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ET LES iEDPTIOHS ▼OLCAlflQUES REMARQUABLES
Tai commencé à former dès 1817, dans les résumés météorologiques annuels insérés dans les Annales de chimie et de physique^ des catalogues des tremblements de terre portés à la connaissance du monde savant par les journaux des divers pays du globe. J'ai continué ce travail avec persévérance jusqu'en 1830, époque à laquelle la publication des résumés annuels fut suspendue. M. Alexis Perrey a plus tard repris et poursuivi avec un zèle infatigable la tâche que je m'étais imposée ; il a publié des catalogues plus complets que les miens et s'étendant à un plus grand nombre de contrées. Les listes insérées annuellement dans les Annales ont donc été un exemple utilement donné; j'ai eu le bonheur de voir cet exemple suivi par un homme éclairé et laborieux. Le savant professeur de Dijon a mis tant de zèle à exécuter la tâche qu'il s'était imposée, que je n'ai plus eu besoin que d'appeler dans les comptes rendus hebdomadaires de l'Académie des sciences l'attention sur les phénomènes les plus remarquables par les accidents qui les accompagnaient ou par quelques circonstances particulières.
A propos des tremblements de terre de 1818, je m'exprimais dans les termes suivants: «Nous avons formé XII. iU
notre table des tremblements de terre en compulsant les feuilles quotidiennes. L'utilité de pareils recensements n'est pas douteuse. Il est clair, par exemple, que si les rédacteurs des journaux scientifiques avaient pris la peine de recueillir, chaque année, comme nous essaierons désormais de le faire, les annonces des tremblements de lerre, on pourrait, en consultant seulement un petit nombre de volumes, découvrir si, dans le siècle où nous vivons, les causes encore inconnues de ces effrayants phénomènes s'amortissent ou acquièrent de l'activité; si elles restent stationnaires sur le globe ou se déplacent; si elles ont quelques rapports avec les circonstances atmosphériques, etc. Peut-être aussi aurait-on fait des découvertes curieuses sur la manière dont les secousses se transmettent au loin ; sur leur vitesse de propagation, etc. Nous sommes, du reste, fort éloignés de regarder le recensement qui suif comme complet: nous tâcherons de faire mieux dans la suite. »
En 1826, je commençais mon recensement par les réflexions suivantes :
t Les tremblements de terre sont-ils aussi fréquents et aussi intenses de nos jours que dans les siècles passés? Dans quelles saisons les ressent-on plus particulièrement? D'abondantes pluies ou de longues sécheresses peuventelles les amener? Quelles sont les régions de la Terre les plus exposées à ces phénomènes? Y a-t-il certaines zones dans lesquelles les secousses se propagent plus difficilement que dans d'autres? Est-il vrai, comme on l'a prétondu, qu'un tremblement de terre puisse être assez intense pour occasionner des dégâts considérables dans
BT LES ÉRUPTIONS VOLCANIQUES. îtl
une série de lieux placés suivant une direction donnée, et D*avoir cependant aucune force dans des points intermédiaires? Ces questions, et une multitude d'autres que je pourrais ajouter, seraient depuis longtemps résolues, si les météorologistes avaient pris la peine de former annuellement un tableau de toutes les secousses dont les gazelles font mention. Pour remplir cette lacune, j'ai inséré dans les Annales y depuis 1817, les notices dont j'avais eu personnellement connaissance, quoique je ne me dissimulasse pas combien mes catalogues devaient être incomplets ; mais je comptais que Tattention étant une fois éveillée sur cet objet, les amis des sciences me donneraient les moyens de faire mieux. Ces espérances se sont complètement réalisées. Deux savants italiens distingués, M. Pistolesi, secrétaire de T Académie de Livoume^ et M. Paoli de Pesaro, ont eu Tobligeance de m'adresser deux catalogues où j'ai puisé les éléments de divers suppléments que je présente aujourd'hui aux lecteurs. »
La plupart des problèmes dont je posais alors les termes ont maintenant reçu des solutions décisives; les autres sont à la veille d'être complètement éclaircis par un examen attentif des faits. Aussi je n'ai plus besoin que de mentionner ici les secousses souterraines qui ont été accompagnées de circonstances remarquables ; j'en conserve le récit afin qu'on puisse trouver facilement, dans l'histoire des commotions terrestres pendant près de quarante années, des points de comparaison avec les faits nouveaux lorsqu'il surviendra quelqu'un de ces grands phénomènes qui frappent toujours les contemporains
t\t SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE
d'épouvante. Il faut qu'on puisse savoir quelles sont les circonstances nouvelles qui réellement se présentent, quelles sont celles qui ont déjà été constatées, afin de ^ pouvoir mieux observer et arriver à des connaissances ^ positives utiles.
1818. — 20 février. Catane. Le D** Agatino Longe, professeur de a physique à rUniversité de Catane, a publié, sur le tremblement de g terre du 20 février. 1818, un Mémoire détaillé dans lequel nous ^ avons puisé les faits suivants : ^
Ce tremblement de terre se fît sentir à 1^ 10* de la nuit ; le ciel ^ était serein, Pair calme et tempéré; il faisait alors un beau clair ^ de lune. On éprouva une nouvelle secousse , mais moindre, dans la nuit du 20 février, et deux autres, le 28, qui occasionnèrent ^ de grands dégâts.
Les animaux, comme d'habitude, pressentirent les premiers Tar- g rivée du phénomène Toutefois, quelques signes visibles avaient ^ précédé Tévénement L'Etna était tranquille depuis Tannée 1811; , mais le 20 février, au coucher du Soleil , on vit de Catane des flammes serpenter sur d'anciennes coulées de laves et l'on enten- ^ dit des bruits souterrains. Des flammes sortaient aussi , çà et là, ^ par les crevasses du sol , avec de légères explosions. La mer était " calme dans la matinée, et néanmoins, par l'efTet d'un courant inaperçu, elle écumalt sur le rivage et les écueils. Les eaux de quelques puits se troublèrent peu de jours avant l'événement Dans un endroit appelé Paraspolo, quatorze jets considérables d'eau " salée sortirent subitement de terre avec un grand bruit , 5 ou 6 minutes avant la secousse : ils s'élevaient à l'".50 du sol et du- ' rèrent environ 20 minutes. Les trous par où l'eau avait jailli étaient encore si chauds deux jours après, qu'on ne pouvait y plonger la main. Près de là, on entendit une détonation semblable à celle du tonnerre. Dans un point de la côte où la mer était tranquille, une barque à l'ancre toucha trois fois le fond avec sa quille.
Les secousses étaient dirigées du sud-est au nord-est On varie sur la durée totale du phénomène. Les uns la Axent à 10 secondes; d'autres rétendent jusqu'à tiO, Quelques personnes pensent que le mouvement du sol avait lieu par oscillations, et se fondent sur ce que des bassins de fontaine, remplis jusqu'au bord, se vidaieut en partie à chaque secousse. Une circonstance rapiiortée
^Ti*. par l'auteur, et bien digne de remarque, c'est qu'après l'événej*j ment, quelques statues avaient un peu changé d'orientation, comme si le mouvement avait été tourbillonnant II cite aussi une ^i masse considérable de pierres de Syracuse qui se trouvèrent toure<i nées de 25 degrés de Torient vers le midi. On vit, dans quelques maisons, des murs s*entr'ouvrir, laisser pénétrer un instant la lumière de la Lune , et se rejoindre ensuite sans conserver des traces bien sensibles de leur rupture. Dans la ville de Catane, la secousse détacha du haut des édifices d'immenses masses de pierres qui , en tombant, enfonçaient les toits et les voûtes. La statue colossale d'un ange, placée sur la façade d'une église, perdit ses deux bras, comme s'ils avaient été coupés avec une hache. Des croix de fer, courbées sur le faite des temples, montrent que rélectricité a Joué un assez grand rôle dans le phénomène. A Aci- Gataoe, à liascalucia, Nicolosi, Trecastagne, Viagrande, des édifices publics et un grand nombre de maisons particulières furent renversés. Néanmoins le total des morts et des blessés ne s'éleva qu'à 69. Peu après l'événement, l'air perdit sa transparence, et le ciel se couvrit de nuages.
Le 24 février, k 7 heures du soir, un tremblement de terre se fit sentir à Antibes, et à Vence (département du Var). Plusieurs maisons de Vence s'écroulèrent ; la mer, à Antibes, au moment de la secousse, vint se briser avec force sur le rivage.
Octobre. Islande. 11 y eut une grande secousse avec bruits souterraios, suivie d'une éruption du mont Hécla.
1819. — Le 26 février, dans la nuit, à Païenne, pendant diverses secousses, plusieurs maisons se sont écroulées.
Le 28 février, dans la nuit, à Tiflis en Géorgie, des secousses sont précédées d'un bruit souterrain, et plusieurs vieux édifices sont détruits.
En mars, à Oran et Mascara, plusieurs secousses se succédèrent pendant une heure. Un grand nombre d'habitants ont disparu sous les décombres.
Les 3, A, 11 avril, à Gopiapo (Chili), trois épouvantables secousses ont totalement détruit cette ville. Plus de 3,000 personnes se sauvèrent dans les plaines environnantes.
26 mai, k 6 heures du soir. Corneto (Italie). Beaucoup de maisons se sont écroulées; nombre de personnes ont perdu la vie.
27 mai, à une heure après minuit Sicile. On éprouva une violente secousse. L'Etna parut tout en flammes, et une éruption considérable commença.
16 juin. Pays de Katch (en Asie). La ville de BooJ et le fort de Booja furent renversés et 2,000 habitants ensevelis sous les ruines. Trois Jours après la première secousse, on sentait encore, d'heure en heure, des mouvements oscillatoires dans le sol. Un volcan s*est ouvert à 10 lieues de Booj.
U septembre, à 9 heures du soir. Corfou. Il y eut deux violentes secousses , dirigées vers le nord. Toutes les cloches de la ville sonnèrent par Teffet des oscillations.
Milieu de novembre. Montréal ( Canada ). On éprouva un léger tremblement de terre suivi d'une épouvantable tempête, pendant laquelle il tomba une pluie aussi noire que de Tencre.
1820. — 21 février. Sainte-Maure (lies Ioniennes ). Le sol de cette île a été dans des oscillations continuelles depuis le 15 février 1820 jusqu'à la fin d'avril. Néanmoins, le tremblement du 21 février a été le plus fort ; dès le matin on entendit un bruit sourd qui fut suivi d'un violent orage : à ces deux phénomènes succéda une secousse si violente , qu'une partie de la forteresse, les églises et presque toutes les maisons construites en pierre s'écroulèrent. La place, située au milieu de la ville, s'affaissa sensiblement. On annonce qu'une île nouvelle est sortie de la mer, dans le voisinage de Sainte-Maure.
22 février, à 8^ 30" du matin. Glasgow ( Ecosse ]. Il y eut dégel subit, suivi de trois secousses de tremblement de terre dirigées du nord au sud. Une agitation particulière fut remarquée au môme moment dans les eaux du port. Plusieurs cloches de la ville sonnèrent d'elles-mêmes et par le seul effet des secousses.
2 mars. Amérique russe. Dans la nuit du 2 au 3 mars, les habitants de l'archipel russe situé à l'extrémité occidentale du nord de l'Amérique furent épouvantés par de violentes secousses de tremblement de terre et par de forts bruits souterrains. Le vent soufflait avec fureur du sud-ouest Tout à coup l'atmosphère parut s'enûammer dans toutes les directions; des nuées de cendres et de sable tombèrent durant la nuit. Pendant que ces phénomènes se manifestaient il Unalachka, un nouveau volcan se formait à Ourlmak, tle distante d'Unalacbka de 107 kilomètres, et il a continué de vomir des colonnes de feu et de fumée jusqu'au mois d'août. Les vapeurs fétides qui s'exhalaient du volcan, 1 kilomètre à la ronde, ne permettaient pas d'en approcher. Les habitants sont persuadés que rtle d'Ourîmak a augmenté sensiblement d étendue. Dans un rayon de trois milles autour du centre du cratère, le sol est entièrement couvert de matières volcaniques.
Le 11 juhi, il y eut une violente éruption du volcan de Gonung- Apl, dans Tarchipel de Banda^ mer des Moluques. Ce phénomène s*aimonça, à 11 heures et demie du matin, d*une manière effrayante. A 3 heures, une masse de pierres brûlantes s'échappa du volcan arec une force extraordinaire, et mit en feu dans sa chute tout ce qu'elle put atteindre. Les secousses occasionnées par Téruption étaient si vives et se succédaient si rapidement, que les maisons, et même les vaisseaux qui se trouvaient à la côte, en ressentaient les effets. La fumée et les cendres que vomissait le cratère eurent bientôt obscurci tous les environs de la montagne et même les lieux plus éloignés. Les coups redoublèrent vers le soir, et les pierres forent lancées à une hauteur double de celle de la montagne, qui paraissait couverte de torrents de feu. Ce spectacle fut rendu plus effroyable encore par un tremblement de terre qui arriva dans la foirée, et par un ouragan violent; la population de Banda et des latres tles passa la nuit dans les plus vives angoisses, et à la pointe du jour, tous les bâtiments en rade s'éloignèrent de la côte.
L^éruption continua pendant toute la journée du 12. La fumée et les cendres couvrirent Neira et Louthoir, jusqu'au milieu du parc de Bogauw. Les arbres furent comme ensevelis dans le sable, et les puits que l'on ne put fermer furent mis hors d'état de servir; la verdure était partout grillée et la tt^rre couverte de cendres grises qui étouffaient dans leur chute des oiseaux et des quadrupèdes. 11 s'était formé, au nord-ouest de la montagne, une nouvelle ouverture par laquelle s'échappaient des pierres de la grandeur des habitations de Banda; néanmoins, l'éruption principale s'est faite par l'ancienne ouverture. Quatorze jours après, il sortait encore du cratère beaucoup de flamme et de fumée ; mais cependant les habitants, qui s'étaient dispersés dans l'île au moment de la première éruption, commençaient à rentrer dans leurs demeures. D'après Yalentin, la montagne avait brûlé pendant cinq années lors de l'éruption de 1090, et un vieillard digne de foi assura que la même chose avait eu lieu de 1565 à 1775.
19 octobre. Honduras, Omba, San-Pardo (Amérique ). A San-Pardo l'église et plusieurs maisons ont été renversées. La terre s'est eiitr'ouverte en divers endroits; quelques collines se sont éboulées dans la rivière; beaucoup de personnes ont péri.
29 décembre, vers 5 heures du matin. Morée, Zante et les îles voisines. A Zante , les secousses ont renversé une partie de la Tille. Avant le tremblement de terre, le ciel avait été pendant plusieurs jours très-orageux. Le 29, à û" 10" du matin, il y eut un coup de vent d'une violence extraordinaire, mais (et ceci sur<
prit extrêmement les habitants de nie ] il se calma tout à coup. Quelque temps après, le tremblement de terre eut lieu. M. le comte Mercati , qui Ta observé avec beaucoup d'attention, dit qu'il y eut trois secousses : la première parut verticale ; la seconde produisit un mouvement d'ondulation ; la troisième, qui fut la plus violente, se manifesta par un mouvement de rotation. Les secousses avaient été précédées d'un horrible mugissement souterrain. A la suite du tremblement de terre, les nuages dont le ciel était chargé se groupèrent en grandes masses et fondirent bientôt après en torrents de pluie et en une grêle si extraordinaire, qu'on a trouvé des grêlons pesant Jusqu'à 306 grammes. Durant la nuit du 30 décembre, un nouvel ouragan , accompagné d'une pluie telle que personne n^en avait Jamais vu de pareille, vint encore assaillir cette malheureuse tle. A la suite du tremblement de terre, le vent est resté fixé au sudest pendant vingt-cinq Jours consécutifs. 3 ou A minutes avant la première secousse, on avait aperçu, en mer, à quelque distance de la pointe de Geraca, un météore enflammé fort large, qui brilla pendant cinq ou six minutes. Le 30 décembre , à li heures du soir, un météore lumineux, après avoir décrit au-dessus de la ville une vaste parabole, tomba dans la mer.
Le 29 décembre, au matin , sur la côte sud de Gélèbes, il y eut un très fort tremblement de terre. La mer s'éleva à une hauteur prodigieuse; beaucoup d'habitations furent englouties; un grand nombre de personnes périrent
1821. — Le 6 Janvier, à 6" ù5* du soir. Zante. Des secousses produisent de graves dommages dans la plupart des villages qui entourent la ville. Ces tremblements et ceux du mois de décembre précédent ont détruit presque complètement la ville de Lala, en Morée. Un grand nombre de personnes ont péri sous les décombres.
27 février. Ile Bourbon. Il y eut une éruption du volcan à 10 heures du matin; le temps était couvert. On entendit un bruit épouvantable analogue à celui d'un fort coup de tonnerre, et qui fut produit par l'explosion d'une colonne de feu et de fumée vomie par le cratère du volcan. La clarté du jour s'opposait à ce que l'on pût jouir pleinement de ce brillant phénomène. Mais la nuit étant survenue, on aperçut une gerbe formée par des tourbillons de feu et de matières enflammées s'élevant avec majesté k une grande hauteur et retombant avec un fracas terrible. La clarté qu'elle répandait était telle que l'on pouvait au loin lire à la lueur du phénomène. Vers le milieu de la nuit, on distingua trois rivières de feu
8*oovrant un passage dans le haut de la montagae, un peu au-des- 8CN18 du cratère, et prenant une direction perpendiculaire au grand cbemin. Le 0 mars. Tune d^elles Tavait déjà traversé, y laissait m piton de lave de 2 à 3 mètres de haut sur 7 de base, et coulait à la mer sur une grande étendue, en faisant rejaillir Teau à une baateur si considérable qu*elle retombait en forme de pluie.
Au moment de Téruption , il tomba dans les environs du volcan 008 pluie fine, composée de cendres noirâtres, de fils de verre couleur d*or ■ et de parties sulfureuses. Cette pluie minérale a duré deux heures. Le 9 mars, on éprouva à Bourbon un tremblement de terre qui fut si prompt et de si peu de durée que Ton ne put en saisir la direction. Le volcan n^a pas cessé de brûler Jusqu^au mois d*aTriL La lave du volcan de Bourbon était en scorie , d'une couleur Doire, et présentait Taspect du mâche-fer.
20 décembre. Islande. Dans la nuit, la montagne Eyafialla-Jokul, située au sud-est de THécla et élevée de 1677 mètres au-dessus de la mer, jeta par son sommet des torrents de flammes. La terre trembla fortement, et d'immenses masses de neige se précipitèrent dans la vallée. Du 20 décembre au f février 1822, la colonne de feu fut constamment visible. Il en partait une abondante pluie de cendres, et même des pierres du poids de 25 à tiO kilogrammes, qui étaient lancées jusqu^à la distance de près de 2 lieues. Depuis Tannée 1612 ce volcan n'avait pas fait éruption.
