SUR LES CARTES DE TÉNÉRIFFE
c Vous n^aurez pas non plus oublié Targument que vous tirâtes, pour démontrer l'erreur de cette critique, de la visibilité du pic dans la direction du sud. Je vois que cet argument n'a pas persuadé MIL Webb et Berthelot; je vois qu'ils nient la visibilité du pîc dans cette direction. Permettez -moi de citer leur ouvrage i ...... Oui, l'interposition des montagnes de la Bande méridionale
empêche d'apercevoir le pic , non-seulement de tous les points du littoral, depuis le môle de Santa-Gruz jusqu'au port de San-lago, mais encore plusieurs lieues en mer, suivant la position de l'observateur. Les navigateurs qui partent de Ténérifife en se dirigeant au sod ne voient le pic que lorsqu'ils sont déjà à une assez grande distance de la côte. » (Pages 6U et 68.) Eh bien, je le regrette pour MM. ^ebb et Berthelot, rien n'est moins fondé que leur assertion. Le pic est visible et très-visible par- dessus les montagnes du Sud et à une distance peu considérable en mer ; depuis un mille au large du môle de Santa-Gruz jusqu'à une pointe située à 16 milles au S.-S.-E. de la Punta Roxa, nous n'avons pas perdu le pic de vue; il dominait la chaîne des Canadas. Je vous envoie quelques vues de son sommet, prises de différents endroits de notre trajet, en partant de Santa-Cruz. J'ai relevé soigneusement le pic au compas, au moins une douzaine de fois; j'ai fait plus, j'ai déterminé son gisement exact par rapport à notre navire, par des azimuts du Soleil et par une amplitude de cet astre au moment de son coucher; avec ces données , et en adoptant pour la hauteur du pic 3,713 mètres, j'ai calculé notre distance à chaque relèvement, depuis le pic luimême et depuis la côte voisine. Voici quelques-uns de ces résultats :
DisUnces
U pic était Tiiible : ^"^ 'dJpfc''''^'
en milles nautiques
Au nord du navire par 58* à l'ouest 21
Id. liS Id. 28.75
Id. 1x1 (par l'ampl. du Soleil). 30
Id. 88 30.8
Id. 29 32
a Le pic était encore visible dans le crépuscule un quart d'heure après le dernier relèvement Alors son gisement ne différait pas beaucoup du N.-N.-O. vrai.
« Je répète que depuis 2 heures jusqu'à 6 heures du soir, en longeant le bord méridional de Ténériffe, dans la direction du S. un quart O., nous n'avons pas perdu le pic de vue; j'ajouterai que notre consul m'a assuré qu'il le voyait aussi dans tout le trajet de
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cette île à Canarie et le long des côtes occidentales de cette dernière Ile.
« J'ai pris souvent la hauteur angulaire du pic au-dessus de la partie correspondante des Canadas; une fois j*ai trouvé 34' 15".
« Maintenant, puisque Dalrymple a vu le pic gisant au nord ; puisque Je ne l'ai pas perdu de vue depuis N. 20« 0. Jusqu'à son relèvement au large de Santa-Gruz ; puisque le rayon visuel audessus de la partie de la chaîne des Canadas où je Tai observé traverse les points les plus élevés de cette chaîne, comme les Adulejos, el Paso de Guaxara et Angostura, on peut conclure que le pic est visible tout le long de la côte méridionale de Ténériffe, à une distance de 2 à 15 milles du rivage. »
Cette Lettre de M. Pentland n'a pas complètement convaincu les géographes qui avaient pris parti dans la question ; je crois cependant qu'il est désormais impossible de ne pas admettre T exactitude de la description de rillustre géologue que Ton peut regarder comme Tun des fondateurs de la géologie.
SUR
Les Transactions de la Société d'histoire naturelle de Northumberland, Durham et Newcaslle-sur-Tyne, reçues par l'Académie des sciences le 21 mai 1836 renferment un Mémoire dans lequel M. John Buddie rend compte d'une observation à laquelle, dans des vues d'humanité, nous croyons devoir donner une prompte publicité, Sui-
