Âiry a rendu compte de l'apparition des protubérances
Iminineuses :
«Pendant que j'examinais la Lune (après la dispari-
^f «on totale du Soleil), j'aperçus, à ma très-grande sur-
prise, de petites flammes rouges au bord inférieur apparent de cet astre. (Ce bord inférieur était le bord sup^^ rieur pour qui regardait à Toeil nu. ) Ces flammes étaient^ au nombre de trois, comme ma mémoire me le rappelle,' comme d'ailleurs cela résulte de la représentation qœ j'en fis sur mon agenda peu de minutes après leur ap] rition. Elles avaient la forme et la position des dent d'une scie circulaire, destinée à agir dans le sens où toi nent les aiguilles d'une montre. Leur hauteur ne surpj sait certainement pas le quart de la largeur de Tani lumineux, ou environ une minute. La distance entre h première et la troisième de ces flammes embn peut-être iO degrés, ou davantage, sur le contour de Lune. »
Madame Airy aperçut les flammes à Tceil nu.
Pavie. — Je traduis le passage qui , dans le Mémoi de M. Baily, est relatif aux protubérances rougeâtres :
«La circonstance la plus remarquable de ce phéi mène fut l'apparition de trois grandes protubérances, qui formaient évidemment une portion de la couronne,'^ quoiqu'elles parussent émaner de la circonférence de ïiune. Elles avaient l'aspect de montagnes d'une pi gieuse hauteur; elles étaient d'une couleur rouge, mêléel à du lilas ou à du pourpre ; peut-être serait-^n plus pi de la vérité, en prenant pour terme de comparaison la couleur de la fleur de pêcher. Ces protubérances paraissaient quelquefois pareilles aux sommités neigei des Alpes, éclairées par les rayons du Soleil levant du Soleil couchant. La ressemblance des protubérant avec les sommités alpines avait lieu sous cet autre poinH
vue, que leur lumière était parfaitement tranquille, Tdle n'offrait rien des vacillations, des étincellements & ae montraient si bien dans les autres parties de la coumne.
«Les trois protubérances étaient d'une même couleur lacée, tranchant également sur la lumière blanche et rî0 de la couronne, mais elles différaient en grandeur... i^^us grande était bifurquée jusqu'à sa base, en telle ■te qu'on aurait été autorisé à y voir deux objets disirts se projetant l'un sur l'autre. »
z^Jâ. Baily se servait d'une lunette achromatique de lilond de l'^.O? de distance focale. Le grossissement feît d'environ A-O.
Jjombardiey Lodi, Milan. — Dans la discussion que ft proéminences lumineuses doivent soulever, les astro- ■Eies auraient été heureux de se prévaloir des obseriCons faites à Milan par le savant directeur de TObser- Aoire de Bréra ; mais le Mémoire publié par M. Carlini r contient pas un seul mot qui soit relatif à ces phénofines. Ce que nous connaissons touchant les observa- M» faites en Lombardie, nous le devons à un Rapport ■éressant, mais très-abrégé, lu à l'Institut milanais, par ^ Piola, à un article de la Gazette privilégiée de Milan là un Mémoire de M. Majocchi.
[ On trouve, dans le Rapport, que M. Piola qui s'était im^rté à Lodi près de la ligne centrale, vit trois proélÎDences; M. Piola les appelle des radiations triangvr mes, mais il leur donne des côtés curvilignes, convexes m l'intérieur. Ces triangles, suivant l'auteur de la rela-
, ne paraissaient lumineux que sur les bords ; le milieu
était sombre. M. Piola n'établit pas de distinction grandeur entre les flammes. Par estime, il porte à degrés du contour de la Lune l'amplitude de la base chacune d'elles, et au quart du rayon du disque h leur hauteur. Cette hauteur aurait donc été de 4 mim environ.