22 décembre. Rieti, en Italie. On éprouva une secousse extrêmement forte. A rinstant où elle commença, on vit sortir du fiume di Canera une colonne de feu qui passa sur la ville et alla se jeter dans le lac de Cantelice.
Le 25 décembre, à 8" 30"* du soir. Mayence. On ressentit une légt'^re secousse. Ce phénomène fut remarquable en cela surtout qu'il coïncida avec une baisse extraordinaire du baromètre observée le même jour.
1822. 13 février. Naples. On entendit, près du Vésuve, deux fortes détonations souterraines. Dans la nuit du 16 au 17, il y eut de nouvelles détonations violentes. Le matin du 17, une épaisse colonne de fumée sortit de la montagne. Le 19, il y eut une pluie de cendres, de pierres et de quelques fragments de laves incandescentes. Le 21^ la lave fondue, qui jusque-là était restée renfermée dans le cratère, s'ouvrit un nouveau passage sur la partie méridionale de la mon-
4. G^tte plaie de flis de verre semblables à des rheveux parait on phénouène pariiciilicr m Tolcau de llie Bourbon. Vuyez les Vojfttges de Tabbé Rocboa, p. 428, édiUon de 1807.
tagne, et s^écoula en grande abondance vers Termitage de San- Salvador. Les 22 et 23, Técoulement de la lave liquide continua avec une vitesse de 2 mètres environ par minute. Le 2/i, il y eut un redoublement d^activité et la montagne paraissait toute en feu. Le II novembre, le Vésuve continuait à lancer des cendres en grande quantité. Le jour de la Toussaint, la capitale était couverte d'un si épais nuage qu'on avait besoin de flambeaux. Du 22 au 25 du même mois, réruption devint affreuse. C'est, dit-on, la plus considérable de toutes celles qui ont eu lieu depuis la destruction de Pompéia. Les cendres projetées étaient en quantités si énormes qu'on voyait à peine au travers la coulée des laves. En certains endroits, au pied de la montagne, il y en avait jusqu'à 3 mètres et elles empêchaient les communications. Ces cendres étaient en poudre presque impalpable, très-dures et do couleur violet très -clair. Les éclairs produits par Pélectricité , les épouvantables détonations de la mon* tagne avaient rempli de frayeur les habitants de Portici, Torre del Greco, etc. : ils avaient tous abandonné leurs demeures et s'étaient réfugiés à Naples.
18 février, à Comorn (Hongrie), on ressentit une forte secousse de peu de durée, précédée d'un bruit très-intense qui paraissait venir de l'atmosphère. Les eaux du Danube furent très-agitées et déposèrent sur le rivage beaucoup de sable rougeâtre.
19 février. Un fort tremblement de terre a eu lieu en Auvergue, à Lyon et en Suisse. La secousse s'est étendue jusqu'à Paris où elle s'est fait sentir vers S^ ZiS' du matin , ainsi qu'il résulte des observations de Taiguille aimantée que j'ai rapportées ailleurs ».
22 mars. Marsalla (Sicile). Deux petites ouvertures se formèrent sur le rivage de la Méditerranée ; dans le môme jour, la mer étant parfaitement tranquille, un navire fut jeté sur des écueils par un mouvement subit qu'on attribua à une éruption volcanique sousmarine.
Le 31 mai, à 8 heures du matin. Cognac, Angers, Tours, Bourbon-Vendée» Laval, Nantes et Paris. La secousse a été assez forte dans les trois premières villes. Personne ne paraît l'avoir ressentie à Paris; mais les mouvements dont fut subitement agitée, à la môme heure, une aiguille aimantée suspendue à un fil, et à l'aide de laquelle on observait les variations diurnes, me firent soupçonner sur-le-champ qu'un tremblement de terre venait d'avoir lieu : les journaux confirmèrent plus tard la conjecture. La direction de la secousse a dû être à peu près perpendiculaire au méridien magnétique.
4 . Voir t. iV des CEwrct, t. I«r des Kotice» tckntiftquett p 595.
Voici les heures du phénomène, telles que je les trouve dans la correspondance des préfets. Cognac, entre 7 heures et 8 heures du iiatin. — Nantes, 7^ 53*, direction du nord-nord-cst au sud-sudoaest ; on entendit un bruit semblable à celui que ferait une voiture pesamment chargée roulant sur une voûte. — Rennes , 7" 55". — Tours, 7*35", direction de Test à ouest. — Bourbon-Vendée, 7''35*, direction du nord-ouest au sud-est ; on nota un bruit sourd semblable à celui que produirait une charrette lourdement chargée en passant avec vitesse sur un pavé inégal ou sur un pont-levis. — Laval , 8^ 2* du matin : trois secousses successives et assez fortes, dans la direction du sud-est au nord-ouest.
Le 16 juin , entre U heures un quart et U heures et demie de raprës-mldi. Cherbourg et tout Tarrondissement. Il y eut deux secousses très -fortes. On n'a rien ressenti ni à Saint-LÔ, ni dans Farrondlssement de Cou tances, ni dans ceux de Mortain etd'Avranches. Peu d*lnstants après la secousse, on aperçut , au sud , dans la baie du Mont -Saint -Michel, un météore lumineux qui semblait s'élever et fut suivi d'une forte détonation. Dans tout le département de la Manche il tomba le même jour des torrents de pluie.
26 juin. Islande. Volcan d'Eyafialla-Jokul. On assure que la montagne a crevé près de son pied, et qu'il en est sorti un torrent do lave.
Le 10 juillet, à 6 heures trois quarts. Lisbonne. Il y eut une violente secousse d'une durée de 6 à 7 secondes ; l'oscillation était plutôt verticale qu'horizontale.
Le même jour, une heure après le coucher du Soleil. Ancône. 11 j eut une secousse accompagnée d'une forte détonation; le 11, aux premiers rayons du jour, le Vésuve fit éruption.
Le 29 juillet, à 1 heure du matin. Grenade. On ressentit un fort tremblement de terre qui a ébranlé un grand noml)re d'édifices, et entre autres le clocher de la cathédrale. Les secousses se sont renouvelées dans la nuit du 29 au 30 juillet.
Le 13 août, à 10 heures du soir. Alep (Syrie). Un tremblement de terre a détruit une grande partie de la ville et enseveli sous ks décombres plusieurs milliers d'habitants.
Le 16 août. Alep. 11 se produit de nouvelles secousses ; les deux tiers de cette grande ville n'existent plus.
Le 5 septembre. Alep. Les secousses de tremblement de terre du 5 septembre ont renversé, dans cette malheureuse ville, les édifices que les premières avaient laissés debout. On rapporte qu'il a p-Jr! plus de 20,000 habitants. Cette catastrophe s'est étendue ù
beaucoup d^autres villes de la Syrie. Le tremblement a été ressenti à Damas et à Ttle de Chypre.
Le 8 et le 12 novembre, le volcan Gonuug-Gœning de Java a fait deux terribles éruptions. Le phénomène s^annonça par une forte explosion. Bientôt après, on vit un immense nuage de fumée s^élever du pied de la montagne. 11 succéda un vent d^une telle violence , que des maisons et des arbres furent renversés. La pluie de cendres dura pendant trois heures consécutives ; la plaine de Singapama était couverte de boue et de soufre enflammé. On annonce que plus de 3,000 personnes ont péri.
Le 19 novembre, à Valparaiso (Chili). Cette ville a été presque totalement détruite par un tremblement de terre. Plus de 200 personnes ont péri.
En novembre des tremblements de terre détruisirent, presque en entier, la ville de Copiapo, au Chili. Les relations de ces phénomènes, publiées par plusieurs Européens établis au Chili, renfer^ ment plusieurs particularités curieuses.
« Sur quelques points le terrain parait avoir éprouvé pendant la secousse un mouvement de rotation ! o Voici les faits sur lesquels cette assertion se foiide. Des murs et des maisons, après Tévénement, étaient tournés en rond. (Je regrette que cette expression des relations originales manque de précision.) A Quintero, à 18 kilomètres au nord de Concon (située à Tembouchure du rio Quillota), se trouvaient plusieurs gros palmiers; trois d'entre eux, à la suite du tremblement, s'étaient enroulés les uns sur les autres comme des baguettes de saule. Ce qui prouve encore le mouvement de rotation, c'est que chacun de ces arbres avait balayé un petit espace autour de sa tige. « Le terrain avait été soulevé de i mètre à 1".50 le long de la côte, et de 2 mètres à 2 kilomètres de distance dans Tintérieur; il n'a pas encore repris son ancien niveau! » Sur une côte où la marée ne monte jamais que de 1".30 à i*.60, tout soulèvement du sol est facile à constater. Ou vit d'ailleurs à Valparaiso, près de l'embouchure du Concon , et le long du rivage de la mer, au nord de Quintero, des rochers qui ne s'apercevaient en aucune manière avant le tremblement de terre. Un vaisseau qui s'était brisé sur la côte, et dont on ne pouvait approcher en bateau dans les basses eaux, devint accessible à pied sec. Dans le sol alluvial de la rivière Quillota, on voyait plusieurs bancs de sable récents. Chacun avait un creux au centre, comme le cratère d'un volcan : on obsena le même phénomène en plusieurs endroits. Dans quelques localités, de grandes quantités de vase légère avaient été soulevées et dispersées fort loin.
A Valdivia, par 39* 50' de latitude sud , on n'éprouva qu'une secousse un peu forte; mais, au moment où elle eut lieu, deux volcans du voisin9ge firent tout à coup éruption avec un grand bruit; éclairèrent toute la contrée environnante pendant quelques secon des, et rentrèrent ensuite dans leur ancien état de tranquillité.
Le 27 novembre, huit jours après la forte secousse, il y eut, dans Qoe grande étendue du Chili, des pluies abondantes accompagnées de violents tourbillons Jamais dans ce pays il n'était, dit-on, tombé auparavant de la pluie en novembre. Le tremblement de terre avait dû conséquemment apporter dans Tatmosphère de la contrée des modifications notables.
Le 1" décembre. Ile de Grenada. Il y eut un tremblement de terre extrêmement fort, qui occasionna de grands dommages dans les bâtiments.
Le 20 décembre. Ile de Grenada. On éprouve de nouvelles secousses: d'énormes rocs ont roulé des montagnes dans la vallée.
Le 27 décembre. Java. On a ressenti dix-huit secousses. La montagne de Mérapie a commencé, presque aussitôt, à lancer des pierres. Elle a fait ensuite une forte éruption.
1823. — En mer, par i* 15' de latitude N. et Sli" 6' de longitude E. de Greenwich, le vaisseau f Orphée ressentit deux secousses de tremblement de terre. On crut qu'il avait touché sur un banc; un bruit confus s'entendit pendant plus d'une minute. La mer était et resta calme; le navire demeura parfaitement vertical; et telle fut cependant, dans ce sens, la grandeur de l'oscillation, que la rosette d'une des boussoles sortit des pointes qui la soutenaient.
27 mars. Il y eut un fort tremblement de terre à l'Ile de Favignano, près de Trapani , en Sicile. Une partie de la forteresse est tombée; 22 personnes ont péri.
Le capitaine Webster étant entré avec son bâtiment en mars 1823, dans une petite baie de Barren-lsland, éprouva, à la distance de 91 mètres de la côte, des boufl*ées d'un vent suffocant. Ayant plongé son doigt dans la mer, il fut surpris de trouver qu'on ne pouvait endurer la chaleur de l'eau. Les pierres que venait baigner la marée faisaient entendre un petit sifflement et jetaient de la fumée; l'eau bouillonnait tout autour. Un cône volcanique se montrait à la distance d'un 1/2 kilomètre environ. Le capitaine Webster débarqua, et après une marche pénible, le long d'un précipice formé par des laves sur lesquelles quelques plantes croissaient, il parvint en un point d'où le volcan se voyait parfaitement II évalue sa hauteur totale â 1 kilomètre, le diamètre de sa base à 300 mètres, celui de
son sommet à 30. Il s'élevait continuellement de la bouche une fumée blanche et légère. Le cône est au centre d*un amphithéâtre de montagnes qui Tentourent presque entièrement. [Edinburgh Philos. Journ , n» XVlî, 1823, p. 205.)
Le 26 juillet, en Islande, le Katlagiaa, qui était tranquille depuis soixante-huit ans, a fait trois éruptions terribles. D'énormes blocs de glace ont été détachés du sommet et jetés dans la plaine ; des vaisseaux, à 20 lieues de distance, se trouvèrent enveloppés de nuages noirs de poussière volcanique. Chacune des trois éruptions fut accompagnée de tremblements de terre, et terminée par d'abondantes éjections d'eau.
Le 28 août, une étendue de terrain contenant 71 hectares, dans la paroisse de Ghamplain (Canada), commença à se mouvoir et parcourut rapidement 360 mètres , en renversant dans sa marche haies, arbres, maisons, etc. Ce phénomène, que quelques personnes ont attribué à un tremblement de terre, fut précédé d'un bruit considérable. Une forte vapeur sufTocante de poix et de soufre se répandit subitement dans l'atmosphère.
30 novembre, 3"* 30" après midi. Martinique, il y eut une forte ondulation , précédée d'un bruit très-intcnsA II avait fait dans la journée une chaleur étoulTante. Un ras de marée eut lieu après la secousse et occasionna quelques accidents dans les ports. Une pluie très-abondante suivit aui^si ce phénomène et dura pendant dix jours.
Le 13 décembre, à 3 heures du matin. Belley, département de l'Ain. On ressentit des secousses assez fortes, qui ont duré quelques secondes et qui paraissaient dirigées de l'est à l'ouest. Elles furent précédées d'une détonation semblable à celle de plusieurs pièces de gros calibre. Un habitant de Dénonces, qui était parti de ce village de très-grand matin, rapporta qu'étant sur le sommet de la montagne, à 3 heures du matin, le ciel lui parut tout en feu, un instant avant la détonation, quoique aucun météore lumineux ne parût alors sur l'horizon. Quelques personnes de Belley prétendent avoir ressenti une première secousse à 1 heure du matin, dans la même nuit du 12 au 13 décembre.
1824. — Les 7, 9, 10 janvier. Startonberg ( Bohème). Les secousses du 10 furent très-violentes. Un mugissement souterrain très-intense avait commencé le 1" du mois et continué jusqu'au 6. Le 10, les mineurs effrayés abandonnèrent les mines de charbon de terre.
Le 21 février, à 8 heures du soir. Sainte-Maure. On ressentit une violente secousse. Beaucoup de bâtiments furent endommagés.
Le 10 avril, peu de minutes avant 10 heures du soir. Kingston et points de la Jamaïque. On éprouva une très-forte seprécédée d^un vent violent et accompagnée d'un bruit soutamio intense. Trois ou quatre maisons s'écroulèrent.
Le 20 avril , vers 3 heures du matin. Saint-Thomas. Il y eut un torible tremblement de terre, accompagné d'un bruit semblable ■ tonnerre. Beaucoup de personnes ont été renversées de leur lit. Gi bâtiment s'est englouti par suite de la commotion.
Ed avril. Chiraz ( Perse). Il y eut un tremblement de terre qui a duré six jours sans interruption, et a englouti plus de la moitié le la ville. Le reste est renversé. On rapporte que 500 habitants salement ont échappé à cette catastrophe. Plusieurs des montât |Hi voisines de Kazroun se sont affaissées, dit-on, de manière pu n'en reste plus de traces.
Le 18 juillet, à 10 heures 20 ou 25 minutes du soir On ressentit m tremblement de terre dans les départements des Pyrénées-Orientries, de TAude, du Tarn, etc. En Roussillon, la secousse parut irigéedu nord-est au sud-ouest; elle dura A ou 5 secondes. A Colleire, un bruit souterrain précéda le phénomène, et se prolongea âoo 5 secondes après. A Mont-Louis, le ciel avait été constamment pvet l'air calme toute la journée; mais, immédiatement après la secousse, il s'éleva un violent ouragan. A Perpignan, le thermo-' ■être était monté, dans la soirée, jusqu'à près de 35* centigrades ; Tatmosphère semblait remplie de vapeurs brûlantes ; on ne pouvait s'exposer à Tair libre sans être gravement affecté. A Carcassonne, k secousse fut accompagnée d'un sifflement de vent impétueux ^ les habitants ont comparé au bruit d'une fusée. Tous les points ée lliorizon avaient été sillonnés, dans la journée, par des éclairs ^ n'étaient pas suivis de détonation.
Du 12 au 13 août, dans la matinée. San-Pietro in Bagno (grandduché de Toscane). Une vingtaine de secousses, parmi lesquelles trois seulement eurent assez de force pour faire sonner les cloches de réglise. Le jour et la nuit suivants , les secousses recommencèrent, mais sans produire aucun effet bien notable. Avant que ces piiénomènes se manifestassent, on avait remarqué dans l'atmosplière et principalement autour du Soleil, un brouillard d'une nature particulière.
29 août. Canaries. Une lettre apportée par un navire venant des Canaries à Marseille, et écrite le 29 septembre 182^ par un officier d'artillerie, contenait les nouvelles suivantes :
« Le 29 août , on éprouva pendant la matinée, au port du Récif et dans les environs de l'Ile de Lancerotte , des tremblements
m SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE
de terre qui devinrent plus terribles dans la nuit Ils augmentèrent de force le 30 avec accompagnement de bruits souterraina La nuit du 30 fut encore plus affreuse; les bruits souterrains, par leur extension, épouvantèrent les habitants de la capitale de rtie et des villages environnants; tous abandonnèrent leurs maisons. Le 31, à 7 heures du matin, à la suite d*un tremblement de terre des plus violents etd*un bruit souterrain très-fort, un volcan a éclaté à une lieue du port du Récif, et à une demi-lieue de la montagne de la Fanna. 11 vomit par son cratère des torrents de flammes qui éclairèrent toute Tlle, et des pierres d'une grandeur énorme, rougies par le feu, en si grande quantité qu'en moins de vingt-quatre heures elles formèrent, par leur réunion, une montagne considérable. Cette éruption dura jusqu'à 10 heures du matin du i^ septembre ; alors le volcan parut se fermer et ne laisser que des crevasses d'où s'échappait une fumée épaisse qui couvrait tous les environs. Le 2 au matin, il se forma trois grandes colonnes de fumée , chacune d'une couleur différente : la première offrait une blancheur parfaite, l'autre était noire, et la troisième, plus éloignée , paraissait rouge. Le volcan brOlait sur une demi-lieue de long et un quart de lieue de large. La montagne nouvellement formée paraissait être inaccessible et ne laissait apcrcevoii- des crevasses dans aucune direction. Le 3 septembre, tout était dans le même état; beaucoup de puits et de citernes se trouvaient entièrement taris.
