, M. Breguet s'avisa de décharger le dernier axe du poids du miroir qu'il supportait ; de faire tourner F axe tout seul, et il réussit, non sans étonnement, à faire faire à cet axe 8,000 tours par seconde. L'obstacle qui empêchait de faire tourner le même axe, lorsqu'il portait le miroir, avec une vitesse de plus de 1,000 tours par seconde parut évident : c'était, devait- on penser, la résistance de l'air. Je crus moi-même à l'existence de cette cause, et toutes nos pensées se portèrent sur les moyens de faire tourner le miroir dans le vide. On construisit aussitôt un récipient en métal destiné à contenir l'appareil rotatif. Ce récipient était percé de plusieurs ouvertures, dont l'une devait donner entrée aux rayons de lumière ayant traversé les deux colonnes d'air et de liquide. En face des autres auraient été les objectifs des lunettes destinées à observer les deux rayons réfléchis par le miroir rotatif. Des communications convenables étaient établies, par l'intermédiaire de boîtes à étoupes, entre l'appareil et le poids moteur. Un tube particulier mettait l'intérieur du récipient en communication avec une machine pneumatique.
Tout cela était disposé, établi sur une colonne en pierre dans la salle de la méridienne de l'Observatoire. 11 ne restait plus qu'à faire l'observation... Le miroir,
démentant toutes nos prévisions , n'a presque pas tourai plus vite dans le vide que dans l'air. Cette circonstance l ^ a montré, une fois de plus, la vérité du proverbe: ib^ mieux est l'ennemi du bien. » Il a fallu songer à reveÉ à l'appareil primitif composé de trois rouages et de troB miroirs séparés, appareil auquel je n'avais renoncé que