Les flammes furent aperçues à Milan, à Bresda, Novare; mais, dans leurs publications, les observât situés dans ces diverses villes parlèrent de deux ût seulement, et non pas de trois. M. le professeur Maj( les décrivait en ces termes : « On remarqua, dans la supérieure de la Lune, deux points resplendissants, blables à deux charbons allumés. »
A Milan, MM. le capitaine comte Huyn et le lieutei Kuhn, de l'état-major autrichien, aperçurent les fiai en se servant d'une lunette et d'un télescope appj au cabinet de physique du Liceo di Porta Nova. M. Magrini rendit compte des observations de ces deux ciers, dans la Gazzetta privilegiata di MilanOj du 9 ji let 1842.
Voici le passage du Rapport du savant profe relatif au phénomène en question :
Pendant l'obscurité totale, l'attention des deux ol vateurs fut attirée par deux proéminences énormes, forme triangulaire, qui se montrèrent à la partie rieure de la périphérie de la Lune. Elles avaient un de de haut, et un doigt de base (un doigt signifie la di zième partie du diamètre de la Lune). L'intervalle séparait les bases était de trois doigts. Des irradiati lumineuses partaient incessamment des bords des dM
ngles. Telle est surtout la circonstance qui rendait le nomène imposant. »
)ans cette relation, il n*est question, comme on voit, de deux proéminences.
^adoue. — A Padoue, l'éclipsé fut observée par trois onomes distingués : MM. Santini, Conti et Biela. [. Santini ayant ôté le verre coloré dont il s'était servi iie-là pour observer les phases, aperçut deux pyraes de feu très-élevées : la première près de 20 degrés uest du point le plus haut de la périphérie de la Lune ; tre à 40 degrés de ce même point, toujours vers 3st. M. Santini compare ces lumières à celles qui dennent de l'incendie d'une meule de blé ou d'un iceau de roseaux ; il leur donne une couleur purpurine icée. Le savant directeur de l'observatoire de Padoue bue aux flammes purpurines une hauteur de plus 16 minute.
rapporte que plusieurs personnes ies virent à I nu»
[. Santini se servait d'une lunette de Frauenhofer, .".3 de long, armée d'un grossissement de 85 fois et { verre obscurcissant vert jaunâtre.
[. Conti fit usage d'une lunette achromatique de Sutt- )rt, d'un verre rouge et d'un grossissement de fois.
A peine, dit cet astronome, le Soleil avait-il disparu, \ j'enlevai mon verre obscurcissant. J'aperçus alors, iO degrés vers la droite du point le plus haut de la p», un trait lumineux qui s'élevait sous une forme pyinidale et prenait une teinte rouge violacée. Une seconde
vt y^oncs liUB lss tcupsss.
pyramide* moins (^onsdiô^ie^ fit enante son apparition à 15 degrés vers la droite (ie œ même point le plof haoL j
On lit dans .a reiaôon (ie M. C)Qtî ces paroles dignei de toute attention : i Les deux pyramides lumineuses re» tèrent viables pendant Longtemps (per fcnijiro tempo)j après la réapparition du Soleil ! >
M. Bieia s^expnme en ces termes (je traduis) : c Tool à coup on vit surgir de la Lone, Ters sa partie infériearj (la lunette renv«sait . trois pyramides d*un rouge oto cur, semblables presque par la tdnte à des char allumés; la couleur était, plus exactement, purpuri Deux de ces pyramides^ celles de droite, paraissai Toisines Tune de Fautre; la troiâème, plus grande, il montrait à ia gauche des deux {Nrécédentes et à la droiti du point d^oii les premiers rayons du Soleil sortirent
« Les premiers rayons du Soleil se montrant en di points séparés. Bientôt ces pcùnts se réunirent et fo rent une lunule très-déliée. Quelques secondes après formation de cette lunule, les pyramides rougeâtres sèrent de se voir. ■
Vicence. — M. le professeur Gasari , de Vicence, porte qu'il a vu jusqu^à douze cônes rougeâtres distri le long d'un arc d'environ 60 degrés sur la partie rieure du contour de la Lune. Les uns étaient isolés, autres réunis en groupes.