« Depuis le U il est sorti constamment du volcan une grande colonne de fumée; enfin, le 22 septembre, à 7 heures du matin, il a éclaté de nouveau et a vomi par son cratère une quantité d'eau si considérable, qu'elle a formé un grand ruisseau, lequel a diminué le 23 et insensiblement jusqu'au 26 , époque où l'on n'apercevait plus qu'un filet d'eau. »
Le 29 septembre, au départ du navire chargé de ces nouvelles, le volcan ne jetait plus de flammes, mais brûlait toujours ; les bruits souterrains et les tremblements de terre continuaient.
Manille. On éprouva d'épouvantables secousses, après lesquelles on vit beaucoup de poissons morts à la surface du fleuve qui baigne la ville.
30 novembre, 3** 30'' de l'après-midi. Antilles. 11 y eut un tremblement très-fort avec bruit extrêmement intense et refroidissement subit de la température après la secousse.
Décembre. Rossano(Calabrecitérieure;. On éprouve beaucoup de secousses successives; un grand nombre de maisons sont renver-
1825. — 10 janvier, entre 11 heures et midi. Sainte-Maure et Leucade (fies Ioniennes). La ville de Sainte-Maure a été presque entièrement détruite. Beaucoup d*liabitants ont péri. Une pluie abondante a succédé à la secousse et a duré pendant plusieurs Jours.
2, 3, A, 5 et 6 mars. Alger et presque toutes les villes dépendantes de cette régence. 11 y eut onze secousses extrêmement violentes. La première fut ressentie le 2, à 10^ /i2" du matin. La ville de Blida a été, diton , détruite presque entièrement. Si Ton en croyait diverses relations, près de 15,000 habitants auraient péri sous les ruines. Peu d*heures avant le tremblement de terre, tous les puits, toutes les sources avaient tari. Personne n^ignore qu*en Sicile et dans le royaume de Naples, ce même phénomène précède ordinairement les éruptions de TEtna et du Vésuve.
20 septembre. Ile de la Trinidad. 11 y eut de fortes secousses. Plusieurs maisons se sont écroulées.
Fin d^octobre. Chiraz (Perse). On éprouva une très -violente secousse. La ville n'était plus après Tévénement qu'un amas de décombres; les magnifiques tombeaux de Uafis et Saadi ont été détruits.
1826. — 26 janvier. Prévesa. Il y eut une violente secousse. La ville a beaucoup souffert.
Février (dans les premiers jours). Gonstantinople. Trois fortes secousses ont occasionné de grands dommages.
18 mars. Ëtats- Romains. A minuit 20 minutes à Pesaro, puis à midi AO minutes, on ressentit des secousses intenses dirigées du sud-est au nord-ouest. Pendant la dernière, on observa une forte agitation dans la mer près des parages de Sinigaglia; quoique Tair fût tranquille, le sable se mêla aux eaux et troubla leur transparence jusqu'à 3 kilomètres de la côte. A 1^ 14", à 4* 2", à 10* /iô" de Taprès-midi , on ressentit encore de légères secousses.
1/i avril. 5 heures du soir. Saint-Brieuc et les environs (département des Côtes-du-Nord ) . On éprouva une secousse qui dura 12 à 15 secondes, dirigée de Test à Touest; elle fut précédée d'un bruit semblable à celui que ferait une voiture roulant sur des cail loux.
15 mai, à 11 heures du matin. Grenade (Espagne). 11 y eut u h tremblement de terre assez fort, précédé d'un bruit souterrain ; de nombreuses secousses succédèrent à celle-là le même jour, mais aucun bruit ne les accompagna. Le 17, vers la pointe du jour, il y eut une secousse très-violente; 20 minutes après, l'ébranlement se XIL 15
tu SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE
reproduisit x un mugissement terrible aocompagoa le phénomène. Plusieurs édifices furent plus ou moins endommagés.
17 juin. 10^45'" du soir. Santa-Féde Bogota (Nouvelle-Grenade). 11 y eut une épouvantable secousse. J extrais la relation suivante d'une lettre de M. Boussingault à M. de Humboldt en date du 29 juin :
«'Le 17 juin, nous avons éprouvé ici un tremblement de terre épouvantable. A 10^ /i5" du soir je me retirais chei moi, lorsque» près d'arriver à la porte de ma maison, je ressentis une violente secoua; elle dura environ 8 secondes, les mouvements étaient borizoÀtaux et dirigés du sud au nord. Aussitôt la rue fut pleine de mocide, et Ton n'entendait que les cris de miserieordia^ ei suelo tiemblah la ruine de Caracas me vint alors à la pensée; celle de Bogota ïtfe parut certaine. Je me précipitai chez moi pour sauver mes journaux et prendre mes armes. Cette résolution faillit me coûter cher. A peine avais-je ouvert la porte de ma chambre située au premier étage, qu'une seconde secousse se fit sentir; ma table» mes livres (urent renversés; le mouvement, d'abord dirigé de l'ouest à l'esti, se changea en une ondulation très-forte; la maison était aussi agitée que Test une chaloupe sur une mer houleuse. Je ne songeai plus qu'ù mon salut; je descendis les escaliers avec peine, tant il était difficile de se tenir debout. Les secousses continuaient toujours, un craquement horrible et une pluie de moellons m'annonçaient la chute prochaine de l'édifice. Au moment où j'arrivai sous la grande porte , la terre sembla prendre du repos , je courus alors v^s la plaziiela de San Francisco. Quand je passai sur le pont, une maison placée à la droite s'écroula en partie dans la rivière; enfin je gagnai le milieu de la place : c'était là mon port de salut. J'estime que la terre a tremblé pendant liO à àS seoondea.
« La seconde secousse avait fait sortir tous les habitants hors des maisons; la plupart passèrent le reste de la nuit sur les places publiques; la consternation était générale; les uns priaient, les autres se confessaient à haute voix ; des enfants naturels retroaraient des parents qui le^ avaient méconnus jusqu'alors; des vols commis depuis longtemps étaient restitués. C'était une réunion imposante que cette multitude priant avec ferveur pour apaiser le ciel , et il y avait quelque chose de lugubre dans les cris de douleur qui s'élevaient de toute part lorsqu'une forte ondulation ae faisait sentir de nouveau, comme pour annoncer que les prières n'avaient pas été exaucées. Durant cette nuit de deuil je me livrai avec attention à des observations météorologiques ; mais ce fut en silence et en lieu de sûreté; car il n'est pas toujours permis à un physicien de consulter impunément ses instruments lorsqu'il ae
trouve en présence <l*une multitude ignorante et superstitieuse.
« Au moment où la terre trembla, le ciel était nuageux, Tair parfaitement calme, la Lune cachée par un nuage. Vers minuit on sentit un léger mouvement accompagné d'un bruit sourd qui venait de Test. Au point du jour, presque tout le monde se retira dans les maisons. C'est une chose digne de remarque que Peffet consolant du lever du Soleil : le danger était évidemment le même ; on devait, le jour comme la nuit, craindre à chaque moment une nouvelle secousse; cependant la clarté rassura ceux même qui avaient été le plus effrayés.
«Le 18 on reconnut que presque toutes les maisons étaient fortement endommagées; la cathédrale menace ruine; la tour de Santar Clara est tombée; le couvent de San Francisco, en un mot toutes les églises, sont en fort mauvais état La chapelle de Guadalupe, élevée de 650 mètres au-dessus de la ville, et où, il y a plus de vingt ans, vous avez fait des expériences sur Tébuilition de Teau» est entièrement détruite. Quelques jours auparavant, j'y avais passé une nuit pour Caire diverses observations sur Tintensité du rayonnement nocturne.
« Le 19, on ressentit quelques légères secousses; je reconnus, à Taide de ma boussole de déclinaison, que la terre était dans un mouvement presque continuel.
« Le 20. à 11 heures du matin, il y eut une secousse très-sensible ; le mouvement horizontal, dirigé du sud au nord, dura quelques secondes.
« T.e 21, dans la nuit, on ressentit quelques oscillations. Le 22, à 4^ A5" du matin, il y eut de violentes secousses horizontales dirir gées du sud au nord : elles durèrent 25 à 30 secondes. Une partie de lliospice s'écroula ; Tétat de la cathédrale s'est encore aggravé. Au moment du tremblement, le ciel était très-nuageux, Tair calme.
« Depuis le 22, on a eu quelques légers mouvements, mais peu forts; cependant Tétat des maisons ne permet pas de les habiter ^ans danger; la nuit, la ville est à peu près déserte; tout le monde dort à la campagne. »
18 septembre, entre 3 et /i heures du matin. San-Iago (Cuba). ï On ressentît trois secousses très-fortes ; chacune a duré environ une minute et a été précédée d'un bruit semblable à celui que feraient des chariots pesamment chargés roulant sur une route ' pavée ; à ce roulement a succédé une terrible explosion. Une grande partie de la ville a été détruite. Les secousses se sont étendues iusqu*à la Jamaïque,
13 octobre. Santiago (Chili). Il y eut un tremblement de terre
qui produisit des ravages comparables à ceux du tremblement de terre du 19 novembre 1822 qui détruisit Valparaiso (voir p. 220).
1827. 2 janvier, à l'heure du dtner. Mortagne (Orne) et les environs. On a senti une secousse violente, mais de courte durée, accompagnée d'un bruit très-intense. Des cheminées et des ustensiles de ménage ont été renversés. La commotion s'est propagée jusqu'à ' Alençon. Ce jour-là, le ciel était sombre, le temps lourd et orageux, ce qui n'est pas ordinaire pour la saison.
9 février, à 7 heures du soir. Partie nord-ouest du pays de Galles et tle d'Anglesey. Les secousses durèrent de àO secondes à 1 minute; elles furent assez violentes pour renverser plusieurs meubles; on entendit en même temps un bruit analogue à celui que produit une charrette lourdement chargée en roulant sur le pavé.
13 février. Islande. Un nouveau volcan s'est ouvert dans un des glaciers de l'ile.
12 juin, à 1 heure et demie. Tehenacan (Mexique). On éprouva une violente secousse avec un bruit effrayant; beaucoup d'édifices furent endommagés.
... septembre. Le fort de Kolitaran, situé près de Lahore, a été détruit par un tremblement de terre. Un millier d'individus ont été ensevelis sous les ruines. Par suite de la même convulsion, une montagne s'est fendue, et, en tombant dans la rivière Rowée, a occasionné d'immenses inondations.
16 et 17 novembre. D'énormes secousses se sont fait sentir à Popayan; M. J Acosta, ingénieur de l'État de Colombie a donné sur ces phénomènes les détails suivants :
« L.e 16 novembre, à 6 heures précises du soir, on éprouva dans cette ville une violente secousse de tremblement de terre, suivie immédiatement d'un mouvement ondulatoire qui dura 3 à !i minutes. La direction de ce mouvement était du sud-est au nord-ouest. Pendant toute la nuit la terre parut sensiblement agitée, et des secousses plus ou moins fortes continuèrent à avoir lieu toutes les 40 à 50 minutes jusqu'à l'y heures du matin, où le choc fut encore plus violent que la première fois. L'agitation continuajusqu'à ll'/i5", dans la matinée du 17; alors les secousses devinrent si terribles qu'une grande partie de la ville fut détruite. Les malheureux habitants qui, abandonnant la ville, s'étaient réfugiés sur les bords de la rivière du Cauca, furent encore chassés de là par l'inondation, et obligés de chercher un asile sur les collines d'alentour. Deux nouvelles secousses eurent lieu, l'une le même jour 17, à 8 heures du soir, et l'autre le 18, à U heures et demie du matin.
« Non-seulement le Cauca, mais aussi toutes les rivières et ruisseaux des environs, comme le Vlnagre, rispaso, sont sortis de leur lit et ont ravagé les campagnes voisines. Une éruption du Purace eut lieu et augmenta Tépouvante. La lave s'est fait jour par le revers oriental du cône. Dans les flancs, d'énormes crevasses ont été oavertesu
« Dans la ville, deux femmes seulement ont péri de frayeur; mais le joli village de Purace, bàtl sur les rocs porphy ri tiques au pied du volcan» à 2,630 mètres de hauteur, a été totalement détruit, ainsi que plusieurs autres villages et fermes voisines. Tous les habitants de la ville sont allés camper dans des baraques, aux environs. Popayan n*avait jamais éprouvé une pareille calamité depuis Tépoqoe de sa fondaUon au xvi' siècle.
« A Bogota ( 80 lieues de Popayan), les secousses du tremblement furent assez fortes pour endommager plusieurs édifices, n
29 novembre, dans la nuit. Martinique. On sentit une violente secousse, dirigée de Test à Touest, d'une durée de près d'une minate. Cest la plus forte qu'on ait éprouvée dans l'ile de mémoire (Tbomme.
30 novembre, à 3 heures du matin. Pointe-à-Pttre (Guadeloupe). 11 y eut un violent tremblement de terre. A Marie-Galante, il a été précédé d'une bourrasque assez forte.
16 décembre. Bakou (Russie d'Asie). A 5 heures du soir, on entendit an bruit semblable à de fortes détonations d'armes à feu. Ge bruit fut suivi de l'apparition d'une immense colonne de flammes qui brûla pendant 3 heures en diminuant graduellement de dimensions de manière à n'avoir plus qu'un mètre environ. Dans cet état la flamme brûla vingt-quatre heures. Le foyer occupait ûOO mètres de long sur 200 de large. Au commencement de l'éruption, le volcan lançait des pierres calcinées et des colonnes d'eau ; l'emplacement où elle a pris naissanco n'a pas présenté de cratère; le terrain, seulement, s'est soulevé de 65 centimètres; il présentait l'aspect d'un champ fouillé de main d'homme ; en remuant la terre fl s'en échappait des flammes rougeàtres sans aucune odeur.
1828. — Le 14 janvier, 11^ Ub" du soir. Venise. Voici l'extrait d'une lettre écrite de cette ville le 15 janvier :
fl Venise a ressenti les secousses d'un assez fort tremblement do terre. Ge phénomène dura environ 2 secondes et suivit, dans ses ondulations, la direction du sud au nord-est Dans beaucoup de maisons on entendit craquer les meubles, et, dans d'autres, les fenêtres et les objets suspendus aux murs s'agitèrent avec bruit.
Le temps était orageux et sombre; le baromètre marquait 757miii..7. Quelques instants après, on entendit dans Tair un long ^ sourd mugissement »
23 février, à 8** 15". Le nord de la France, la Belgique, etc. Le tremblement de terre que Ton a ressenti , le 23 février, dans plusieurs villes de la Belgique, a été éprouvé, le même jour et à peu près à la même heure , dans les départements de la Meuse, de la Moselle et du Nord. A Commercy, il y a eu deux secousses dans la direction du midi au nord; à Longuyon (Moselle), une seule, mais assez intense et qui a duré plus d'une minute; à Avesues, sa durée a été moindre^ quoique également forte ; sa direction était de Test à Touest; à Dunkerque, la commotion a été ressentie par plusieurs habitants; la direction du mouvement souterrain y a été diversement observée ; on lui donne généralement celle du sud au nord. La secousse a ébranlé de gros meubles, tels que chaises, fauteuils, bureaux, et même des bois de lit qu'on a vus se mouvoir en divers sens sur leurs roulettes, par Teffet des seules ondulations du sol. Le vent, qui était au sud-est, à 5 et 6 heures du matin, tourna subitement après la secousse, et devint nord-ouest sans aucun changement sensible dans la température.
Je vais maintenant donner un extrait de ce qu'ont publié les journaux de la Belgique :
La secousse du tremblement de terre que Ton a éprouvée à Bruxelles a été ressentie à la même heure à Liège. Voici ce qu'on lit à ce sujet dans le Courrier de la Meuse : « Aujourd'hui, vers 8" 20" du matin, par un temps très-calme, on a ressenti à Liège plusieurs secousses de tremblement de terre. Les secousses, d'abord très-légères, sont devenues ensuite assez fortes, et se sont prolongées pendant l'espace de 7 à 8 secondes. Elles étaient accompagnées d'un bruit sourd et paraissaient se diriger du sud-est au nord-ouest. Les maisons tremblaient, et les meubles éprouvaient un mouvement oscillatoire très-prononcé. Quelques cheminées ont été renversées. Depuis 1755 on n'avait point ressenti de tremblement de terre. Le temps était couvert et vaporeux; le baromètre marquait 737"^i-.5 ; le thermomètre centigrade ti^.li à Tombre et l'hygromètre de Saussure 80 degrés. On a remarqué que, quoique le baromètre eût constamment baissé depuis le 18, époque où il était à 7à/i°'^.4, jusqu'au 22 au soir, où il était descendu jusqu'à 733^^1, il n'était pas tombé une goutte de pluie. Depuis les secousses, le baromètre s'est maintenu dans le même état d'abaissement, i
u ... Depuis plusieurs jours, quoiqu'il fit très-beau temps, le baroaiètre était fort bas, ordinairement entre pluie et grande pluie.
Immédlttement après les secousses, le baromètre était à peu près à tempête. On a ressenti ces secousses outre Meuse, à la Bovenie, dans le quartier de nie, sur la Batte, hors chftteau, sur le marché, sur la place Saint-Pierre, à Saint-Laurent, à Ans, en Glain, etc.
« Le mouvement s*est fait sentir très-fbrtement, surtout dans les parties élevées des maisons. Il a été sensible aussi dans llntérieur de la terre: à la houillère de la Belle-Vue, près de Saint-Laurent, les ouvriers l^ont très-bien ressenti : à la Houillerie du Baneux, fauboarg Vevignis, les ouvriers ont éprouvé la secousse à iOi mètres de profondeur, et quelques-uns d'entre eux disent avoir entendu une espèce de roulement.
« Au Collège royal, le mouvement ondulatoire a été très-sensible; des personnes qui se trouvaient dans leur lit ont été secouées forte* ment; d^autres ont fui des églises. A Saint-Denis, le mouvement a été si prononcé qu*on eût dit qu'on secouait violemment les colonnes ; des parties de ciment se sont détachées de la voûte du chœur. •
A Maestricht) à la même heure, la secousse a été assez forte pour déplacer des meubles dans plusieurs maisons et occasionner la chute de quelques cheminées.
A Huy et dans les environs, vers 9 heures, la secousse a été asseï forte ; sa direction était de Test à Touest ; des meubles ont été dérangés, une cheminée s'est écroulée : on assure même que le pont sur la Meuse a été ébranlé. Cet événement a répandu la terreur parmi les habitants, surtout parmi ceux des campagnes.
