CHAPITRE VI
HODIFICATIONS APPORTÉES PAR M. DA6UERRE A LA lliTHODI
DS M. IVIfiPCE
M. Daguerre imagina une méthode qu*on appela m méthode Niepce perfectionnée. Il substitua d'abord ll:i résidu de la distillation de l'huile de lavande au bituioe^ à cause de sa plus grande blancheur et de sa plus graim sensibilité. Ce résidu était dissous dans l'alcool ou dm ' l'éther. Le liquide, déposé ensuite en une couche très- l mince et horizontale sur le métal, y laissait, en s'év*porant, un enduit pulvérulent uniforme, résultat qu'oiî n'obtenait pas par tamponnement.
Après l'exposition de la plaque ainsi préparée au foyeri de la chambre noire, M. Daguerre la plaçait horizonta- ? lement et à distance au-dessus d'un vase contenant unehuile essentielle légèrement chauffée. •
Dans cette opération, renfermée entre des limites coïh^ venables, et qu'un simple coup d'œil, au reste, pemaelr tait d'apprécier :
La vapeur provenant de l'huile laissait intactes te particules de l'enduit pulvérulent qui avaient reçu raction d'une vive lumière ;
Elle pénétrait partiellement, et plus ou moins, les îgions du même enduit qui, dans la chambre noire, )rrespondaient aux demi-teintes ;
Les parties restées dans l'ombre étaient, elles, pénéées entièrement.
Ici le métal ne se montrait à nu dans aucune des irties du dessin ; ici les clairs étaient formés par une jglomération d'une multitude de particules blanches et es- mates; les demi -teintes, par des particules égaleent condensées, mais dont la vapeur avait plus ou oins affaibli la blancheur et le mat; les ombres, par îs particules toujours en même nombre et devenues itièrement diaphanes.
Plus d'éclat, une plus grande variété de tons, plus e régularité, la certitude de réussir dans la manipution, de ne jamais emporter aucune portion de l'image, is étaient les avantages de la riiéthode modifiée de [. Daguerre sur celle de M. Niepce; malheureusement, i résidu de l'huile de lavande, quoique plus sensible
l'action de la lumière que le bitume de Judée , est ticore assez paresseux pour que les dessins ne comlencent à y poindre qu'après un temps fort long.
Le genre de modification que le résidu de l'huile de ivande reçoit par l'action de la lumière, et à la suite uquel les vapeurs des huiles essentielles pénètrent cette Matière plus ou moins difficilement, nous est encore iconnu. Peut-être doit-on le regarder comme un simple esséchement de particules; peut-être ne faut-il y voir [u'un nouvel arrangement moléculaire. Cette double hypothèse expliquerait comment la modification s'affaiblit
graduellement et disparaît à la longue, même dans la plus profonde obscurité.