MARCHE DU THERMOMÈTRE PENDANT LES ÉCLIPSES
La marche du thermomètre , pendant les progrès de 'réclipse de 1842 , parut singulière à ceux qui ne remarquèrent pas que deux causes variables et diamétralement contraires agissaient simultanément sur l'instrument. U Soleil, en tant qu'il s'élevait graduellement au-des- '8U8 de l'horizon, avait un pouvoir échauffant de plus «nplus fort. D'autre part, ce pouvoir diminuait à mesure que la Lune, par son interposition, cachait une portion
de plus en plus étendue de l'astre lumineux. C'était donc la différence de ces deux effets que le thermomètre accusait. Après la fin de l'éclipsé totale, le Soleil continuai* à monter et la portion visible de son disque devenaii sans cesse plus étendue, l'augmentation de chaleur et do lumière provenait de deux causes concordantes. Cette double remarque devra toujours diriger ceux qui v dront discuter en détail les observations photométrii et thermométriques faites pendant les éclipses solaires.
Quoique je n'ignorasse pas que des observations mométriques ou photométriques isolées ne pourrai guère conduire à des résultats généraux; quoique longue expérience m'eût appris qu'il faut procéder pi|| voie de moyennes quand on veut interpréter utile les phénomènes qui se passent dans un milieu aussi vai ble que l'atmosphère terrestre, je m'étais muni, en 1 des instruments les plus propres à mesurer la chaleur et lumière. Nous avions, à Perpignan, une riche collée de thermomètres et de photomètres dont la marche suivie pendant toute la durée de l'éclipsé , grâce à complaisance de MM. Massot, docteur en médeci Farines, pharmacien; Julia, capitaine d'artillerie, fi aussi des remerciements à adresser à don Lorenzo Pi zas y Puig, et à don Louis Balaguer, qui étaient v de Barcelone se joindre à nous.
Je ne puis avoir la pensée de donner ici les breuses colonnes de chiffres dans lesquelles les résull de ce travail se trouvent consignés. Je me contenterai remarquer que le changement thermométrique, quence de l'éclipsé, que le mouvement rétrograde 4
thermomètre se trouva moins considérable que l'impression de froid sur les mains et sur la figure ne Taurait fait supposer. Cette variation à l'ombre, sur des thermomètres librement suspendus dans l'air, ne dépassa pas, à Perpignan, 3 degrés centigrades.
Quant aux thermomètres exposés au Soleil, la variation, comme de raison, fut beaucoup plus grande. Un de ces instrmnents, à boule noire, contenu dans un globe de verre fermé et vide d'air, descendit, entre 5** 10" et S" 48", de S"*.? centigrades. Un thermomètre semblable, mais à boule vitreuse ordinaire, descendit, entre 5** 6" et 5^ 48", de 5*. 5 centigrades.
A Milan, la descente du thermomètre ordinaire fut de 8\4 centigrades.
A Venise, deSM.
A la campagne, près de Perpignan, il y eut, après l'obscurité totale, une forte rosée. Elle tombait des feuilles ; par gouttelettes.