A Tirlemout, on a ressenti pareillement, dans la matinée, des secousns qui ont duré à peu près 7 minutes; un grand nombre de cheminées ont été renversées, les murs de plusieurs maisons crevassés, et dans une maison, les miroirs, verres et objets de porcelaine ont été brisés.
Le 12 mars. Galabre. Il y eut une secousse ondulatoire qui
a duré 5 secondes ; elle a renversé plusieurs maisons.
Le ià mars. Naples. Une nouvelle bouche d'environ 6 mètres de circonférence se forma à l'orient du cratère du Vésuve et devint la base d'une immense colonne de fuméa De fréquentes détonations se firent entendre et furent suivies de la sortie de beaucoup do matières liquides. Le 18, on commença à apercevoir du feu. Le 19, la nouvelle bouche parut considérablement agrandie; les pierres lancées par le volcan s'élevaient à une très-grande hauteur. Le 21, la lave s'écoulait par un canal qui la conduisait vers le centre du grand cratère. L'eau des puits dans les environs de la ui()nla<?no ne changea pas de hauteur. Dans la nuit du 21 au 22, il se forma deux
Mf SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE
nouvelles bouches; dans la matinée du 22, elles s^étafent réunies; la lave qui en sortait avait rempli une partie assez considérable du grand cratère. A 2 heures après midi, il y eut une violente explosion ; en un instant il s^éleva dans Tatmosphère une immense colonne de cendres, entremêlées de globes d'une fumée très-dense. Le 24, tous ces phénomènes étaient moins intenses. 11 y avait alors dix-sept petites bouches, d'où il sortait du feu , de la fumée et des cendres.
30 mars, à 7^ 28* du matin. Lima, Callao, etc. 11 y eut d'épouvantables secousses qui ont duré 52 secondes. La ville de Lima n*est plus qu'un monceau de ruines : un millier d'individus ont péri. La secousse a été ressentie par les navires situés dans le port de Gallao.
15 juin, 5 heures du matin. Smyrne. On éprouva deux secousses successives, l'une, verticale, dura 2 secondes; l'autre fut horizontale et dirigée du nord au sud ; elle endommagea beaucoup d'habitations.
Juillet? ; province de Schirvan (Perse). La ville de Vieox-
Schamakha a été en partie détruite. D'immenses portions de montagnes se sont éboulées ; les eaux de tous les ruisseaux ont éprouvé une crue plus ou moins sensible après les secousses ; des crevasses et de nouvelles sources se sont formées. A partir du village de Sahiany, il y a une crevasse large de O^'.TO et qui s'étend à plus de 2 kilomètres et demi. Pendant la nuit, elle est . disent les relations, surmontée de feux semblables à la lumière des éclairs.
13, i/i, 15 et 17 septembre Murcie, Torra-Vieja, Torra de la
Mata et toutes les côtes environnantes. On ressentit trois cents secousses en vingt-quatre heures ; beaucoup de maisons ont été renversées.
18 septembre, après 7 heures du matin. Calcutta. On éprouva deux secousses extrêmement fortes. Le mouvement était vertical; en conséquence les meubles sautaient. L'air était entièrement tranquille, mais lourd et étouffant
Le l**' octobre, dans la matinée. Grande Ganarie. Il y eut un violent tremblement de terre. Beaucoup de bâtiments furent lézardés. Les navires ont éprouvé la secousse dans le port.
Le 9 octobre, à 3" 10" du matin. Marseille, Turin , Gênes. On éprouva de grandes secousses. Les observateurs de Turin disent qu'elles ont duré 30 secondes, ceux de Gênes, 20. On assure, du reste, que des sonnettes ont été mises en mouvement, que des pendules se sont arrêtées, que beaucoup de b&timents sont fortement lézardés. 11 ne paraît pas, toutefois, qu'il en soit résulté de dégâts notables. Dans le port de Gênes, ce tremblement de terre a donné
Hea à an mouvement de la mer très-coosidérable pendant lequel beaucoup de navires se sont entrechoqués.
Le 3 décembre, 6" 30" du soir. Metz, Aix-la-Chapelle, Spa, Liège, Maestricht, etc. Il y eut deux secousses assez fortes. A Spa, de» meubles ont été renversés, des personnes sont tombées de leurs chaises. A Stavelot, la dernière secousse a été accompagnée d'une détonation très-prononcée.
9 décembre. Manille. On ressentit de violentes secousses ; beaucoup dliabitations et d'édifices furent endommagés.
La Noavelle-Qalles du Sud (Nouvelle-Hollande) paraît peu sujette aux tremblements de terre. En 1828, cependant, on en a ressenti plusieurs extrêmement forts. Les relations parvenues en Europe portent à 25 minutes la durée de l'un d'entre eux. Il fut suivi d'un ouragan épouvantable qui déracinait entièrement des arbres et les transportait à de grandes distances.
1829.— Le 8 mars. Forteresse de Junka (gouvernement d'Irkoutsk). On éprouva one forte secousse de tremblement de terre qui a duré 3 minutes et a renversé beaucoup de maisons. Un immense rocher, situé sur la rive droite du fleuve Irkoutsk , s'est détaché et a roulé en éclats dans les plaines environnantes. La terre s'est crevassée dans beaucoup d'endroits.
21 mars. Orihuela. Tous les villages situés dans la huerta d'Orlhuela ont été renversés de fond en comble. Le mouvement paraît s'être produit verticalement. Il était accompagné de très-fortes détonations. Les secousses n'ont eu une extrême violence que dans une étraduede 4 lieues en carré, où Ton a remarqué, après l'événement, un nombre considérable de crevasses de diverses longueurs et de 11 à ik centimètres de large, et de plus une multitude de trous circulaires très -rapprochés, de 5 à 8 centimètres de diamètre. Toutes ces petites ouvertures ont vomi ou un sable gris jaun&tre, semblable à celui qu'on trouve au bord de la mer, dans les environs, ou une fange noire et liquide, ou enfin de l'eau de mer, des coquillages et des herbes marines.
M. Guttierrez, professeur de physique à Madrid, m'a communiqué sur ce phénomène les renseignements qui suivent :
« Depuis le commencement de ce siècle , ce pays a souffert des tremblements de terre. Le 17 janvier 1802, on a senti à Torre de la Mata et àTorre-Viejades secousses qui ont duré jusqu'au 6 février; quelques maisons furent détruites à cette époque. En 1817, les chocs devinrent très-fréquents; il y en eut cent seize dans trois mois. Le 8 ociobre 1821, il y eut un tremblement de terre qui dura vingt-
Gdx Jours. Le 10 Janvier 1823, il y en eut un autre qui fit tomber plusieurs maisons ; les cliocs se sont répétés plus de deux cents fois en 2/i heures. On en a ressenti les effets à Carthagène , à Alicante et à Murcie, c'est-à-dire sur la môme étendue qu'en 1829. Le 15 septembre 1828, il y eut, à 5 heures après midi, un tremblement de terre qui se répéta trois cents fois en vingt-quatre heures et détruisit quelques maisons. Ces secousses continuèrent faiblement Jusqu'au 11 mars 1829 et cessèrent tout à coup jusqu'au 21 du même mois. Ce Jour on en éprouva une à midi , et la plus forte eut lieu à 6 heures et demie et quelques secondes. Enfin eut survenue l'immense secousse oscillatoire qui a renversé un grand nombre de villes.
« Pendant la nuit il y eut plus de cent secousses. Depuis lors elles ont cessé, mais il y a toujours eu trente à quarante secousses ou bruits par jour jusqu'au 16 avril. Ce dernier jour, à 7 heures du matin, on éprouva un tremblement très-fort, et le 18, un autre aussi violent que celui du 21 mars.
« On dit qu'à Torre-Vieja on a entendu le bruit pendant plus de trois quarts d'heure. Au mois de septembre on n'entendait plus rien. Le bruit, en général, ressemblait à un coup de canon ; d'autres fois il augmentait graduellement et cessait tout à coup. Les paysans rapportent que, lorsque le bruit était très-fort, les tremblements de terre étaient moindres. Cependant, le 21 mars, il n'en fut pas ainsi : 8,000 édifices furent détruits , 389 personnes tuées et 175 blessées. Le mouvement du terrain fut ondulatoire et tout fut bouleversé. A Daja-Nueva et à Daja-Vieja, la terre s'est crevassée; il s'est formé de petits soupiraux qui ont vomi une grande quantité de sables composés de silice, do chaux, avec une petite quantité d'oxyde de fer imprégné de sel commun, d'un peu de soufre et d'une substance bitumineuse. Cette analyse a été faite par M. Antoine Moreno, professeur de chimie au collège de pharmacie à Madrid. Dans ces lieux, des jets d'eau mêlée de sable ont été quelquefois projetés, au lieu de sable sec, et cette eau contenait du muriate de soude, un peu de sulfate d'alumine, une petite quantité d'hydrochlorate de chaux avec de l'hydrogène sulfuré. Les paysans ont cru que c'était de l'eau de mer ; en septembre on trouvait encore cette eau en creusant le terrain. Elle a nui d'abord à la végétation; mais i'arrosement avec de l'eau pure a détruit cet eOet momentané.
tt 11 est probable que le sable projeté provient des couches plus ou moins épaisses qui sont sous le soi végétal, puisque dans un puits, à Cuardamar , la terre, prise à 23 mètres de profondeur, est de la mai'ue bleue , qui paraît identique avec les matièi*cs rejelécs.
«Les couches étant horizontales, les mouvements ondulatoires en ont comprimé certaines parties, et les portions les plus faibles ayant cédé, il a dû sortir des matières quelquefois délayées et quelquefois «àches. A BeneJuEar, les soupiraux ou les entonnoirs avaient 8 à 10 centimètres de diamètre, et il en est sorti avec la terre des morceaux de lignite ou jayet i
24 juin, à 7^ 10*" du soir. Paris. On a ressenti plusieurs secousses.
Le 18 août, de Jour. Copenhague. On a éprouvé plusieurs violentes secousses , accompagnées d'un bruit semblable à celui que produit le roulement d'une voiture.
16 octobre^ Valparaiso et Saint-ïago au Chili, n y eut une secousse de SO secondes. Nombre de malsons furent détruites; pluifears personnes ont péri. Le village de Casa-Blanca, à 30 milles de SalDt-Yago , est entièrement ruiné.
26 novembre, à heures du matin. Jassy et Odessa. 11 y eut de fortes secousses qui ont duré 70 secondes. La direction était ouestest, avec bruit souterrain ; beaucoup de bâtiments furent endommagés. M. Haûy, de l'Académie de l'étersbourg, a domié de ce phénomène une relation dont J'extrais les détails suivants :
« Le 26 novembre au matin, nous avons ressenti un tremblement de terre asseï fbrt, et comme quelques détails à ce sujet ne peuvent qu'intéresser les membres de l'Académie des sciences. Je regarde comme un devoir de vous transmettre tout ce que J'ai pu recueillir, laissant de côté, comme de raison, ces dit-an, dont la multitude s'occupe à l'occasion de tout événement remarquable, pour ne vous entretenir que des circonstances positives, les seules qui puissent véritablement mériter quelque attention de la part d'une société savante.
« A 3' 68^ (temps vrai déterminé à une demi-minute au plus d'erreur), J'ai été réveillé par de légères vibrations qui m'ont paru devoir être le commencement du tremblement Elles ont été en croissant pendant à peu près deux tiers de minute; alors nous avons éprouvé une secousse asses forte, qui s'est prolongée pendant quelques secondes. L'amplitude des vibrations a diminué pour augmenter de nouveau pendant le cours d'une minute environ , après laquelle on a ressenti une seconde secousse très-forte et bien plus prolongée que la première. Un nouveau décroissement, suivi d'un accroissement, s'est encore manifesté, mais n'a duré que 12 à 15 secondes; alors la troisième secousse a eu lieu; elle était moins forte que la première et n'a duré que quelques instants ; enfla, un nouvel intervalle, pendant lequel il y a eu diminution et augmentation dans le mouveiucut oscillatoire, a succédé. Sa duréo
S36 SUR LES TREMBLKMRNTS DE TBRRB
a été à peu près d'un quart de minute ; après quoi, une quatrième et dernière commotion, qui m'a paru égale en intensité à la troisième, et qui n'a duré que trois ou quatre secondes, s'est fait sentir et a été suivie à son tour d'un tremblement qui a duré une minute et demie environ. Tout est rentré dans le calme à /i^ 2* 2*; pendant les quatre minutes qu'a duré le tremblement, il s'est fait simtir sans la moindre interruption.
« Une cloison de bois qui se trouve dans ma chambre à coucher m'a fourni, par un craquement continuel, une suite de pulsations très-distinctes , au moyen desquelles J'ai compté 152 oscillations complètes dans le cours de 30 secondes. J'ai plusieurs fois observé le baromètre pendant la durée du phénomène et il m'a été impossible d'y découvrir la plus petite trace d'oscillation. Le consul de France, M. Challaye, qui de son côté l'a examiné presque sans relâche, n'a pas remarqué non plus le moindre mouvement dans la colonne de mercure. J'ai voulu o1)server la boussole; mais, devant compter le temps, compter les oscillations, noter et aller d'un moment à l'autre voir le baromètre, je me suis trouvé en retard, et il m'a été impossible de rien obtenir des oscillations de l'aiguille magnétique.
« Pendant une bonne partie de la nuit, le temps était trèscalme, couvert, et la température à 0". L'un de mes amis, M.Hennau, docteur en médecine, qui est sorti dans sa cour vers le commencement du phénomène, m'a dit avoir vu du côté de l'ouest une clarté très-distincte et assez forte, analogue à la lumière boréale, voilée cependant par les nuages qui couvraient Tatmosphèrc ; le maximum visible d'intensité de cette lueur était à l'horizon : 5 ou 6 minutes après la fin du tremblement, elle a disparu presque subitement.
« Une observation fort intéressante, que le hasard a fournie, m'a été communiquée par un ingénieur, M. Ghatillon, qui a mis un soin scrupuleux à en déterminer tous les éléments. Une carafe à moitié pleine d'eau était restée sur une table ; un abaissement de température ayant eu lieu pendant la nuit, une partie de la vapeur d'eau s'est précipitée sur le verre, en produisant cette teinte blanchâtre qu'on remarque souvent, fort analogue à celle d'un verre dépoli. 11 est résulté de là que, pendant le tremblement de terre, l'eau ayant oscillé dans la carafe, toute la partie de la surface qu'elle a touchée a repris la transparence habituelle, de sorte que le repos ayant succédé, on a pu observer avec la plus grande exactitude les deux positions extrêmes o\\ la surface de l'eau est parvenue pendant son mouvement oscillatoire. Voici les résultats que M. Ghatillon m'a donnés :
ff Aq moyen d*une règle et d'un niveau à bulle d*air, les deux points où Teau est parvenue de part et d'autre ont été marqués avec soin sur la surface du verre ; à Taide d'un fil à plomb et d*un alignement vertical, ces deux points ont été projetés et marqués sur le sable : on a fait de même pour les deux points où les plans extrêmes des oscillations se sont coupés sur la surface du verre. Cela a donné deux nouvelles projections ; enfin le cercle du fond de la carafe a été tracé. Voici maintenant les relations de position que possèdent tous ces points entre eux. La ligne passant par la projection des points culminants s'est trouvée perpendiculaire à la projection de celle qui était donnée par Tintersection des deux plans limites des oscillations. Le point d'intersection de ces deux lignes s'est trouvé sur le centre de la projection du fond de la carafe ; la projection de la droite passant par les points culminants faisait un angle de 12* à Test avec le méridien magnétique. Il faut encore remarquer que la ligne d'intersection des deux plans limites des oscillations coïncidait parfaitement avec le plan de l'eau en repos, ainsi, l'axe de rotation autour duquel la surface de l'eau oscillait n'a pas changé de position.
« 11 résulte de là que les vibrations ou la résultante des forces qui les ont produites, ont été dirigées constamment dans le même sens et qu'elles étaient parallèles à un plan vertical dont l'azimut à l'est est de 2*. La déclinaison de l'aiguille magnétique a été trou* vée de 10* 5' ouest.
« Une chose singulière, c'est que la hauteur à laquelle l'eau s'est élevée de part et d'autre n'est pas la même. Le diamètre de la carafe à la ligne d'eau en repos était de 97 millimètres; vers le bord, le point culminant était de S*"'" .25 de la surface de l'eau, tandis que du côté opposé l'eau ne s'est élevée au-dessus de son niveau primitif que de 7 millimètres. »
27 novembre, à û" 5" du soir. La Rochelle, Rochefort,etc. 11 y eut des secousses accompagnées de fortes détonations. J'extrais les détails suivants d'une lettre que M. Fleuriau de Bellevue, correspondant de l'Académie, a bien voulu m'écrire de la Rochelle.
Le 27 novembre, à A^ 5* du soir, on entendit tout à coup à la Rochelle deux fortes détonations. La première était d'une médiocre intensité, mais la seconde, qui la suivit une ou deux secondes après, fut d'une extrême violence ; puis on entendit un bourdonnement prolongé, qui n'était peut-être dû qu'à l'elTet des échos. Ces deux détonations et ce bourdonnement durèrent /i à 5 secondes au plus.| Ce bruit parut venir de très-haut, comme d'une bombe, dans la direction du midi : il dilTérait tellement d'un coup de tonnerre que
chacun crut d'abord à Texplosion d'un magasin à poudre plutôtqu^à un tremblement de terre. En effet, on n'avait éprouvé qu'une trèsviolente commotion, qui fit fortement vibrer les carreaux de vitres, mais qui n'ébranla qu'un très-petit nombre d'objets mobiles et portant à faux, et qui ne fut accompagnée par aucune secousse sensible, soit de bas en haut, soit dans le sens horizontal. Aussi les personnes qui avaient éprouvé des tremblements de terre dans d'autres pays, ne pouvaient reconnaître ici ce phénomène ; plusieurs l'attribuèrent à l'explosion d'un bolide et s'attachèrent d'autant plus à cette opinion, qu'ils apprirent ensuite que ce bruit ne s'était pas fait entendre au delà des limites des arrondissements de la Rochelle et de Rochefort. Cependant , comme on n'a pas ouï dire, depuis vingt-cinq jours, que personne ait aperçu de globes de feu ni de pierres tombées; comme on assure que plusieurs animaux manifestaient une agitation extraordinaire un peu avant les détonations , et que les marins de trois navires ont déclaré que, dans ce même moment, ils ont cru que leurs bâtiments avaient touché sur quelque rocher ; qu'enfin, neuf jours après cette époque, une secousse de tremblement de terre s'est fait réellement sentir. Il y a plutôt lieu de croire que ces détonations doîNentse rapporter à la même cause. Le baromètre avait été très-bas les jours précédents, et il était encore alors stationnaire à 10'°^^i-. 8 au-dessous de sa hauteur moyenne, c'est-à-dire à Tôa"»!"-./!. 11 monta aussitôt après; mais à la vérité, le ciel, qui avait été très-couvert toute la journée, et même un peu pluvieux, s'était éclairci vers l'ouest une demiheure avant qu'on entendit le bruit des détonations et qu'on sentit aucune commotion.