On peut constater, sur le dessin de M. Casari , que deux cônes les plus considérables, à en juger du xm d'après leur position , étaient ceux-là même qui fi observés partout ailleurs.
Mais M. Casari aperçut très - clairement, très -nettecnt, à ce qu'il rapporte, des choses dont personne autre eut le moindre soupçon ailleurs : il vit sur les sommets les flancs des principaux cônes, des colonnes de vapeur IPge qui, dans leur marche ascensionnelle, se croisaient ^iparaissaient éprouver une agitation violente, contipelle, t Ces phénomènes, dit M. Casari, me firent penser groupe de cônes incandescents, à des volcans qui tiraient des vapeurs rougeâtres par leurs sommités et
côtés. 9 ^enise. — Avant de passer outre, remarquons que I, comme Toulon, touchait presque à la limite mérilale de la zone terrestre le long de laquelle l'éclipsé le devait avoir lieu.
'ai reçu de M. l'abbé François Zantedeschi une rela-
détaillée des observations faites à Venise le 8 juillet
i% Dans cette relation, comprenant vingt pages d'im-
don d'un caractère très-petit et fort serré, il n'y a pas
allusion, même éloignée, au phénomène des langues
[feu, pour me servir de l'expression d'un auteur italien.
^ienne. — M. Schumacher s'était rendu à Vienne pour
îrvation de l'éclipsé. Il fit usage d'une lunette de
ïnhofer de 2°*. 6 de foyer et de 162 millimètres
rerture. Les verres obscurcissants de l'oculaire con-
raient au Soleil sa teinte blanche. Nous laisserons
înant parler le savant directeur de l'Observatoire
Itona :
tt Lorsque, après avoir enregistré l'heure de la pen-
et le détail de mon observation, je me remis à la
ite, je vis la Lune entourée d'un anneau de lumière
incolore qui se fondait peu k peu dans le gris du mais aussitôt mon attention fut attirée par une ap| tion inattendue. Au premier coup d'oeil, je crus jaillir des flanmies rouges en trois endroits différents bord de la Lune. Je reconnus pourtant, après quek moments d'une attention plus calme, que ces fl( apparentes n'étaient point en mouvement. Elles n blaient plutôt à des cimes de glacier, brillant d'i lumière vive d'un rouge rosé; ces cimes s'élevaient 1 à 2 minutes au-dessus du bord de la Lune. Quanti croquis que j'essayai d'en faire immédiatement l'éclipsé, il ne faut pas y chercher une exacte repi tation des détails et des dimensions, mais seulement vue générale de cette belle apparition. Le court int valle de temps dont il était possible de disposer l'examen du phénomène, eût été insuffisant pour obtenir des mesures exactes et détaillées.
« Je n'ai point remarqué de changement dans la ft ni dans la hauteur de ces montagnes, que je noi ainsi pour abréger le discours, sans vouloir rien préji par là sur leur existence réelle. Je dois ajouter que lunette était excellente, et que le verre obscurcissant je me servais me laissait voir les détails avec une netteté. Malheureusement, le temps que je pus consac à un examen bien calme du phénomène fut tri Comptons 10 secondes pour la lecture à la pendule' l'écriture des observations; 10 secondes encore poi période d'étonnement où me plongea cette appai inattendue, et pendant laquelle je doutais si je bien nettement ; 20 autres secondes pour le temps
employer à me préparer à la réapparition du preier rayon du Soleil; il reste évidemment, si l'on retran- Wb de la durée totale de Téclipse ces 40 secondes, 1 mi- ■te et 1/4 seulement pour le temps où je suis en droit ^4ire que je n'ai point remarqué de changement dans P apparences.
