DE LIEUE AU NORD DE PONT- A-MOUSSON
Les ébouiements en question commencèrent après la nuit très-orageuse du 11 au 12 mars 1818, et n'atteignirent leur maximum que le 15. Partout où ils se sont manifestés, le terrain semble bouleversé par l'explosion d'une mine, c Des plants de vigne, dans quelques endroits, ont passé, du lieu qu'ils occupaient, dans la propriété d'un voisin, située de 5 à 10 mètres au-dessous. De grands arbres ont voyagé avec le terrain qui reçoit leurs racines, les uns sans changement dans leurs directions, d'autres en s'inclinant plus ou moins vers le sol. Une des transpositions les plus remarquables est celle d'un cerisier de â à & décimètres de diamètre, et de plus de 10 mètres d'élévation, qui est tombé de la hauteur qu'il occupait, à 14 mètres au-dessous, sans avoir éprouvé aucun dérangement dans sa position, tellement qu'il semble avoir crû dans le lieu qu'il occupe maintenant... I^ chemin qui conduit au village, et qui était enfoncé de 2 à 3 mètres, se trouve élevé au-dessus de ses bords
1. Note publiée dans le t. IX des annales de chimie et de j/hy^ sique [2' série).
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anciens de plus de 2 mètres : les murs qui le bordaient ont été déplacés ou renversés, etc. » (Rapport de M. Haldat, Journal de physique^ novembre 1818.)
On s'imagine bien que les gens du peuple n*ont pas manqué d'attribuer ce phénomène à une éruption volcanique, ou tout au moins à un tremblement de terre; mais après avoir examiné attentivement les localités, MM. Haldat et Mengin, qui s'étaient rendus sur les lieux par ordre du préfet de la Meurthe, en ont donné une explication simple et naturelle. Suivant eux, les pluies presque continues de la saison et de l'année précédente ont délayé considérablement le fond d'argile sur lequel repose la terre végétale dans le canton de Norroy; et, dès lors, celle-ci a pu glisser le long du plan incliné qui la supporte et s'écouler, pour ainsi dire, vers le bas du coteau. « Il ne serait pas impossible, ajoutent-ils, que l'ébranlement communiqué au sol par les arbres tourmentés par les vents violents survenus dans les jours qui ont précédé le bouleversement, et la nuit même où il a eu lieu , n'ait contribué à déterminer l'éboulement. • Dans les points où le sol, redevenu horizontal, tendait à reprendre une direction ascendante, la terre végétale se présentant comme un obstacle au mouvement de la couche descendante a pu être soulevée sans éprouver un déplacement sensible : ainsi s'expliqueraient l'exhaussement du chemin dont nous avons déjà parlé, et quelques autres faits analogues dans lesquels le public avait cru trouver du merveilleux.