1830. — Le 9 mars. Caucase. 11 y eut un tremblement de terre très-intense d'une durée de 10 secondes. La plus grande partie d'une haute montagne s*est éboulée dans une riche vallée; cette catastrophe avait été précédée de détonations effroyables. Plus de 500 personnes ont péri sous les ruines des temples où elles s'étaient réfugiées. Depuis le 9 jusqu'au 20 mars on ressentit journellement dans la même contrée des secousses, mais moins fortes et moins funestes.
14 avril. Haïti. On éprouva une secousse d'une durée de U ou 5 secondes, accompagnée d'un bruit semblable au retentissement du tonnerre dans les montagnes. Les édifices de pierre ou de brique ont beaucoup souffert Le mouvement a été ressenti par les navires au large.
22 novembre, 6 heures du matin. Mulhouse, Saint-Louis, B&le, etc.
On ressentit une vive secousse précédée d'une détonation semblable à celle d'une pièce de gros calibre.
1831. — 10 et 11 août. La Barbade. Il y eut pendant un ouragan extrêmement violent plusieurs secousses accompagnées d'eflets électriques. H se produisit en même temps une éruption volcanique. On évalue à3,000 le nombre des individus qui ont péri sous les décombres.
1836* — Au mois d'août, il y eut une grande éruption du Vésuve. Le volcan se creva à sa base orientale et rejeta un grand courant de laves sur les terres fertiles d'Ottajano. Dans Tendroit où la lave se faisait jour s'étaient formées deux intumescences qui supportaient dou3ie petits cônes, tous en grande activité et produisant des exploBîons bruyantes. Un de ces cônes, dont M. Léopold Pilla put s'approcher davantage, émettait, outre les gerbes de pierre, une flamme vive s'éiev^nt jusqu'à une hauteur de 3 métrés. Son jet était continuel comme la flamme d'un haut - fourneau animé par des soufflets.
1835. — 23 janvier. Nouvelle-Grenade et Mexique. M. le docteur Boulin a annoncé à l'Académie que pendant l'éruption du Cosigûina des bruits très-remarquables ont été entendus à une grande distance du volcan le jour même où l'éruption était dans sa plus grande force. Ces bruits avaient une telle intensité que dans chaque lieu, on croyait qu'ils partaient de quelque point très-voisin. Us furent entendus dans la plus grande partie de la Nouvelle-Grenade et dans des cantons qui n'étaient pas à moins de 200 lieues de distance de Cosigûina. Le même phénomène fut observé au Mexique, et les habitants de ce pays étaient tombés dans la même erreur que ceux de la Nouvelle-Grcnadc, c'est-à-dire que, dans chaque canton, on l'attribuait à quelque grand bouleversement qui aurait eu lieu à une très-petite distance.
20 février. Chili. M. Vincendon-Dumoulin, ingénieur hydrographe, m'a transmis, sur le soulèvement opéré dans la côte du Chili par le tremblement de terre du 20 février 1835, les curieux renseignements qui suivent :
« Vi»-à-vis du fort Sainte-Catherine, à Talcahuano, il existe un banc de roches, tenant à la terre et terminé du côté de la mer par une tête qui était couverte par les marées les plus faibles; depuis le jour du tremblement elle reste constamment découverte; à peine si les marées les plus fortes amènent le niveau des eaux à son sommet. La petite rivière Fabul, à 22 ou 23 lieues de TalcahuanOi qui
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était, en 1834, encore navigable pour de petits bricks jusqu'à 300 mètres au-dessus de son embouchure, devint guéable après le tremblement On remarqua partout que le lit des ruisseaux et petites Wvières s'était élevé. »
M. Coste, capitaine baleinier, qui a fréquenté longtemps les parages du Chili , m'a fourni de son côté des données qui ne laissent aucun doute sur les soulèvements à la suite des tremblements de terre. Le 15 février 1836, il prend le mouillage à Tabri de l'île Sainte- Marie et laisse tomber Tancre par 9*./i; il ne quitte ce mouillage que le 15 mai. Le 3 mai 1835 il vient pour reprendre son même mouillage. Malgré ses recherches, il ne retrouve que 6". et finit par laisser tomber Taucre à la place qu'il occupait Tannée précédente. En se rendant à terre il aperçoit un bouleversement général ; la côte a changé d'aspect à la suite d'éboulements. Ce qui le frappe surtout, c'est que des rochers qui ne découvraient pas à marée basse et sur lesquels il envoyait ses hommes pécher en ayant de l'eau jusqu'à la ceinture, aujourd'hui sont découverts et ne couvrent plus à marée haute. Les habitants du pays lui apprirent que ces changements sont la suite du tremblement de terre qui a désolé ces pays le 20 février 1835. Ce jour-là, en effet, le capitaine Coste était mouillé près de l'île Lémus, il y éprouva les effets affaiblis du tremblement. A midi , un raz de marée violent fut assez intense pour casser les chaînes des navires le Narwal et ie Gahçe qui se trouvaient avec lui au mouillage.
13 août. Césarée de Cappadoce et ses environs. J'extrais les passages suivants d'une lettre que m'a adressée M. Ch. Texier à la date du 15 septembre : « J'apprends à mon retour de Caramanie qu'une grande partie de la ville de Césarée a été détruite et que vingt villages des environs de cette ville ont horriblement souffert ou ont été entièrement détruits par un tremblement de terre. C'est au pied du mont Argée que les premiers symptômes se manifestèrent La terre s'ouvrit et 11 en sortit d'épaisses colonnes de feu et de fumée. Le mouvement d'oscillation a dû se faire sentir de l'est à l'oueiit, car il n'est question que de la destruction des villages situés sur cette ligne. 11 faut que le tremblement de terre se soit ét(mdu sur une zone d'au moins 5 milles de largeur pour que la ville ait eu à souffrir, car elle est à cette distance du pied de la montagne.
« La plaine de Césarée est formée d'un lit de tuf parfaitement horizontal, fendillé en tous sens par des espèces de vallées à parois verticales que j'avais cru formées par retrait. Les principaux villages des environs sont situés sur le flanc de collines composées
d*an certain nombre de couches volcaniques. Il est probable que les secousses réitérées ont détaché les couches les unes des autres* et qu*il s^est opéré on glissement qui a renversé ces villages dans: rabfme. Voici le récit des faits extrait du Journal de Smyt-ne du 5 septembre :
« Le 13 du mois dernier, vers 5 heures du soir, il s'éleva du pied du mont Ardgeh, contre lequel la ville est adossée, une épaisse fumée d*oû s^échappèrent, avec d'effroyables détonations, des colonnes de fen ; on eût dit Téruption d'un volcan. Au même instant on sentit la terre osciller et un violent tremblement de terre commença. Les secousses durèrent pendant 7 heures consécutives ; elles se succé« daient avec on horrible fracas, sans presque aucune interruption : on se serait cru sur mer pendant une tempête. Plus de 2,000 maisons furent renversées ; la consternation et répouvante étaient à leur comble; les habitants se sauvaient pèle mêle dans les campagnes; plusieurs furent arrêtés dans leur fuite et ensevelis sous les décombres. 11 a péri près de 150 personnes. Jusqu'au 20 on D avait pas cessé de ressentir deux ou trois secousses par jour* mais beaucoup moins fortes que celles du 13 et sans accident remarquable. A cette époque, les habitants de Gésarée, campés dans la plaine ou réfugiés dans les villages, n'avaient pas encore pu rentrer dans la ville ; quelques-uns Tavaient essayé, mais sans pouvoir y rester plus de quelques minutes. Tous les villages situés au sud du mont Ardgeh, sur une ligne de plus de 30 milles, ont horriblement souffert. Il y a péri une quantité considérable de monde et la migeure partie des habitations ont été détruites. Voici les noms de ceux qui ont été le plus maltraités et un relevé de leurs pertes. A Tavlusin, 60 maisons ont croulé et 15 persoones ont péri. — La moitié du village de Tzirlavachi a été détruite; on ignore le nombre des morts, mais il paraît qu'il t été considérable. — A Taxiarmachi , 56 maisons ont été renversées et 20 personnes ont péri. — Kirmir a perdu son principal quartier et il personnes. — Le village de Mahtzosir, où Ton comptais plus de 500 feux, est un de ceux qui ont le plus souflfert: 5 personnes seulement sont parvenues à se sauver. — A Valekes une seule maison a résisté et il a péri beaucoup de monde. — Vekeri a été détruit aux deux tiers. — Versamc a été entièrement anéanti. — Enfin, Kometzi a été englouti et remplacé par un vaste lac. »
13 septembre. Niort et ses environs. D'après une lettre que m'a adressée M. Tribert, on entendit à /i" 30*" du soir un bruit souterrain dans la direction du sud-ouest au nord-est, assez semblable ù celui d'un tonnerre éloigné. 11 se prolongea pendant plus de 10 secondes et
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Ton sentit alors la terre trembler. Le mouvement, assez sensible pour qu'on pût croire du dehors que certaines habitations pussent s'écroulor, se propagea dans un rayon d'une étendue de huit lieues.
27 octobre. Saint-Bertrand-de-Comminges. M. Boubée a écrit à l'Académie des sciences une lettre dont j'extrais les passages suivants : « Vers U heures du matin, le sol a été vivement ébranlé, et à tel point que dans les maisons tous les meubles étalent rudement secoués et soulevés jusqu'à plusieurs centimètres au-dessus du plancher. Tout le monde réveillé en sursaut s'est effrayé d'un tel fracas nocturne, soit à Saint-Bertrand, soit à Loures, Valcabrère, Isaourt, Aula et dans tous nos environs. La secousse s'est prolongée pendant une minute environ ; elle consistait en un mouvement ondulatoire rapide accompagné d'un bruit souterrain comparable au roulement d'une lourde voiture. La direction de cette secousse, qu'il a été facile de reconnaître à Saint-Bertrand, était de l'est-sud-est à l'ouest-nord-ouest, diœction qu'affectent précisément les couches de calcaire compacte du terrain de craie inférieure sur lesquelles Saint- Bertrand est bùti et qui est aussi celle de la chaîne entière des Pyrénées. Une seconde secousse s'est fait sentir une heure après, mais moins forte et surtout moins prolongée. Je ne connais pas de ravages occasionnés par le tremblement de terre; cependant quelques pans de muraille dans mon musée ont été dépouillés du plâtre qui les revêtait, ce qui me fait supposer que des constructions moins solides auront dû éprouver de plus graves dégâts. »
D'autres détails curieux sur le même phénomène ont été rapportés dans une lettre de M. Philippe adressée à M. Cordier : « Je me trouvais, dit ce naturaliste, couché au cirque de Troumouse, le 27 octobre dernier, lorsque, àâ heures moins un quart du matin, une forte secousse de tremblement de terre se fit ressentir. Immédiatement après cette secousse, qui a duré /j à 5 secondes, une colonne d'air sulfuré et brûlant enveloppa tout le cirque. Il y eut une deuxième secousse à dix minutes de la première, mais bien moins forte ; puis une troisième à une demi-heure de la seconde et qui était à peine sensible. Lors de la première secousse, je crus que le cirque allait se combler, car on ne voyait que blocs roulant de tous côtés. »
1836. — 3 décembre. Guadeloupe. «Nous venons, écrit le docteur Lherminier, d'avoir une éruption de la Soufrière, précédée depuis une dizaine d'années do fréquents tremblements de terre et canctérisée par une abondante éjection de laves pulvérulentes ou de cendres volcaniques. Cette éruption a commencé le 3 décembre
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àdeox heures après midi, avec un bruit semblable à celui d*UQ torrent qui descend et roule de grosses roches ; il s'est fait entendre distinctement pendant trois ou quatre minutes. Depuis cette époque la Soufrière n*a point cessé de projeter des cendres ou des vapeurs sulfureuses, dont l'odeur pénétrante se fait sentir Jusqu'à la ville de la Basse-Terre. I^es cendres, obéissant à Taction du vent régnant de Test, se sont étendues jusqu'au quartier des habitants. En gravissant le morne de la Soufrière, on n'en trouve guère que dans Tes* pace compris entre le Grand Piton et la Porte d'Enfer : le plateau en est dépourvu. Le pont naturel est devenu d^autant plus dangereux à passer qu'il est crevassé, que la grande fente fume des deux côtés et qu^une vaste fumerole s'est ouverte à la tète de ce passage et le remplit d'une vapeur chaude et suffocante qui a failli asphyxier If. Daver, officier de santé de la marine, dans l'expédition qu'il y a faite. »
1837. — 12 février. Guadeloupe. Le 12 de ce mois une ouverture s^est faite dans la partie nord-ouest de la montagne, et une énorme quantité d'eau et ce cendres en est sortie qui a pris son cours par la voie de Faujas, faisant déborder toutes les rivières qui s'alimentent de ce côté. Dans certains endroits de cette voie l'eau s'est élevée & plus de 7 mètres et a entraîné tous les rochers qui lui faisaient obstacle.
28 mai. Martinique. M. Moreau de Jonnès a annoncé ce phénomène à l'Académie dans les termes suivants : a Un tremblement de terre a eu lieu à la Martinique le 28 mal dernier, à 6** 35" du matin. La secousse a été très-forte. 11 est remarquable qu'aucun des phénomènes volcaniques qui ont eu lieu récemment à la Guadeloupe ne s'est étendu à la Martinique, dont les volcans éteints n'ont donné aucun signe d'activité. »
18 et 19 octobre. Acapulco (Amérique). Un tremblement de terre a, dit-on, détruit presque complètement cette ville.
7 novembre. Chili. Un tremblement de terre a détruit la ville de Valdivia. Le capitaine Coste constate, le 11 décembre, que ce tremblement a élevé le fond, près de l'île Lémus, de plus de 2".30; des roches jadis toujours cachées par la mor restent constamment découvertes; une énorme quantité do coquilles et de poissons en décomposition apportés sur la plage, soit par un soulèvement brusque, soit par les oscillations de la mer, attestent l'événement encore récent. Une grande quantité d'arbres déracinés et enlevés par la mer dans ces ébranlements terrestres, garnissent la côte.
M. Gay, dans une lettre quMl m*a adressée, ajoute les détails sul«
Ui SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRB
vants : a Le fait le plus remarquable, dit-il , et qui semblerait prouver que le mouvement a eu lieu dans une direction verticale, c'est qu'un grand mât enfoncé de plus de 10 mètres dans la terrasse du fort de San-Carlos et assujetti par trois morceaux de fer, a été si bien enlevé que la terre des environs n'a laissé aucune espèce de mftchure : le trou est resté tout à fait rond et d'une régularité presque parfaite. »
Dans une lettre que M. Vincendon-Dumoulin m'a écrite au sijget de ces phénomènes, se trouve rapportée une bien curieuse coïncidence. «Vous vous rappelez, me dit M. Dumoulin, que le tremblement de terre qui détruisit la ville de Valdivia eut lieu le 7 novembre 1837. Or, il résulte des journaux tenus par les missionnaires français établis aux îles Gambier que, dans ces îles, le 7 novembre 1837 fut marqué par un mouvement extraordinaire des eaux de la mer. Entre midi et 1 heure de raprès-midi , M. Chausson, curé de l'Ile Taravaî, remarqua que la mer montait rapidement. Ce mouvement ascensionnel fut de peu de durée et trois minutes après la mer commença à baisser, atteignit le niveau des plus basses marées d'équinoxe et remonta de nouveau. Dans Tespace de quatre heures ces oscillations donnèrent lieu à dix marées hautes et autant de marées basses. Cette sorte de retentissement du tremblement de terre de Valdivia, dans des îles situées à 42 degrés environ plus à l'ouest, me semble un fait bien remarquable. »
Aux îles Samoa ou des Navigateurs, les 7 et 8 novembre 1837, des tremblements de terre se firent sentir aussi presque sans interruption; la confusion la plus grande agitait la population; le 8 à 2 heures après midi , commencèrent les oscillations verticales du niveau de la mer ; on a constaté qu'elles se prolongèrent plus de trois heures.
Dans les îles Vavao, on observa de même, le 8 novembre, une oscillation extraordinaire des eaux de la nier, un mouvement de flux et de reflux se reproduisant toutes les dix minutes, et cela pendant plus de trente-six heures.
25, novembre. Banc de Ualiama. ISI. Moreau de Jonnès a communiqué à TAcadémie des sciences le fait suivant : Le 25 novembre 1837 le brick ie César, du Havre, en passant sur le banc de Bahama, aperçut un feu qui devint énorme et s'accrut au point que le ciel et l'horizon semblaient être enllaininés. Ce phénomène, dont le brick fut témoin pendant quatre heures, parut être, au capitaine et aux passagers, une éruption volcanique sous-marine. Le 3 janvier suivant le capitaine de fa Stjij/ifffe, du Havre, étant dans le même parage, y trouva troubles et blanchâtres les eau\ de la mer qu'il
avait toujours vues limpides dans le cours des douze voyages qui Tavaient conduit sur le même banc.
30 novembre. Martinique. M. Moreau de Jonnès a adressé à TAcadémie des sciences la note suivante : « Le 30 novembre 1837, & 8**30" du soir, il y a eu un tremblement de terre à la Martinique. La secousse a été forte. La température de la journée avait été très-élevée et avait contrasté remarquablement avec la fraîcheur des jours précédents. »
1838. — 23 janvier. Constantinople. M. Tamiral Roussin , dans une lettre quMl m'a adressée de Thérapia, à la date du 27 janvier, DOte le fait suivant : a A 9^ 35", nous ressentîmes deux secousses; elles avaient lieu dans le sens du méridien, qui est la direction de la partie du Bosphore sur laquelle nous habitons. L'air était calme pendant la secousse; mais le vent du nord, qui régnait un peu avant, a recommencé aussitôt après. Le mouvement ne parait pas s'être fait sentir sur la rive asiatique du Bosphore. »
23 juin. Pesaro. M. Mamiani . dans une lettre qu'il m'a adressée, rapporte que, lors du tremblement de terre ressenti à Pesaro à 9* 55* du soir, le niveau de l'eau dans les puits a varié, ainsi que cela 88 remarque souvent au moment du phénomène ; mais tandis que, dans la plupart des cas, c*est un abaissement qui s'observe, dans celui-ci l'eau a monté en quelques instants de 1*.50 à 2 mètres.
