CHAPITRE XI
SUR LA GRANDE VULGARISATION DE l'ART PHOTOGRAPHIQUE
L'expérience n'a pas tardé à démontrer que les mé- ! thodes photographiques étaient d'une exécution assez facile, assez économique, pour devenir rapidement usuelles. Mais à l'époque où je cherchais à faire acquérir par l'État la découverte de MM. Niepce et Daguerre pour en faire jouir le domaine public, la question n'était pas oiseuse.
Voici dans quels termes j'exposai alors ma pensée: « Sans divulguer ce qui est , ce qui doit rester secret jusqu'à l'adoption, jusqu'à la promulgation de la loi, noi» pouvons dire que les tableaux sur lesquels la lumièw engendre les admirables dessins de M. Daguerre, sob des tables de plaqué, c'est-à-dire des planches de cuivï
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couvertes d'une mince feuille d'argent. 11 eût été sans iite préférable pour la commodité des voyageurs , et -ssi sous le point de vue économique, qu'on pût se rvir de papier. Le papier imprégné de chlorure ou de trate d'argent, fut, en effet, la première substance dont • Daguerre fit choix ; mais le manque de sensibilité, la jQfusion des images , le peu de certitude des résultats, at accidents qui résultaient souvent de l'opération desmée à transformer les clairs en noirs et les noirs en clairs, ^ pouvaient manquer de décourager un si habile artiste, il eût persisté dans cette première voie, ses dessins phographiques figureraient peut-être dans les collections, titre de produits d'une expérience de physique curieuse; tais, assurément, la Chambre n'aurait pas à s'en ocjiper. Au reste, si trois ou quatre francs, prix de chacune Bs plaques dont M. Daguerre fait usage, paraissent un rix élevé, il est juste de dire que la même plaque peut ^cevoir successivement cent dessins différents.
iLe succès inouï de la méthode actuelle de M. Daiuerre tient en partie à ce qu'il opère sur une couche de aatière d'une minceur extrême, sur une véritable pelliïule. Nous n'avons donc pas à nous occuper du prix des aagrédients qui la composent. Ce prix, par sa modicité, ue serait vraiment pas assignable.
« Le daguerréotype ne comporte pas une seule manipulation qui ne soit à la portée de tout le monde. 11 ne «ppose aucune connaissance du dessin, il n'exige aucune tetérité manuelle. En se conformant, de point en point, * certaines prescriptions très -simples et très- peu nombreuses, il n'est personne qui ne doive réussir aussi
certainement et aussi bien que M. Daguerre lui-roàM|lîxj « La promptitude de la méthode est peut-être ce i-w^/( le plus étonné le public. En effet , dix à douze minolik ^^ sont à peine nécessaires dans les temps sombres de Tbiv»^;.^ pour prendre la vue d'un monument, d'un quartior A^ ^ ville, d'un site. •m pe
t En été, par un beau soleil, ce temps peut êtreréài /ibar de moitié. Dans les climats du midi, deux à trois iDiaÉ n ? « suffiront certainement. Mais, il importe de le remarquer, t née ces dix à douze minutes d'hiver, ces cinq à six minÉl )ms à d'été, ces deux à trois minutes des régions méridiooafcl m cl expriment seulement le temps pendant lequel la lameà i, pei plaqué a besoin de recevoir l'image lenticulaire. A «h» » et à il faut ajouter le temps du déballage et de l'arrangeBei de la chambre noire, le temps de la préparation de klier ( plaque, le temps que dure la petite opération destinWkque lendre le tableau, une fois créé, insensible à Vactifllikitnî lumineuse. Toutes ces opérations réunies pourront s'éle«l Wa à trente minutes ou à trois quarts d'heure. Ils se faisaieii|Te^^ donc illusion, ceux qui naguère, au moment d'entoprendre un voyage, déclaraient vouloir profiter de toa les moments où la diligence gravirait lentement des moùr tées , pour prendre des vues du pays. On ne s'est pi moins trompé lorsque, frappé des curieux résultats obtenus par des reports de pages, de gravures des plus anciens ouvrages, on a rêvé la reproduction, la multiplication des dessins photographiques par des reports lithographiques. Ce n'est pas seulement dans le monde moral qu'on a les défauts de ses qualités : la maxime troaie souvent son application dans les arts. C'est au poli parfait,
'incalculable minceur de la couche sur laquelle M. Dalerre opère, que sont dus le fini, le velouté, Tharmonie fi dessins photographiques. En frottant, en tamponnant
pareils dessins, en les soumettant à Faction de la esse ou du rouleau , on les détruirait sans retour. Mais ssi, personne imagina-t-il jamais de tirailler fortement
ruban de dentelles, ou de brosser les ailes d'un païen ? »
!«a nécessité de préserver de tout contact les dessins înus à Taide du daguerréotype m'avait paru devoir t lin obstacle sérieux à la propagation de la méthode. si , pendant la discussion des Chambres, demandais-je >r et à cri d'essayer quels seraient sur ces dessins les ts d'un vernis. M. Daguerre étant peu enclin à rien ^pter qui nuise, même légèrement, aux propriétés i&tiques de ses productions, j'ai adressé ma prière à
Dumas. Ce célèbre chimiste a trouvé que les dessins ovenant du daguerréotype peuvent être vernis. Il suflSt
verser sur la plaque métallique une dissolution bouille d'une partie de dextrine dans cinq parties d'eau. Si i trouve que ce vernis n'agit pas à la longue sur les îposés mercuriels dont l'image est formée, un impor- ; problème sera résolu. En effet, le vernis disparaist quand on plonge la plaque au milieu d'une masse LU bouillante, on sera toujours le maître de replacer
es choses comme M. Daguerre le veut, et, d'autre i, pendant un voyage on n'aura pas couru le risque gâter ses collections. M. Dumas n'a pas trouvé, au e, que son vernis nuisît sensiblement à l'harmonie des ges.
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