I^Peu de temps avant la fin de l'éclipsé totale, il s'éleva p» cette partie du disque lunaire d'où devait jaillir le ^mier rayon de lumière, une étroite couche d'un rouge bé qui s'étendait peut-être sur un espace de 70 à 80 prés le long du bord de la Lune, et qui disparut, ainsi m F anneau lumineux et les montagnes rouges, aussitôt
tle premier rayon du Soleil jaillit. » . Littrow, directeur de l'Observatoire de Vienne, a ^ bonté de m'écrire plusieurs fois au sujet des protupances rougeâtres. Ce qu'on va lire est extrait des de l'astronome autrichien :
Peu de temps après la formation de l'anneau lunaire, taches lumineuses se montrèrent en plusieurs points Dtour de notre satellite. Trois de ces taches furent culièrement remarquables. Leur teinte était rouge uâtre. Elles ressemblaient beaucoup aux sommités laciers dorées par les rayons du soleil levant ou du couchant. Seulement elles ne se terminaient pas inte. La plus considérable de ces taches avait, à près, cinq minutes, en arc, de hauteur, et deux tes à sa base.
Les taches allèrent du blanc au rose et au violet, et jsèrent, en rétrogradant, par les mêmes nuances. couleurs présentèrent le maximum d'intensité quand
réclipse totale fut au milieu de sa durée. Les coule diverses obsenables sur une même tache, étaient rées les unes des autres par des lignes droites. Je ne servais pas de verre coloré.
« ••• Je réponds à votre demande en vous assurant n^y avait pas d'erreur dans mon évaluation des dii sions angulaires des jets lumineux. Le plus grand dait le contour de la Lune d'à peu près 5 minute&j base était de â. M. Schaub, assistant de TObservat a trouvé à peu près les mêmes quantités à la campagne de M. le ministre Kolowrat. Nous avons, et fautre , pris pour terme de comparaison le chi la vision des lunettes de Frauenhofer dont nous fak usage.
< Je dois ajouter deux circonstances importantes que je vous ai déjà transmis :
< Les jets étaient visibles avant qu'ils se coloi Ils continuèrent à être visibles af)rè3 que leur s'était dissipée. La forme des jets resta invariable. •
Russie. — M. d'Ouvarof , ministre de fi blique en Russie, avait libéralement fourni à dix vateurs exercés les moyens de se rendre sur dnq convenablement situés le long de la bande où Ti devait être totale. Le temps ne favorisa que les tours de Lipesk , MM. Otto Stnive et Sohîdio&ky.
M. Schidlofsky se senait d'une lunette de C^.! distance focale, de 29 raillimètres d^ouvertore et grossisstnuent de trente-sept fois.
Ce qu'on va lire est traduit du Rapport de M. Struvc :
M. Schidiofsky observa à la lunette pendant toute la de l'éclipsé. Peu de temps avant la réapparition du leil, un singulier phénomène se présenta à lui. Il vit à iosieurs endroits du disque de la Lune, des flammes s qui parurent jaillir subitement; mais pendant le intervalle de temps que dura l'observation, elles èrent la même forme. Ces flammes ressemblaient des montagnes dont, par estime, la hauteur parut de 2 minutes ; une partie fort grande du disque lue paraissait garnie d'une semblable bofdure rosée, reste, M. Schidiofsky ne put examiner le contour T de la Lune, car aussitôt après cette apparition le il émergea.
Si M. Schidiofsky ne remarqua pas ce phénomène, mps avant la fin de l'éclipsé totale, ainsi que l'ont fait ires observateurs, particulièrement ceux de Vienne, s'explique facilement par la circonstance qu'il avait, le commencement , dévissé et enlevé son verre noir, Borte qu'il fut ébloui par l'éclat de la couronne bril-
dont la Lune était entourée.
Au reste , je puis citer une observation qui indique j le phénomène se produisit pour nous aussi , dès le encement de l'éclipse : je crois avoir vu, un instant t la disparition du dernier rayon solaire, une couche au bord de la Lune, à 45 degrés environ du point le Soleil disparaissait. »
vn- — lY. 17
"Sm KOTICB SUR LES ECLIPSES.