1839. — 1*' janvier. Vésuve. A 6 heures du matin commença une éruption du volcan que M. Léopold Pilla a étudiée et qu'il a décrite avec beaucoup de soin dans une lettre adressée à M Élie de Beaumont et insérée dans les Comptes rendis de i Académie^ t. Vill, p. 250. « Une pluie inusitée de lapilli tomba sur Naples et Résine, et dura 2 à 3 minutes. Un courant de lave très-rapide déborda de l'intérieur du cratère du côté de l'Ermitage. Ce courant, dans Fespace d'une demi-heure, atteignit le pied du cône et s'avança presque un mille tu delà. Le 2, à la même heure que la veille, le volcan eut un paroxysme nouveau et beaucoup plus énergique. Après une projection de fumée du plus bel effet , la montagne fit entendre des bruits sourds très-forts et très-fréquents. Alors deux autres courants débordèrent du cratère : l'un du côté de Résine et l'autre de Pompéi. L'éruption continua avec la môme intensité pendant toute la journée» et le soir elle offrit le spectacle le plus magnifique qu'il soit possible de contempler. Le sommet du volcan présentait une grande masse de feu , dont une portion coulait en bas en forme de rubans enflammés et l'autre était lancée très haut, sous forme d'une tempête
de pierres ou plutôt de quartiers de montagne brûlants qui , en retombant sur les flancs du cône, le recouvraient comme d'un manteau de feu. Diaprés les observations de M. Gapocci, les pierres étaient lancées jusqu'à la hauteur de 360 mètres environ au-dessus de la bouche. Les explosions se faisaient presque sans interruption, comme si elles étaient produites par un souffle souterrain continu. Au milieu des colonnes ardentes on voyait jaillir des éclairs dans des directions très-variables : le plus souvent lis s'élançaient de bas en haut ; quelquefois leur mouvement était transversal et souvent aussi de haut en bas. Le 3, Téruption s'afTaiblit beaucoup ; mais les jeux d'électricité étaient dans leur maximum au milieu de la colonne de fumée s'élevant du volcan; ils étaient visibles même en plein jour; on les voyait se succéder dans l'intervalle d'une à deux minutes; aucun bruit ne les accompagnait ni ne les suivait. Pendant que les choses se passaient ainsi dans la partie occidentale du volcan, on voyait, dans la partie méridionale, des phénomènes d'un ordre difTérent. La masse de fumée, rejetée le matin et entraînée par le vent du nord du côté de Castellamare , produisait une pluie si dense de lapilli que toute la plaine en fut recouverte en peu d'heures d'une couche do 11 à 16 centimètres. Toutes les plantes potagères et céréales, toute la végétation herbacée fut détruite dans ces campagnes. Les routes, les toits même des maisons en furent encombrés et l'on en amassa une si grande quantité dans les rues qu'on n'y pouvait plus marcher. L'éruption se ralentit à partir de ce jour, et le 5 elle s'éteignit entièrement, »
M. Capocci, dans une lettre adressée à M. Élie de Beaumont, a annoncé qu'après l'éruption du 1" janvier, la déclinaison de l'aiguille aimantée a brusquement diminué d'un demi-degré au moins.
il janvier. Martinique. M. Pacine, enseigne de vaisseau à bord de fa Recherche, a décrit en ces termes un tremblement de terre ressenti dans cette île :
« n était six heures du matin lorsque le navire fut ébranlé dans toutes ses parties par la secousse qui a duré près de /iO secondes. Les mâts de perroquet fouettaient comme des bambous. Quelques secondes après, je vis s'élever sur le rivage une espèce de vapeur que je pris pour l'écume de la mer poussée hors de ses limites, mais c'était une illusion , car cette vapeur s'échappait par les crevasser du terrain. Alors l'écroulement des maisons commença: celles qui bordaient le rivage s'abattirent en formant des flots de poussière, comme une lame qui se recourbe en déferlant Un épais nuage de plâtre fit disparaître la terre à nos yeux pendant plusieurs
ET LES ÉRUPTIONS VOLCANIQUES. Ul
minutes; du milieu de ce chaos s'éleva un cri épouvantable formé des milliers de cris des malheureux habitants. Tous les équipages des b&tjments, au nombre de cinq cents hommes , étaient à terre dix minutes après. En quelques heures deux cents personnes encore vivantes furent retirées dos décombres, et le soir on avait trouvé quatre cents cadavres. L'hôpital militaire et maritime avait été détruit de fond en comble. Figurez-vous les deux murs s'abattant Tun rers Fautre et le toit par-dessus; cependant, nous eûmes le bon* heur de sauver quelques hommes encore vivants, n
lA avril. Alger. If. le docteur Guyon a décrit en ces termes un tremblement de terre ressenti à Alger :
« Dimanche dernier, i/i du courant, à 2^ 5" de l'après-midi, nous avons entendu un bruit souterrain, dirigé du sud-est au nord-est, et qui a été immédiatement suivi d'un ébranlement général des édifices et des maisons ; çà et là dans la ville, quelques pans de murs, qui déjà menaçaient ruine, se sont écroulés. La secousse a duré de deux à trois secondes et s'est fait un peu plus sentir dans le haut de la ville que dans la partie basse ou maritime. Au moment même où elle eut lieu, l'atmosphère était calme, le ciel beau, avec un très-léger souffle du sud-est. Dans la maison que j'occupe y située sur un rocher baigné par les eaux de la mer, à 9*". 70 environ au-dessus de son niveau, le baromètre marquait 760 millimètres; le thennomètre centigrade 17^.5; l'hygromètre de Saussure, 67^ La nuit précédente, par un calme plat, nous avions essuyé un orage qui différait des orages ordinaires; il semblait se passer dans les régions les plus inférieures de l'atmosphère. Il fut accompagné et suivi de la chute d'une grêle sèche et très-abondante, qui tombait par masses, sans régularité. On eût dit qu'on la versait par tonneaux à peu de distance au-dessus de la surface du sol. »
Une seconde lettre de AL le docteur Guyon ajoute les détails suivants :
« La secousse de tremblement de terre s'est fait assez fortement sentir à Constantine, surtout au centre de la ville. On n'a rien ressenti à Oran ; mais par une sorte de compensation, cette ville a été on ne peut plus maltraitée par un ouragan , pendant les trois jours qui ont précédé l'événement, c'es^à-diro les 11, 12 et 13 avril. Dans le cours de cet ouragan, dont le pareil ne s'était pas encore vu depuis notre occupation en Afrique, la plupart des biUiiuonts qui étaient dans les ports de Mers-el-kébir et d'Arzew ont été jetés à la côte. Il était accompagné d'une mer affreuse, qui a détruit tous les travaux du quai de la ville, ainsi que ceux de la nouvelle route de Mers-el-Kébir. Pareil temps régnait à la mùme éi)oque , à lk>ne ,
SiS 5CR LES TREMBLEMENTS DE TBnnB
où notre tremblement de terre paraîtrait ne 8*ètre pas fait sentir non plus. »
2 août I^ Martinique. D'après une communication faite à TAcademie par M. Moreau de Jounès , ce nouveau tremblement a eu lieu à 2^ 65* du matin. 11 s'est formé de deux secousses aussi violentes que celles du mois de janvier ; mais avec cette diflTérence notable qu'elles n'ont pas eu lieu de bas en haut, ce qui fait qu'elles n'ont pas produit les mêmes désastres. Cependant les murs, déjà ébranlés par le premier tremblement de terre , se sont écroulés; bon nombre de ceux nouvellement construits se sont lézardés. On n'a eu à regretter cette fois la mort de personne, quoiqu'il y ait eu beaucoup d'accidents.
iSâl. — 25 Janvier. État de New-York (États-Unis). M. de Gastelnau rapporte que les secousses, qui ont duré de 15 à 20 secondes, étaient accompagnées d'un bruit comparable à celui produit par le passage de lourdes voitures. La direction du mouvement était de l'ouest à l'est.
U Juillet. Un tremblement de terre assez intense a été ressenti dans le centre de la France, pendant la nuit du /i au 5 Juillet 1841. Je vais présenter ici un résumé de la communication que J'ai faite à l'Académie des sciences dans la séance du 12 Juillet, d'après les indications qui me sont parvenues sur ce phénomène.
Dans le département de l'Indre. Une première secousse s'est fait sentir le 29 juin à 10 heures du matin, suivie d'une seconde à quelques minutes d'intervalle; elles étaient légères mais accompagnées d'un bruit souterrain saccadé et prolongé. Le lendemain, à 11^ 30*, le même phénomène se répéta, mais avec plus d'intensité. Les quatre jours suivants, il régna un grand vent du sud-ouest. Dans la nuit du /i au 5 juillet il se fit une détonation tellement forte et une secousse si violente pendant 10 ou 12 secondes que plusieurs personnes furent retournées dans leur lit ou jetées à terre, et qu'alors toute la population se précipita hors des habitations, attendant avec anxiété ce qui allait suivre , car déjà des cheminées et des pierres de taille étaient tombées des maisons, et dans plusieurs endroits les poules, renversées pêle-mêle de leur perchoir, poussaient des cris d'efTroi ; les chiens hurlaient, les bœufs mugissaient et paraii-saient dans une grande inquiétude , des chevaux marchant sur la route s'étaient arrêtés tremblants et ne voulaient plus avancer, enfin un effroi général semblait s'être emparé de la nature quand une nouvelle secousse, un quart d'heure après, presque aussi violente que la première, vint y mettre le comble. On éprouva une
ET LES ÉKCPTIONS VOLCANIOUFS. «Î9
troisième secousse à 4 heures du matin ; elle fut moindre que les autres, et si une quatrième, deux lieures plus tard, so fit encore ressentir, elle fut presque insensible. Le mouvement a semblé à beaucoup de personnes venir du sud et marcher vers le nord.
Au Blanc-sur-Indre, on a re^'senti, à minuit 25 minutes, une secousse assez forte pour ébranler les meubles. Le ciel était un peu orageux, mais calme.
Le 30 juin et le i^' juillet iSûi, des secousses furent ressenties à Chàtillon-sur-Indre et à Buzançais. La secousse du 30 juin eut Heu à il heures i//i du matin. Un roulement Tannonça. Les portes et les fenêtres battirent; des chaises, des ustensiles de cuisine oscillèrent A il heures 25 minutes, on ressentit une seconde secousse, moins forte que la précédente.
A Amay-le-Duc (Côte-d'Or), entre minuit et minuit et demi, on ressentit trois secousses assez violentes pour avoir remué fortement des chaises et des lits.
A Bourges, à minuit et demi, il y eut un mouvement de soulèvement et deux secousses; on entendit un grand bruit comme si Ton eût Jeté un lourd fardeau dans les étages supérieurs. Ciel clair, vent frais. Les factionnaires de garde à la porte de don Carlos croyaient que la cathédrale allait tomber. Les soldats du régiment d^artillerie sont descendus dans la cour de la caserne. Vers 3 heures on ressentit encore une secousse très-faible.
A Caumaire, près de Rochemore, au sud de Tours (Indre-et- Loire), on ressentit vers minuit une forte secousse dirigée du nord au sud, d'une durée de 2 à 3 secondes. On entendit un bruit semblable à celui qu*une douzaine de diligences auraient pu faire en roulant simultanément sur le pavé. Dans la soirée, on avait remarqué que les nuages les plus élevés étaient poussés par le vent du sud et les plus bas par le vent du nord.
A Langé, canton de Valençay (Indre), à minuit 28 minutes, la plus forte secousse; la seconde /i à 5 minutes après la première ; la troisième à 3* /iû"; la dernière, très-faible, à 3* 65". La direction des secousses a paru être du midi au nord. Le ciel était chargé au couchant, et le vent d'ouest s'eM élevé après les secousses. Partout les populations ont été réveillées et sont sorties en tumulte.
A Pont-le-Voy, à minuit et demi, première secousse dirigée du nord au midi; bruit sourd et profond; les meubles tremblèrent. A 3 heures et demie, nouvelle secousse, vent très-fort. 11 pleuvait abondamment.
A Quinçai, commune de Meusnes, près SelIes-sur-Cher, à /iO kilomètres au sud de Blois. A minuit ^0 minutes une forte secousse pa-
raissant aller de Touest à l'est. Bruit semblable à celui que produit une voiture roulant sur des pierre^;. Vers 3 heures et demie s(iCousse moins forte que la première. Le tonnerre grondait alors dans le lointain.
PWîs de iNogant-sur-Vernisson ( Loiret) , à minuit trois quarts, violente secousse, dirigée du nord au sud; les objets se mouvaient à la vue; le ciel était chargé, mais calme; on éprouvait une chaleur étouflante.
A Chartres, vers minuit et demi , une forte secousse. U y avait alors un violent orage.
A Donnemarie (Seine-et-Marne), à minuit l^Q minutes, trois fortes secousses dirigées en apparence du sud au nord. La seconde fit craquer les portes.
A Rambouillet, vers minuit 37 minutes, violente oscillation de Touest à Test, avec bruit très-fort. FiOs vitres, les portes, les meubles faisaient un horrible tapage. Le ciel était calme, mais Forage approchait.
A Petit-Vaux, commune d'Épinay près de Lonjumeau, vers minuit et demi , il y eut une forte secousse.
A Grignou (Seine-ct-Oisc), vers minuit et demi, on éprouva une assez forte secousse, dirigée du nord-est au sud-ouest; elle s'est renouvelée presque immédiatement après.
M. Jomard, membre de l'Institut, a ressenti, à Orsay (22 kilomètres de Paris), à minuit et demi, une forte secousse dirigée du sud au nord; puis i seconde plus faible; puis 5 autres plus faibles encore. Kn tout 7 secousses.
A Chevreuse, vers minuit et demi, forte secousse dirigée du nordest au sud-ouest.
M. Champollion, un des conservateur? de la Bibliothèque royale, à Sèvres (Seine-ot-Oise), a ressenti, vers minuit et demi, 3 secousses successives dirigées de l'ouest à Test.
A Meulan ( Scine-et-Oise), vers minuit et demi, 3 secousses successives dirigées du nord au sud.
A Courcelles, canton de Marines, arrondissement de Pontoise, vers minuit et demi plusieurs secousses.
A Paris, on ressentit, vers minuit et demi, une secousse ondulatoire dirigée du nord-est au sud-ouest. Deux autres secousses succédèrent à celle-là, à des intervalles de 3 à û secondes. D'api-iis les registres de l'Observatoire, le tremblement de terre de la nuit du ^ au 5 juillet n'a altéré ni la marche de l'horloge de temps sidéral, ni la marche de Thorloge de temps moyen. Les balanciers de ces deux horloges oscillent dans le plan du méridien. Vne per-
turbatlon de 2 dixièmes de seconde aurait été manifeste. On s^est également assuré, par la comparaison des observations antérieures au tremblement de terre avec les observations postérieures, que rhorizoDtalité de Taxe de la lunette méridienne n'a pas seulement changé de 3 dixièmes de seconde de degré. La coUimation du cercle mural est également restée constante.
Le 5 août. Saint-Pierre ( Martinique ). Un fort tremblement de terre se fit sentir k i^ 42". Les oscillations avaient lieu dans le sens horizoutal et étaient dirigées du nord-est au sud-ouest. On nota trois secousses dont Tintensité allait en augmentant. Le thermomètre marquait alors 33*.i, et depuis quelques jours la chaleur était accablante. Un quart d*heurc après le phénomène le baromètre avait baissé de 2 millimètres, et le temps avait tourné & la pluie.
i8/i2. — 5 février. M. Daussy avait cru pouvoir déduire de ses études Texistence d*un volcan sous - marin par environ 0" 20' de latitude sud et 22" de longitude ouest. Il lut à ce sujet à TAcadémie une note, dans la séance du 16 avril 1838. I^es deux observations suivantes sont venues ultérieurement confirmer son opinion. Le capitaine Mason, commandant le Neptune ^ a écrit sur sou journal : « Le ô février 18û2, à 5 heures du matin , étant par 0* 57' de latitude sud et 20° IxT de longitude ouest de Greenwich (23* 7' ouest de Paris), on ressentit à bord du navire le Neptune, venant de Chine en Angleterre , une secousse ei un tremblement semblable à ce qu'éprouverait un bâtiment en passant sur un récif de corail. L'équipage et les passagers montèrent en toute hâte sur le pont, s'imaginant que le navire avait touché. Ce mouvement dura près d'une minute et fut accompagné d'un bruit sourd semblable à un roulement Vingt>-huit jours après, nous communiquâmes avec le HarrUson qui venait de l'Inde. On avait ressenti à bord de ce bâti* ment une secousse semblable â la même heure et lorsqu'on était par 0* 30' sud et 21* 55' ouest ( 2/1" 15' ouest de Paris ). Une lettre de 11. Rackham, commandant le navire Àwne- Marie ^ do Liverpool» datée de Bombay, le 22 mai 18û2, rapporte les faits suivants : « 1^ 19 janvier, reconnu Tile de Fer; passé ensuite à l'ouest dos llojs du Cap- Vert. L^ 5 février, brise légère, mer calme, beau temps. A 5 heures du matin je fus réveillé par une secousse violente du navire et par un bruit sourd imitant un roulement. Ma première idée fut que le bâtiment avait touché sur un danger, la seconde qu'il avait été foudroyé et que les mâts étaient toml)és. Étant monté sur le pont et ayant regardé de tous côtés, je vis le navire parfaitement sur l'eau, mais éprouvant un ébranlement comme s'il allait être mis en pièces.
f52 SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE
de telle sorte que le timonier ne pouvait pas tenir la barr^ Tout réquipage fut bientôt sur le pont, frappé d^une terreur panique par cet effrayant tremblement de terre qui dura près d'une minute. A 5** 50" on ressentit un choc plus léger; à 9*45" un autre encore plus faible; enfin, à près de midi, un dernier à peine sensible. A midi la latitude fut observée de 0» U^' sud et la longitude do 20* 16' ouest de Greenwich ( 22<> 36' ouest de Paris) ; de 5 heures à midi la route avait été le sud-ouest 26 milles, ce qui donnerait pour la position de 5 heures du matin 0** 26' sud et 22" 21' ouest. »
18 avril. Athènes. A 10** 5" du matin on a ressenti un tremblement de terre qui s'est produit également à Maîna et dans la chaîne du Taygète.
7 mai. Saint-Domingue. A 5 heures du soir, on ressentit dans une grande partie des Antilles de violentes secousses. La ville du Gap a beaucoup souffert; en d'autres lieux nombre de maisons ont été détruites. Les secousses se sont répétées les deux jours suivants.
En décembre. 11 y eut une magnifique éruption de TEtna; les va^ peurs rassemblées et les cendres lancées par le cratère atteignaient à une hauteur de 1,300 mètres au-dessus du sommet du volcan.
