CHAPITRE XIII
COURONNE LUMINEUSE DE L'eCLIPSE TOTALE DE SOLEIL OBSBRVil ] LE 8 AOUT 1850 A HONOLULU (ÎLE SANDWICH) .1
Pour compléter la discussion à laquelle je viens de toi livrer à l'occasion de l'éclipsé de 18/i.2, je vais faire cou-] naître les observations précieuses dont la science erf redevable à M. Bonnard , commissaire de la Républiq»'"^ française à Taïti, et à M. Kutczycki, qui a si bien exécdlt ses ordres ; ces observations ont été faites pendant Té-
:lipse totale du 8 août 1850 à Honolulu (île Sandwich).
D'après toutes les relations qui nous sont parvenues 3'éclipses totales de Soleil » la Lune, au moment du phélomène, était entourée d'un anneau bien terminé et formé ïune lumière blanchâtre, se projetant sur un fond moins umineux, qui s'étendait assez loin. Les observateurs ont Lttribué à cet anneau, par évaluation et non à la suite l'une mesure, une largeur qui varie entre 2 et il minutes. Les uns lui donnent le même centre qu'à la Lune ; les Lutres ont estimé que le centre coïncidait toujours avec relui du Soleil. Ce que les anciennes observations avaient aissé d'incertain n'a pu être résolu par l'observation du i juillet 18/12. Voyons ce que nous apprend, à ce sujet, ^éclipse de 1850. Écoutons l'observateur d'Honolulu, C Kutczycki :
tLa couronne lumineuse était complètement irrégutère; dans son ensemble elle présentait l'aspect d'une îtoile à plusieurs branches inégalement espacées et de liflërentes longueurs. Elle était plus lumineuse vers les iords de la Lune, mais elle ne présentait, ni dans son tnserable, ni dans aucune de ses parties, la trace d'un imbe, rond ou arrondi , formant anneau autour des deux istres ; sa lumière décroissait très-uniformément sans préicnter aucune variation brusque appréciable. Il était donc ïors de question de déterminer sur lequel des deux astres die était centrée. Sa lumière était ou me paraissait par- Gaitement blanche, plus vive vers les bords de la Lune, comme je l'ai dit, et se dégradant jusqu'à se confondre avec la couleur grise violacée du ciel. Elle était striée dans la direction normale au bord de la Lune , par plu-
sieurs lignes ou traits plus noirs que le reste, qui existaient partout , mais qui étaient plus nombreux sur h partie occidentale du bord lunaire. Cela lui donnait, à il régularité près, l'aspect d'une gloire que les peintres foi autour de la tête des saints ; comparaison qui a été vent, et à juste titre, employée. Le tout était parfaite] immobile et ne ressemblait en rien à une pièce de fi d'artifice tournant sur son centre. Cette immobilité é1 tellement parfaite que, pendant toute la durée de l'écli] totale, un des traits sombres, plus apparent que le n'a jamais cessé de se détacher du même point sur bord occidental de la Lune, point qui était reconni sable par une petite aspérité, la seule visible avec le sissement de la lunette. Les deux branches les plus 1 gués de la couronne, s' étendant dans la direction pn verticale, sous-tendaient à leurs extrémités un angle 2** 35' ; les branches de droite et de gauche, un angle 2** 5'. La partie gauche était au moins deux fois a longue que celle de droite. La branche supérieure él aussi sensiblement plus longue que l'inférieure dès ^ commencement de l'éclipsé totale; le contraire aurait el lieu si l'excentricité de la Lune en eût été la cause. Il différence, d'ailleurs, était beaucoup plus grande qirf cette excentricité ne pourrait l'expliquer, fût-elle dans rf sens qu'elle aurait dû avoir dans ce cas. La couronw s'est-elle formée quelques instants avant ou après le commencement de l'éclipsé totale? A-t-elle disparu avant orf après sa fin? Cette question résolue en sens opposés prf Halley et IJlloa , malgré la difficulté que j'éprouve t en décider pour le conunencement , ne me laisse aucoa
doute sur la fin de Téclipse. Elle disparaît , ou plutôt elle a disparu, à Honolulu, à Tinstant même de Témersioii du premier rayon du Soleil, et son emplacement a semblé parfaitement obscur à partir de cet instant. Je ne doute pas qu'elle ne se trouve toute formée pendant la durée de réclipse, mais la plus petite portion du disque solaire suffit pour réteindre complètement, au moins du côté où rémersion du Soleil a lieu. Un instant avant cette émerâon , sa lumière a augmenté beaucoup d'intensité dans la partie qui touchait la Lune, au point même quMl était difficile de la supporter à Tœil nu. Cette ceinture, considérablement plus lumineuse que le reste, n'avait que très-peu de largeur, et sa limite n'était pas assez définie pour qu'on pût la déterminer ; mais c'est peut-être là la couronne lumineuse qui, dans d'autres éclipses, a paru, ^ à quelques observateurs, entourer les deux astres d'un j^ umeau défini. £n admettant cet anneau défini , il serait jj. centré, sans aucun doute, sur le Soleil, et sa largeur serait ,Men au-dessous de 1' 10", car il était complètement [lecouvert par la Lune pendant la plus grande partie de ^Féclipse totale, puisque le rayon de la Lune excédait i cdui du Soleil de cette quantité seulement. Cette ceini tare plus vive a persisté jusqu'à l'émersion du premier trayon du Soleil, précédée par l'apparition d'un cercle I ïtee dentelé ; le tout, a disparu à l'instant de l'émersion. » Je ne pense pas que personne trouve dans la relation • qu'on vient de lire de M. Kutczycki, aucun argument dé- ; dâf en faveur de la théorie si séduisante de La Hire et de " ■ De risle, suivant laquelle la formation de l'auréole lumi- »euse dépendrait de la diffraction éprouvée par la lumière
Bolaire rasant les bords de la Lune. Les observatic faites pendant Téclipse totale du 28 juillet ISSl, qui visible dans la partie septentrionale de l'Europe, laissé la question à peu près au même point où elle et immédiatement après Téclipse de 1842.
Le phénomène doit donc être l'objet de nouvelles il vestigations. Il faudra recommander aux observatei des futures éclipses totales de porter particulière! leur attention sur le nombre des rayons lumineux obscurs , sur leur direction , sur leur point de départ rapport au corps de la Lune et sur la manière dont ils i terminent dans Tauréole lumineuse.