1. Résumé de communications faites à TÂcadémle des sciences les 28 mars et 23 mai 1836.
vant le célèbre ingénieur anglais, les chances de trouver des atmosphères explosibles dans les galeries des mines de charbon de teire sujettes au dégagement du grisou ou hydrogène carboné, sont fort grandes quand le baromètre est bas. Ces atmosphères offrent , dit-il , au contraire, des traces à peine perceptibles de gaz inflammable, lorsque le mercure, dans le même instrument, est très-haut, t La cause de cette fluctuation dans le dégagement du gaz est évidente, dit M. Buddte. Quand la pression de Tatmosphère est égale à la force élastique du gaz cati)oné contenu dans les pores et dans les fissures du charbon, les deux fluides élastiques se balancent Tun l'autre. Mais si la densité de l'atmosphère diminue, réquilibre est détruit; la force élastique du gaz prend le dessus et il se dégage. Je ferai observer, cependant, que Taccroissement dans rémission du gaz précède généralement de quelques instants la chute du baromètre, sans doute à cause de la délicatesse de la balance. »
L'explosion qui , le 21 octobre 1821, fit cinquantedeux victimes dans la mine de Walls-end, arriva quand le baromètre marquait seulement 28P-.8 anglais (0".731).
Nous n'avons pas l'intention de discuter ici la théorij des dégagements intermittents du gaz hydrogène qu'a dopte M. Buddle; ainsi nous sommes dispensés de re« chercher si la pression atmosphérique peut également apporter quelques modifications dans l'activité de la ventilation des galeries souterraines. Notre but a seulement été de signaler à l'attention des propriétaires de mines une opinion à laquelle la longue expérience de M. Buddle donne une importance réelle. Cette opinion, en suppo-
sant que des observations ultérieures la confirment, fera connaître aux maîtres mineurs les jours où ils devront soumettre à une surveillance plus active les malheureux ouvriers qui s* obstinent à ne pas faire usage de la lampe de Davy.
Me serai-je beaucoup écarté de l'objet de cette Note si je rappelle que, sur les côtes du royaume de Naples, les mariniers prétendent trouver des indices presque assurés des changements de temps dans la hauteur et dans la vivacité des exhalaisons enflammées des îles Lipari?
Voici du reste des observations qui complètent les précédentes.
La pression sous laquelle Técoulement du gaz commence à avoir lieu n'est pas la même pour toutes les mines, et dans quelques-unes cette pression peut surpasser deux atmosphères. C'est ce que prouve l'observation suivante faite par M. Combes dans une houillère du déparlement de la Loire.
t En 1830, dit le savant ingénieur, je fis vider l'eau d'un puits creusé sur la couche de houille de Latour près de Firmini. La mine était abandonnée depuis plusieurs années, parce que l'abondance extrême du gaz inflammable dans les galeries souterraines avait déjà donné lieu à plusieurs accidents désastreux et que l'exploitation ne pouvait se continuer qu'avec un danger imminent. Ce puits avait 75 mètres de profondeur au moins jusqu'au faîte des galeries exécutées dans la couche; il était plein d'eau jusqu'à 21 mètres au-dessous du sol; la partie libre ne contenait que de l'air ordinaire et pas une trace d'hydrogène carboné. Quand l'eau fut vidée jus-
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qii^à une profondeur de 63 mètres du jour, le fatte des galeries étant encore recouvert de 12 mètres d'eau, le gaz se dégagea à travers la colonAe d*eau restant dans le puits, avec un bruit ressemblant à celui qu'aurait fait une source abondante tombant de la partie supérieure du puits. L'air remplissant le puits demeura dès lors constamment explosif au plus haut degré. Deux ouvriers y étant descendus avec une lampe ordinaire pour recon- Daitre la source que l'on supposait venir de la partie supérieure des parois, lorsqu'ils furent à i & ou 15 mètres de profondeur leur lampe mit le feu au gaz ; heureusement la couche supérieure seule s'alluma et le feu ne se communiqua point à la masse d'air inférieure. Cependant Tun des ouvriers fut brûlé grièvement aux mains et à la figure, quoiqu'il ne fût resté que quelques secondes dans la flamme. L'autre n'eut point de blessures, parce qu'il eut la présence d'esprit de s'accroupir au fond de la tonne, dans laquelle la flamme ne pénétra pas. Lorsqu'ils furent remontés au jour, quelques brins de paille allumés jetés dans le puits donnèrent lieu à une trèsforte explosion. Ainsi dans cette mine, le gaz inflammable se dégageait sous une pression de plus de deux atmosphères, ou même probablement très-supérieure à cette limite. Le puits était en effet creusé au point le plus élevé de l'exploitation, et toutes les galeries partant de ce puits descendaient rapidement suivant l'inclinaison de la couche, qui est au moins de 18 à 20 degrés. L'écoulement du gaz hydrogène carboné à travers cette hauteur d'eau continua sans interruption avec la même intensité pendant plusieurs mois. J'ajouterai qu'après que j'eus fait con-