18^3. — 8 février. Guadeloupe, à 10* 35* du matin. 11 y eut un tremblement de terre aux Antilles qui détruisit la Polnte-ù-Pître. La plus violente secousse dura 90 secondes. On éprouva des mouvements du sol jus'iirau 17 mars et des secousses journalières pendant une partie de Tété. M. Hippolyte Chocque, habile horloger établi dans la ville, a décrit en ces termes les particularités de Tévénement dans une lettre adressée au gouverneur de l'île, M. le contreamiral Goubeyre : « L'heure à laquelle le phénomène a eu lieu diffère dans toutes les relations qui ont été publiées jusqu'à ce jour. Gomme les secousses se sont fait sentir à d'assez grandes distances, il importe que le point de départ soit bien déterminé. Mieux que personne je puis vous garantir l'instant précis où le phénomène a commencé. Averti par le bruit souterrain qui précéda les secousses, je me plaçai avec empressement devant ma pendule astronomique, dans le double but de l'observer et de la garantir. Get instrument, dont l'état absolu était toujours bien déterminé par de nombreuses séries d'observations, marquait exactement 10** Û9" 30* temps moyen. A la première secousse, les oscillations de mon pendule eurent lieu d'abord du nord au sud, puis immédiatement de l'est à l'ouest, puis circulairement; enfin, le plancher cédant sous moi , je tombai avec ma maison. Sous les décombres, et vers la fin du phénomène, je pus remarquer que les secousses avaient lieu de bas en haut, ou plutôt
par trépidation. Le peu d'inten'alle qui s'est écoulé entre le commeacement des secousses et ma chute ne m^a pas permis d'observer Taiguille magnétique ni Tliygroroètre. I^e baromètre faisait des oscilhtioDs de 50 à 60 millimètres par TefTet du mouvement de la terre. A 9 heures il marquait 767 millimètres et le thermomètre centigrade 29* à Tombre. Le temps était remarquablement beau ; Tatmosphère, chargée de quelques nuages le matin, était devenue parfaitement pure une demi-heure avant Tévénement Un phénomène dont J'ai été seul témoin dans Tendroit où j'étais, mais qui , au dire de plusieurs personnes, s'est répété dans d'autres , c'est que, au moment de ma chute avec la maison , j'ai vu une flamme bleu&tre sortir de terre et s'élever à environ 2".5 du sol; sa largeur pouvait être de O".30 à sa base. > M. Deville a réuni de son côté de nombreuses ol)sor\'ations. Diverses crevasses longitudinales du sol ont projeté de Têtu et des matières boueuses à une hauteur atteignant i".50. Des éboulements considérables ont eu Heu dans les falaises qui bordent la mer et dans les massifs plus puissants et plus accidentés des chaînes volcaniques. Cet observateur a constaté que la secousse s'était fait sentir & Cayenne et dans quelques points de l'Amérique du Nord.
17 mars. M. Géloron de Blainville a fait à l'Académie des sciences la communication suivante : « Entre la pointe orientale de Marie- Galante et la Guadeloupe, à mi -canal à peu près, une très-forte colonne d'eau d'une couleur noirâtre jaillissait à une grande hauteur dans l'air en tourbillonnant; elle s'élevait par jets et tout à lentour, dans une distance assez étendue, la fumée ou plutôt la vapeur couvrait la mer; ce phénomène a duré environ une demiheure C'est probablement à l'action de ce volcan sous-marin, dont l'éruption vient de se manifester, que doivent être attribuées les secousses répétées de tremblement de terre depuis l'épouvantable catastrophe du 8 février et peut-être la catastrophe elle - même. J'en ai compté dans une nuit jusqu'à cinq ; d'autres personnes en ont ressenti davantage. »
2 mai. Ferme (Italie). A Grotta-a-Mare, dans la délégation de Fermo, on ressentit un tremblement assez fort. Une roche se détacha des montagnes qui s'étendent le long de la via Aprutina. Plusieurs individus ont péri.
25 juillet Temeswar (Hongrie). On a ressenti un fort tremblement précédé d'un balancement du sol avec un bruit de croulement souterrain. Des maisons ont été renversées dans cette ville.
ilx septembre. Croatie. 11 y eut dans les vingt-quatre heures 10 secousses au moins produites alternativement par ondulation et par
t54 SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE
soubresaut Elles se sont fait sentir à Raguse, à Ombla et dans THerz^govine. La mer était très-agitée dans le port de Gruvosa et dans la baie de Raguse. Le phénomène a été ressenti dans nie de Gurzola, où le baromètre a descendu de 16 millimètres. Dans ces différents lieux, dit M. Colla, les secousses les plus fortes furent précédées par des détonations, des bruits souterrains ou un frôlement dans Pair, semblable à celui que produirait une troupe d^oiseanx On n*a pas appris qu*il y ait eu de désastres, bien que répouvante des populations ait été extrême.
18 octobre. Rhodes. On éprouva pendant 30 secondes une violente secousse dirigée du sud au nord. A Ffle de Kalki , située dans le voisinage de Rhodes, des b&timents ont été renversés et une montagne s'est écroulée.
26 octobre. Erzéroura (Arménie turque). On a ressenti à 11* 30* du niatin une violente secousse ondulatoire dirigée du sud au nord. Quatre ou cinq personnes ont péri ; la population a quitté la ville.
22 décembre. Cherbourg et Saint- Malo. A quatre heures moins quelques minutes de Taprès-midi, on a ressenti un forte secousse. On s'en est à peine aperçu dans l'intérieur de la ville, mais elle a été très-forte dans tout le quartier de Miellés et à Tourlaville, etc. Le phénomène s'est produit également à la même heure aux environs de Saint-Malo, et plusieurs habitants de Paramé ont rapporté que leurs maisons avaient été ébranlées.
18ÛÛ. — 2 février. Sicile. On ressentit pendant la nuit, dans une des soufrières de la province de Caltanissetta, une secousse Bsst^i intense accompagnée d'éboulement Deux ouvriers furent ensevelis sous les terres.
12 mai. Ispahan (Perse). Un tremblement de terre a renversé nombre d'édifîces et même une mosquée. Le phénomène s'est étc^ndu sur une grande surface, dans l'AdiThaïdjan et l'Irak, par exemple. Mianeh, située à quelque distance deTauris, paraît avoir le plus soufifert. La moitié des n aisons s'est écroulée et une partie de la population a péri.
29 août Cayenne. A 3** 30" du matin on a ressenti dans quelques quartiers do la colonie ainsi qu'à Cayenne un tremblement de terre assez fort. Une pronii<'Te secousse a duré 8 à 10 secondes; une deuxième 2 ou 3 secondes seulement.
18Û5. — 19 février. Nouvelle - Grenade. M. le colonel Joaquin Acosta a fait à l'Académie des sciences la communication suivante : « Vers? heures du matio on entendit un grand bruit souterrain sur
les bords de la Madelaioe, entre deux points éloignés de plus de à myriainètres. Ce bruit subit fut suivi d*une secousse de tremblement de terre. Ensuite il descendit du nevado de Ruiz, par le rio Laganilla dont les sources sont près du groupe volcanique de Ruiz, un immense flot de boue épaisse qui, remplissant rapidement le lit de cette rivière, couvrit ou entraîna les arbres et les mai.^ons, ensevelissant les hommes et les animaux. Toute la population de la partie supérieure et la plus étroite de la vallée du Lagunilla a pérL Dans la partie inférieure, plusieurs personnes se sauvèrent en fuyant latéralement vers les hauteurs ; d^autres restt^rcnt isolées sur les aommets de monticules où il fut impossible de les secourir assez à temps pour les arracher t la mort. On porte à 1,000 le nombre des Tictimes. Arrivant dans la plaiuo avec imi)étuosité, le courant se divisa en deux bras : le plus considérable suivit le cours du liagunilla, se dirigeant ainsi vers la Aiadelaine; l'autre, après avoir franchi une arête assez élevée, parcourut la vallée de Santo-IX>mingo, bouleversant et entraînant des forêts entières qui allèrent se préeipiter dans la rivière de Sabandija et y former bientôt un immense barrage. Le danger d^une inondation des terres en aval devenait imminent Heureusement ur.e pluie abondante, survenue dans la nuit, fournit aux eaux une impulsion sullisante pour se frayer un passage à travers cet amas d'arbres brisés , de sables, de roches et de boue fétide, mélangé d'énormes blocs de glace descendue de la Cordillère en telle abondance qu'ils n'étaient pas entièrement fondus après plusieurs jours par une température de 28 à 'i9*. Or, cette masse de glace était descendue d'une hauteur de 6,800 mètres, qui est la limite des neigea perpétuelles sous cette latitude de k* 50'. Cétait la première fois, de mémoire d'homme, que les boitants des bords embrasés de la Madelaine avaient vu de près de Teau solidifiée par le froid ; plusieurs personnes furent geléi». La profondeur de la couche de boue varie beaucoup ; vers la partie supérieure elle atteint souvent 5 à 6 mètres. 11 y aurait , par un calcul approximatif, plus de 300 millions de tonnes de matière éboulée, sortie à l'état de pftte molle et très-homogène, des flancs du volcan de Ruis dont l'altitude, d'après M. Degenhart, est de 6,000 mètres. (jomme à l'époque des grands tremblements de terre de 1828 , on a remarqué dans les viviers une énorme quantité de poissons morts. » Septembre. Islande. L'Hécla a fait une éruption tell<^ment considérable, qu'on a recueilli une grande quantité de cendres sur les Orcades et que tous les bâtiments qui naviguaient dans ces parages furent recouverts d'une couche de poussière vclcanique de plusieurs centimètres d'épaisseur. Le courant principal delà lave avait 16 kilo*
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inôtrcs de longueur, 2 kiloniMres dans sa plus grande largeur et une épaisseur de 15 à 25 mètres.
i8/i6. — Le 3 février commença une éruption du Vésuve* qui se ranima à différentes reprises et éleva sensiblement Toltitude du côn»î ardent.
ili juin. Pointe-à-Pftre (Guadeloupe). M. Moreau de Jonnès a fait h TAcadéan'e la communication suivante : « Depuis 3 beures apros midi jusqu'au soir on avait ressenti quelques Itères oscillations du sol. Ce fut à 9" ô"" qu'un bruit souterrain très-effrayant se fît entendre et fut immédiatement suivi d'un fort tremblement de terre. Jusqu'à 10 beures du matin il y eut une dizaine de secousses, mais beaucoup moins fortes que celles de la nuit. Alors il éclata sur la ville un ouragan qui cessa tout à coup lorsqu'une grande explosion fut entendue. Ces pbénomènos semblent avoir été circooscrits dans l'ile volcano-calcaire de la Grande-Terre où glt la Pointe-j^ Pitre; et, ce qui est remarquable, l'ile de la Guadeloupe proprement dite, qui lui est adjacfMite, et dont les volcans ne sont pas entièrement éteints, n'a éprouvé aucune de ces commotions, malgré l'identité d'origine des deux îles. »
25 juillet Smyrne. Il y a eu un fort tremblement de terre; la direction des secousses était du nord-ouest au sud-est.
29 juillet Bords du Rhin. M. Daubrée a fait connaître à l'Académie un tremblement de terre (jui s'est étendu depuis Dûsseldorf, Elberfeld et Olpe, vers le nord, jusqu'aux environs de Nancy, de Strasbourg et de Fribourg en Brisgau, vers le sud; vers l'est il a affecté les environs de Stuttgart, de Wùrtzburg et de Kissingeneu Bavière; à l'ouest, Metz, Tliionville, Aix-la-Chapelle et Liège l'ont au.ssi éprouvé. La surface d'ébranlement comprend environ 72,700 mètres carrés ; ses deux principales dimensions linéaires sont 330 et 270 kilomètres. Dans l'ét^^ndue de cette région, deux secousses, et trois sur quelques points , se sont fait sentir. Elles ont eu lieu entre 9" 25" et 9** /i5" du soir et ont été décrites généralement comme un mouvement ondulatoire horizontal. Elles ont été particulièrement prononcées pour les personnes habitant les étages élevés des maisons ou les tours des églises; dans quelques-unes de celles-ci, comme à Francfort et à Giess(;n, les cloches se sont mises en mouvement. Il parait que l'ébranlement a été particulièrement intense dans un espace à peu près triangulaire comprenant Wiesbaden et dont kreutznach, Francfort et lioppart occuperaient les sommets, c'est-à-dire à proximité de diflërents accidents volcaniques anciens. Néanmoins, sur les bords du lac de Thun, près du village de Kaudergûen, un
grand éboalement de la montagne de Thun a coïncidé avec Tinstant du tremblement des contrées rhénanes.
là août. Toscane. M. Léopold Pilla m*a adressé une très-intéressante communication sur le terrible phénomène qui a ravagé, le i& août, une partie de ritalie. Je crois devoir en extraire les passages qui suivent :
c Dans le cours de cet été il y a en presque partout, en Italie, une grande sécheresse ; elle a été surtout remarquable à Naples et en Toscane. Dès le commencement d^août, divers bruits circulaient sur la sécheresse extraordinaire de toutes les sources dans les environs de Naples : on disait surtout que la population du VésQve était, pour ce motif, en grande appréhension, qu'on craignait une grande éruption. Une sécheresse insolite aflOigeait aussi les pays de la Campanie.
«Le matin du 14 août, Tatmosphère était, à Pise, sereine et tranquille, comme dans les jours précédents. A 11 heures j^étais dans le Muséum d'histoire naturelle de TUniversité. Cet établissement est situé du côté occidental de la ville. A midi J'étais occupé à ranger des minéraux dans la salle de minéralogie, dont les nombreuses croisées permettent de voir dans la direction de la campagne et dans celle de l'intérieur de Pise. Pendant ce travail , j'éprouvais une chaleur étouffante, accompagnée d'une sensation pénible que je ne saurais bien définir. J'attribuais ce phénomène à l'air lourd de Pise, qui, surtout en été, gène beaucoup la respiration, et cela me fit dire plus d'une fois au gardien du Musée : « Ce matin, l'air de Pise s'enflamme. » A une heure moins un quart j'étais tout seul dans la salle: Tair était tout à fait tranquille. Dix minutes après, je commençai à entendre un bruit venant rapidement de l'ouest. Il produisait l'impression d'un vent orageux s'avançant vers la ville; mais , réfléchissant qu'il était impossible qu'un phénomène de cette nature arrivât soudainement au milieu de la tranquillité précédente, je commençai à craindre quelque accident. La salle où j'étais commença d'abord à vibrer, puis elle fut violemment agitée dans le sens horizontal , avec un bruit horrible. Habitué à ces phénomènes, qui ne sont pas rares dans mon pays natal, j'accourus à l'une des croisées, où je fus témoin d'un des plus terribles spectacles auxquels Thomme puisse assister. Les maisons environnantes étaient remuées d'une manière épouvantable; les arbres d'un jardin voisin annonçaient par leur mouvement la violente agitation de la terre. Ces mouvements, combinés avec ceux des murs de la salle où je me trouvais, me causèrent un vertige qui m'obligea à m'accrocher aux parois de la croisée. L'agitation était évidemment un va-et vient XIL 17
horizontal , mais d'une force éxtrèma Durant cette terrible situation , des parties du crépi de la salle commencèrent à tomber sur moi. Les cris qui sortaient des maisons voisines augmentaient Thorreur du fléau. 11 y eut un instant où Je crus que toute la ville allait s*abîmer. Alors, emporté par un mouvement instinctif, Je montai sur la fenêtre pour sauter dans un jardin situé au-dessous ; mais un reste de réflexion m'arrêta. Le sol peu à peu rentra dans le calme.
« Après cette scène funeste, je sortis du Muséum. Je trouvai les rues de la ville encombrées de personnes portant sur leur visage des traces de la profonde terreur qu'elles venaient d'éprouver. On peut imaginer l'épouvante d'une population tranquille et n'ayant presque aucune idée d'un phénomène de cette nature. La Toscane paraissait être jusqu'ici la terre privilégiée du calme en Italie. Quant à moi , j'ai ressenti des tremblements de terre au Vésuve, à Naples, et surtout en Calabre en 1835 , mais Je n'avais jamais vu un spectacle semblable. Après m'être assuré que mes amis étaient saufs, Je commençai à parcourir les difi'érents quartiers de la ville pour reconnaître les efl^ets produits par le tremblement. Je courus d'abord à la place du Dôme, pour voir ce qui était arrivé à la fameuse tour penchée. A ma grande surprise je la trouvai intacte. Mais avant de vous décrire les effets du mouvement , Je dois vous en faire connaître la direction et la durée.
« Je suis bien convaincu que l'ébranlement était dirigé du nordouest au sud-est C'est la direction précise dans laquelle j'entendis s'avancer le bruit. Les mouvements se sont effectués entièrement dans le sens horizontal ; je l'ai vu de la manière la plus claire possible. Cela a été la fortune de Pise. S'il se fût produit des secousses verticales de même intensité , Je crois que leurs efliets eussent été bien autrement déplorables. Quanta la durée de Toscillation, Je pense qu'elle a dû être au moins de 25 secondes , en comptant du moment où je commençai à entendre un bruit lointain. Plusieurs personnes la limitent à 11 ou 12 secondes, mais elles ne donnent que la mesure du temps durant lequel le sol a été violemment agité et je crois môme cette seule estimation trop petite.
« 11 était facile de prévoir que le phénomène ne devait pas s'arrêter là. Le soir à 10 heures moins quelques minutes, il y eut une nouvelle secousse^ mais infiniment plus faible. La population passa la nuit dans les rues, dans un état de frayeur entretenu par les nouvelles nul arrivaient des environs. Le lendemain, à 3 heures, survint une troisième et dernière ondulation, mais aussi très-lente et presque insensible.
BT LES ÉRUPTIONS VOLCANIQUES. ibO
« Les dommages que cet événement a causés dans la ville de PUe sont très-petits en comparaison de ceux que Ton craignait. Personne n*a péri. Dans Téglise de Saint-Michel , la voûte est tombée sans produire aucun accident. Tous les édifices de la ville ont plus ou moins soulTert. La tour pencliée, comme Je viens de vous le dire, reste totj^ours immobile dans sa position. J'ajouterai même que, parmi les édifices de la ville, celui-ci a été le plus épargné. Les personnes qui Tout vue dans le moment de la crise assurent qiM son oscillation était eflTrayante. De quelle solidité n Vt-elle pas donné la preuve I
t Je passe maintenant aux effets produits dans les autres régions où le mouvement du sol s'est propagé et aux dommages déplorables qui en ont été la conséquence. Le phénomène a été très-remarquable par Texiguîté des limites dans lesquelles son action principale a été circonscrite et par la dilTérence des efl*et8 selon les circonstances dans lesquelles il s'est produit. L'espace dans lequel l'ondulation a agi avec le plus d'intensité est compris entre la côte de Toscane et les premières collines subapennines.
