‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 3)Chapitre 143 sur 161 · SUR LES CAKTES TOPOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

SUR LES CAKTES TOPOGRAPHIQUES

ver la trace. L'auteur du Mémoire auquel je réponds rejette cette faculté d'intercaler des courbes discontinues; elle ne lui semble pas pouvoir être admise; et cependant, dans les cours professés sous ses yeux aux élèves de l'École royale des ingénieurs géographes, cette possibilité est parfaitement reconnue. On enseigne, en effet, à ces jeunes officiers (je copie textuellement ) • que les courbes de niveau fondamentales se tracent pleines, à l'encre de Chine. . . et que les tranches ou courbes de niveau accessoires, qui achèvent de caractériser le terrain et qui ne font pas partie du système général d'équidistance, doivent être ponctuées. »

J'arrive enfin à la principale objection , à celle qui, dans la discussion, a été le plus souvent reproduite :

Les plans dessinés d'après la méthode des lignes de pente parlent aux yeux ; le relief du terrain s'y fait sentir au premier aspect ; les personnes les plus étrangères aux études topographiques les comprennent; les degrés de pente sont indiqués, j'ai presque dit mesurés, par l'intensité de la teinte que donnent les hachures.

Je ne saurais accorder que les lignes de pente fassent sentir, de prime abord, le relief; cette propriété ne peut évidemment appartenir à une simple projection. L'opération de l'esprit à l'aide de laquelle on parvient, pour ainsi dire, à modeler le terrain d'après l'inspection des sections horizontales équidistantcs est très-facile; les lignes de pente, mathématiquement parlant, conduisent au même but, mais d'une manière incontestablement moins simple.

Je ne nie pas qu'on ne puisse placer sur la projection

horizontale d'un monticule certaines teintes de convention, de manière b y exprimer tous les degrés de pente possibles ; mais ce résultat, on ne l'obtient pas par la méthode suivie au Dépôt; les lignes de plus grande pente qu'on intercale entre les sections horizontales donnent fréquemment des teintes fausses.

MM. les chefs d'escadron l'accordent; ils croient seulement que cela est rare : t On s'en convaincra, ajoutentils, en examinant les dessins numéros i et 2 annexés au Mémoire. » Je n'ai pas conçu, en thèse générale, comment des dessins pourraient prouver que certaine forme de terrain se présente rarement sur le globe; mais, dans tous les cas, il suffit de jeter les yeux sur une carte quelconque exécutée au Dépôt , pour trouver à chaque pas, quand on compare les pentes aux teintes, le désaccord signalé par M. le général Dcspretz. Ce défaut, sur lequel nous avons beaucoup insisté, puisqu'il montre à quelles fausses notions s'expose celui qui dans l'étude des cartes veut se borner au premier coupd'œil, n'a conduit l'auteur d'un des Mémoires qu'à cette conséquence : t c'est qu'un levé irrégulicr ne comporte pas l'emploi de lignes assujetties au principe rigoureux de la projection horizontale. » Je dois faire remarquer qu'il n'était question ici ni de la régularité ni de l'irrégularité du levé; que, de plus, les principes rigoureux de la projection horizontale sont toujours applicables ; que, dans les cartes où figurent les lignes de plus grande pente, ces principes sont rigoureusement appliqués; qu'enfin, tout ce que nous prétendions montrer, c'est que les caries actuelles ou ne parlent pas aux yeux ou parlent souvent un langage faux.

Page 1