« La ligne de la côte s'étend depuis l'embouchure de TArno jusqu'à celle de la Cecina. En partant de cette base, le mouvement s^est propagé dans l'intérieur jusqu'à une ligne passant par le pays de Lorenzana, Orciano, Riparbella, IMontcscudaio et Bibona; ces villages sont situés sur une série de collines qui forment le premier front de la côte. Au delà de cet espace, le mouvement s'est propagé avec une intensité toujours décroissante. En allant de Pise à Lorenzana j'ai observé que les bourgades de la plaine n'ont pas soufi^ert plus que la ville de Pise. On commence à voir les premiers désastres aussitôt qu'on atteint le relief des collines tertiairesL Ces collines sont composées de mollasse très-friable (tu/o) et de marne bleue {mettaione). Près de Lorenzana, dans le fond des petites vallées ouvertes au milieu des collines, je remarquai un des effets les plus curieux produits par la secousse. On voyait, au milieu de terres cultivables, des bandes relevées d'un terrain humide, d'une jolie couleur bleuâtre, qui faisait contraste avec le terrain gris et aride environnant. Dans ces bandes étaient ouvertes, en grand nombre, de petites cavités régulières, en forme d'entpnnoirs parfaits, d'un diamètre variable, depuis O'.OS? jusqu'à 0".325. Plusieurs de ces entonnoirs versaient des nappes d'eau mêlée avec du sable bleuâtre qui, en se répandant en forme de petites coulées rayonnantes, avaient produit les bandes dont je viens de parler. Cette eau était froide, potable et, en quelques endroits, légèrement ferrugineuse. Mais la ohose la plus remarquable, c'est que lea
bandes, aussi bien que les petits déversoirs, étaient alignées dans la direction du nord-est au sud-ouest. Ces sources étaient évidemment Teffet des secousses du sol arrivées tout récemment; leur état de fratcbeur, aussi bien que la relation des paysans, ne laissait aucaa doute sur ce point. Elles étaient autant de petits puits artésiens produits par les fractures du sol. Elles occupaient toutes le fond des petites plaines, et il n'y en avait aucune sur les collines latérales. Les crevasses ouvertes dans le sol par Taction du tremblement avaient fait communiquer avec la surface du terrain des nappes d'eau souterraines n'ayant pas d'issue. Ces nappes devaient être bien profondes, à en juger par quelques puits creusés dans les champs voisins, et qui, à la profondeur de 12 mètres, n'avaient pas rencontré de l'eau d'infiltration. Je comptai en différents endroits six bandes aquifères ; dans l'une d'elles il y avait sur une même ligne jusqu'à vingt-quatre entonnoirs.
« En arrivant à Lorenzana, je fus saisi par deux sentiments opposés : d'un côté, je fus effrayé à la vue d'un pays qui ne présentait qu'un horrible amas de ruines; de l'autre, j'eus la satisfaction de reconnaître tout de suite la cause directe du désastre. Je me croyais, en effet, transporté dans un village de la Calabre, près de Cosenxa (Castiglione), lorsqu'il fut ravagé par le tremblement de terre de 1835. Les dispositions locales se correspondent dans les deux endroits, malgré leur éloignement Ils sont situés l'un et l'autre sur une butte formée par des sables subapennins peu conglomérés, granitiques dans le pays de Calabre, calcaires dans celui de Toscane ; la ressemblance s'étend jusqu'aux fossiles que les sables renferment. Eh bien, tous les deux, si je puis ainsi parler, ont porté une peine égale de leur position hardie. A Orciano, San-Regolo, Luciana, j'observai partout la même position, les mêmes circonstances et aussi les mêmes horreurs. Il n'y restait pas pierre sur pierre : ou avait devant les yeux l'image de la désolation. Je ne puis vous donner une liste précise des victimes du fléau dans ces pays, parce que l'on continue à en déterrer. Le jour où je les visitai (le 17 août), je trouvai les nombres suivants: Lorenzana: population, 1000; décédés, 7; blessés, ûO. Orciano: population 800 ; décédés, 17; blessés, 150. San-Regolo : population, 600; décédés, 8. Le nombre des victimes dans les autres territoires m'est inconnu. Le désastre arriva heureusement à une heure où il pouvait causer le moins de ravages possible ; pendant la nuit le mal aurait été horrible. En différents endroits de ces localités Je remarquai des crevasses du sol très-peu larges, alignées dans une direction qui coïncidait à peu Dpès avec celle des bandes aquifères, c*est-à-dire
da nord-est au sud-ouest. Ces accidents et les autres que Je viens de décrire ne laissent aucun doute que la direction du mouvement a été celle des fractures du terrain. Je dois aussi vous communiquer one observation que j^avais eu occasion de faire en Calabre et que j'ai vu confirmer en Toscane. Peut^tre la trouvera-t-on insignifiante, mais j*avoue que j'y attache une grande importance à cause de nminense parti qu'on peut en tirer. Lorsqu'on examine les b&timeots écroulés de Lorenzana, le plus important des villages ravagés, 00 voit qu^à Textérieur ils ne présentent que de faibles traces de dommage; mais leur intérieur est un tas de ruines à cause des pUncliers des étages qui sont tous abattus. C'est là une preuve évidente que les murailles extérieures sont les parties des bâtiments qd résistent le mieux aux secousses du sol : on les voit plus ou moios crevassées, mais elles restent presque toujours debout et rarement il arrive de les voir écroulées. La cause de cette différence est bien connue. J'en tire cette conséquence que le meilleur lieu de refuge dans un tremblement de terre sera les croisées, et l'endroit le plus dangereux la partie centrale et interne des chambres. »
1849, 26 mai. Finistère. — A 10 heures du soir, d'après une lettre que m*^ adressée M. Leras, on ressentit à Brest et dans les environs trois secousses d'une durée de 6 à 10 secondes et dirigées de l'est àl'onest AGuiler, à 3 lieues nord-ouest de Brest, les meubles furent ébranlés et les habitants réveillés en sursaut.
17 novembre. Finistère. — Le même observateur a noté à 4*" ÛO* on nouveau tremblement de terre à Brest. Il entendit d'abord un roulraaent semblable au bruit de pavés que l'on décharge ; en même temps les meubles et la maison éprouvèrent une légère secousse. Le mouvement avait duré environ 8 secondes. Le ciel était en ce moment chargé de nuages et le vent soufflait, comme d'habitude, avec Tiolence. Un officier d'artillerie a appris à M. Leras que le lit do ge61ier de Pontanion, au fond du port, a été éloigné du mur à une distance de plusieurs décimètres. Les secousses avaient été plus fortes dans le port que dans le haut de la ville.
1850, au printemps. Naples. — Le Vésuve a fait une grande éruption* D*après ce que m'a écrit à ce sujet M. le capitaine Baiileul, la lave vomie, dans laquelle se trouvaient d'énormes blocs granitiques, 8*est arrêtée dans une grande plaine où elle forme un front terminé presque régulièrement comme un rempart cyclopéen, dont la hauteur moyenne est d'au moins 5 mètres. Cinq semaines- après l'éruption, la superficie même de ce vaste plateau de lave était tellement
chaude, qu'il était impossible de s'arrêter dessus, même avec de fortes chaussures.
t 1851, 15 mai. Mayorque. — M. Pujo a noté, à i^ 65" du matin, dans cette tle une première secousse d*une durée de 8 à 10 secondes, accompagnée d'un bruit très-fort Elle se composait d'oscillations
' verticales et d'oscillations horizontales ; ces dernières étant dirigées, autant qu'on en put juger, du nord-nord-est au sud-sud-ouest. Le mouvement très-rude renversa complètement une des tourelles les plus élevées de la cathédrale et endommagea divers autres monuments, entre autres la Tour de l'Ange, édifice qui formait le trait le plus saillant dans la silhouette de la ville de Palma et qui est resté dans un état tel qu'il a fallu procéder à sa démolition, n j eut de nouvelles secousses et de nouveaux tremblements moins Intenses Jusqu'au 25, qui augmentèrent notablement les dommages que les premiers avaient causés. Avant l'événement du 15, l'air était calme et l'atmosphère très-chargée d'électricité. Xf . Pujo remarque que, quelques jours auparavant, des pluies torrentielleB étaient survenues à la suite d'une longue sécheresse et que les cantons qui avaient reçu la plus forte part de ces averses ont été les plus agitée par le tremblement de terre. Un écrivain qui a donné une histoire de Mayorque, suppose que l'tle devait être à l'abri des secousses souterraines « à raison du grand nombre de gouffres béants qui donnaient uu libre accès aux exhalaisons de l'intérieur de la terre » ; il ajoute que les tremblements de terre étaient en effet complètement inconnus dans les tles Baléares. M. Pujo remarque, à cette occasion, que l'historien a été mal informé et que l'on a, au contraire, conservé à Mayorque le souvenir de plusieurs événements de ce genre ; ainsi le sol trembla le 18, le 19 et le S6 mars 1660 ; il en fut de même le 22 février 17/i9. En 1755, enfin, le tremblement de terre qui renversa Lisbonne fut aussi ressenti à Mayorque. On en compte aussi deux dans ce siècle, et l'un d'eux endommagea beaucoup d'édifices et se distingua par cette circonstance que, dans plusieurs puits, l'eau monta jusqu'à se déverser au dehors. 12 juillet. Vosges. — M. P. Laurent a noté à Remiremont des secousses violeutes et rapides , un bruit semblable à celui de chars pesants courant sur le pavé, des trépidations des planchers des maisons, une grande frayeur des habitants. La secousse s'est prolongée à plus de 3 lieues dans la direction du nord-est.
22 novembre. Province d'Oran.— D'après des lettres de MM. Guyoo et Amédée Dupaty, plusieurs tremblements de terre se sont fait sentir, surtout à Mascara, du 22 au 24. Dans cette dernière ville.
à ^ dO" dû matin, on a senti une forte secousse. « Les mouvements du sol, dit M. Dupaty, étaient comparables au tangage ou au roulis cTun vaisseau. 11 y en eut trois successivement : d*abord le sol et les bâtiments qui s*y élèvent s^inclinèrent très-visiblement de Test irouest; un mouvement contraire se fit sentir ensuite de Touest à Test; enfin un troisième mouvement de Test à Touest remit tout en place. On entendit alors une longue et sourde détonation semblable à une mine qui éclate. Toutes les maisons françaises à un ou plusieurs étages ont été plus ou moins endommagées; trois se sont écroulées. On n^a eu à déplorer la mort de personne, mais trois chevaux ont été écrasés. Les animaux ont été frappés de stupeur ; det chiens ont sauté par les croisées. Le temps était beau, le ciel nos nuages. 11 avait gelé pendant la nuit. On avait éprouvé un oungan deux Jours auparavant. »
Le U décembre, à 9^ 30"" du matin, à Teniet-el-Haad, dans la pro« vince d* Alger, à 1500 mètres d'altitude, on a ressenti une seule secousse, mais forte. Tous les soldats de la garnison, croyant que leur caserne allait s*écrouler, se hâtèrent d'en sortir.
Je ne dois pas me borner à rapporter les récits précédents qui serviront à fixer désormais, je Tespère, les idées du public sur la nature des tremblements de terre ; il me faut encore indiquer quelles sont les causes probables de ces phénomènes si importants quand on veut approfondir Thistoire souterraine de notre planète. Dans plusieurs occasions, j'ai fait voir que tout démontre que les couches intérieures du globe terrestre sont à une température croissante à mesure qu^elles s'éloignent de la surface pour se rapprocher du centre, et que, au-dessous d'une écorce solide d'une bien faible épaisseur en comparaison de la grandeur du rayon de la Terre, il se trouve une masse fluide K N' est-il pas évident, dès lors, que les
i. Voir t. VI des Œuvres, t. III des Notices scientifiques, p. 316. Voir aussi Astronomie populaire ^ t. U, p. 450; t. 111, p. 2^7, t. IV, p. 115.
t64 SUR LBS TREMBLEMENTS DE TBRRB
tremblements qui, de temps à autre, bouleversent des contrées tout entières, que les volcans qui ailleurs sont toujours en ignition , ne doivent pas être autre chose que des effets de la réaction exercée par l'intérieur de la Terre contre son enveloppe inégalement résistante? Cela posé, les commotions souterraines doivent être subordonnées aux lois générales qui déterminent les mouvements de toutes les masses fluides en mouvement. Dans la rotation de notre globe, dans sa gravitation dans l'espace, les couches intérieures doivent obéir à l'attraction exercée par la Lune et le Soleil j comme lui obéissent les eaux des mers. Il doit donc exister une certaine relation entre les tremblements de terre et la position de notre globe tant par rapport au Soleil que par rapport à la Lune. Pour vérifier cette vue générale , il fallait former des catalogues complets des tremblements de terre observés depuis les siècles les plus reculés. M. Alexis Perrey s'est voué à l'accomplissement de cette tâche avec un zèle soutenu qui mérite à tous les titres la reconnaissance du monde savant. Il est parvenu à montrer que les secousses sont plus fréquentes à de certaines époques de l'année, et surtout que la marche de la Lune a une influence marquée sur leur production. Ainsi, la fréquence des tremblements de terre augmente vers les syzygies et lorsque la Lune est dans le voisinage du périgée pour diminuer vers l'apogée ; ainsi encore, les secousses souterraines sont plus souvent ressenties lorsque la Lune est dans le voisinage du méridien, que lorsqu'elle ert est éloignée de 90 degrés. Les tremblements de terre paraissent donc n'être que des effets des mouvements de la
masse encore incandescente de notre globe analogues à ceux du flux et du reflux de l'Océan.
Hais après la constatation de ce fait fondamental de la théorie des tremblements de terre , combien sont encore nombreuses les questions à résoudre? Ces phénomènes manifestent-ils une activité variable avec le temps? Faut-il admettre que les commotions seront désormais bornées dans leurs eflets et qu'elles ne pourront plus s'étendre à de vastes contrées? Les secousses souterraines ont-elles quelque lien déterminé avec les météores atmosphériques, avec la sécheresse de Tair, avec son état électrique, avec la pression barométrique, avec le magnétisme terrestre ? Des descriptions exactes des faits observés, sans parti pris de rejeter aucune circonstance en apparence futile mais peut-être capitale, à Tabri des exagérations inspirées par la surprise ou Tefl'roi, permettront à la science de faire quelques nouvelles découvertes sur ces signes mystérieux de la vie intérieure de notre planète.
?Ui: LES
POBUÉEs DANS LA Bibliothèque universelle de Genève *
Il paraît à Genève un journal qui justifie bien son titre de Bibliothèque universelle; car on y trouve pêlemêle, sans distinction aucune, des résultats bons ou mauvais, vrais ou inexacts, remarquables ou insignifiants. Si le rédacteur n'est généralement pas très-heureux dans le choix de ses matériaux, il faut convenir qu'il lui arrive aussi quelquefois d'insérer dans son journal des Mémoires extrêmement curieux. On y a lu récemment, par exemple, l'histoire de la poule moscovite dont la figure ressemble à celle d'une vieille femme. Une planche que le rédacteur a fait graver ad hoc transmettra les traits de cet intéressant oiseau jusqu'à la dernière postérité. Je suis seulement étonné que, dans une occasion aussi importante, on ait négligé le parti qu'il eût été possible de tirer des couleurs. «La crête, nous dit-on, figure un nez bourgeonné et l'illusion est complète lorsqu'on aperçoit, ainsi que cela arrive quelquefois, le suintement des narines ou de la poussière qui s'y accumule. » Cette description ne manque sûrement pas de netteté ,
1. Remarques insérées dans les Annales de physique et de chimie, t. Vil, p. 315 (mars 1818).
et toutefois on regrette ces teintes rouges et grises qui, convenablement distribuées sur la planche, auraient pu produire un si bon effet. Le rédacteur nous saura gré de Tavertir qu'on vend à Londres, Fleet-street, le portrait de cette autre merveille. M"' M'Evoy, dont il s'est empressé de nous donner Thistoire, et qui lit si bien de loili avec le bout de ses doigts. J'ai entendu des abonnés se demander si elle n'obtiendra pas, comme la poule, les honneurs de la gravure ; mais je ne vois pas pourquoi ils en douteraient. Que ne doit-on pas attendre d un rédacteur qui a porté son attention jusqu'à nous faire connaître, dans le numéro d'avril 1817, le modèle des bons avec lesquels les gens pauvres se procurent, à Genève, des soupes économiques I
A quelques exceptions près, les rédacteurs se feraient UD scrupule de troubler, par la plus légère critique, la satisfaction des auteurs à qui ils ont accord*^ les honneurs de l'insertion : aussi, dans les pays étrangers, leur politesse commence à passer en proverbe. Un correspondant écrivait, par exemple, dans le numéro de décembre dernier, que M. L..., négociant anglais de Manchester, chez qui il fut reçu à son passage dans cette ville, avait des manières si affables, si prévenantes, un esprit si cultivé, qu'on l'aurait pris pour un Suisse du bon ton. Qui ne devine que le compliment est adressé aux rédacteurs de la Bibliothèque universelle !
Pour ma part, je ne pourrai jamais trop dire combien je leur suis redevable. Les tableaux météorologiques qu'ils publient tous les mois me paraissant faits sur un mauvais plan, j'avais indiqué en ces termes les motifs do
cette opinion dans le cahier des Annales de décembre 1817:
t II pourrait être maintenant fort curieux de comparer les observations de Paris à celles qui se font dans plusieurs autres villes de l'Europe, comme à Genève, par exemple ; de rechercher si les heures des maxima et des minima se correspondent ; si les causes qui masquent ou affaiblissent la période diurne sont locales ou étendent leur influence au loin, etc.; mais les tableaux météorologiques de la Bibliothèque universelle ne renferment aucun des éléments dont on aurait besoin pour cela; le baromètre y est inscrit sans aucune indication relative à la température du mercure; Tune des observations est de deux heures après midi et ne répond conséquemment ni au maximum ni au minimum de Toscillation diurne; l'heure de l'autre change chaque jour, puisqu'on la fait au lever du Soleil. 11 serait, je pense, difficile de dire ce qu'un tel choix peut avoir d'avantageux, à moins qu'on ne cite la commodité de l'observateur; mais s'il en était ainsi, je proposerais de faire encore plus pour lui, en le dispensant tout à fait de consulter le baromètre. A quoi bon publier, en effet, des observations si mal ordonnées et qui ne peuvent pas même servir à calculer la pression moyenne atmosphérique pour le lieu où elles ont été faites? » {Annales^ t. vi, p. 441.)
Or, cet article a non-seulement été inséré en entier et avec guillemets dans un des derniers numéros de la Biblùh thèque universelle; mais, qui plus est, le rédacteur, à qui il avait suggéré une remarque générale, n'a pas publié sa remarque. Je sens, comme je le dois, toute la délica-