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lesse de ce procédé ; je n'oublierai jamais que je vis sous le poids d'une remarque générale dont on s'est abstenu par pure générosité; mais, après cette déclaration, ne sera-t-il pas permis d'examiner si mes observations critiques sont aussi futiles que M. le rédacteur le prétend ?
J'avais d'abord annoncé que les observations du baromètre sont rapportées dans la Bibliothèque universelle sans aucune indication relative à la température du mercure. Le rédacteur ne nie pas le fait ; mais il s'étonne qu'on ait ignoré que les tableaux de la Bibliothèque britanniqiAe étaient réduits à 10* Réaumur, attendu qu'il en avait averti, il y a plus de vingt-deux ans, dans les premiers cahiers de ce journal. Puisque j'apprends que les soixante volumes de la Bibliothèque britannique sont indispensables à ceux qui veulent s'abonner, ne fût-ce que pour un an, à la Bibliothèque universelle^ je ne manquerai certainement pas d'en faire promptement l'acquisition; mais doit-on espérer que tout le monde sera d'aussi facile accommodement? Aussi persisterai -je à soutenir que chaque tableau devrait renfermer des notes explicatives analogues à celle que je réclamais, dût-on gagner l'espace nécessaire en supprimant des remarques qui y figurent chaque mois et de l'importance de celle-ci: • Le temps sec a favorisé le charriage des fumiers. » (Février 1818.)
Pour me prouver que son baromètre a toujours été réduit à 10" Réaumur, M. le rédacteur me renvoie aux renseignements qu'il a publiés, en octobre, sur les observations météorologiques du Saint-Bernard ; mais je le prie de se rappeler que, dans cet article, il n'est aucune-
ment question de Tinstrument de Genève. Ce qui n)ontrc, au demeurant, combien mon observation était fondée, c'est que le rédacteur me reproche à son tour de n'avoir pas dit dans le résumé des observations météorologiques de Paris pour 1817, de quel genre d'hygromètre nous nous sommes servis, quoique j'eusse averti expressément qu'on avait employé le même instrument qu'en 1816, et que, dans le dernier cahier des Annales de cette année, on eût donné tous les détails nécessaires. Je conviendrai néanmoins de mon tort, pourvu que M. le rédacteur me permette de lui faire remarquer, par une règle de proportion, qu'en nous renvoyant à un cahier qui a paru il y a vingt-deux ans, et qui même fait partie d'un autre journal, il est, sur ce point, vingt-deux fois au moins plus coupable que moi.
Le rédacteur regarde l'existence de l'oscillation diurne barométrique comme parfaitement démontrée par les recherches de MM. de Humboldt et Ramond. 11 faut avouer que, sans cette citation expresse, on aurait pu supposer que les ouvrages de ces savants lui étaient inconnus. On sait, en eiïet, qu'ils ont trouvé, l'un sous l'équateur, l'autre dans nos climats, qu'à toutes les époques de l'année, et abstraction faite des perturbations accidentelles, le baromètre est à son maximum de hauteur de 8 à 9 heures du matin ; qu'il descend ensuite jusque vers 3 ou 4 heures de l'après-midi, et remonte, dans le reste de la soirée, de manière à atteindre son second maximum à 10 ou 11 heures du soir. Ces faits sont positifs; ils résultent de l'examen d'une multitude d'observations très-précises, et nos tableaux météorologiques les cou-
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firment journellement. Veut-on savoir, après cela , de quelle manière notre critique traite une question aussi simple 7 Le voici : « LMnfluence solaire, dit-il , comme calorifique, est de beaucoup la cause la plus énergique, etpeutr-étre sensiblement la seule, de cette modification (c^est de la modification qui occasionne la période qu'il entend parler). Cette cause doit commencer à agir quand le Soleil darde ses premiers rayons (c'est-à-dire à 8 heures du matin en hiver et à & heures en été dans nos latitudes) et atteindre son maximum vers celui de la température diurne... Nous croyons donc qu'en choisissant, comme le fait l'auteur^, les heures de 9 heures du matin, midi, 3 heures et 9 heures du soir, pour observer le baromètre, sans parler du grand assujettissement qui en résulte pour l'observateur, on partage arbitrairement la période descendante et ascendante de la grande marée diurne ; ce qui procure des résultats vagues, à la place de ceux qui ressortent de la comparaison des pressions moyennes observées aux deux limites des périodes choisies (à Genève). »
Le rédacteur a pris, dans ce passage, un ton tranchant qui ne permet pas même l'expression du doute. On fera donc bien, à l'avenir, de consulter le baromètre aux heures où, comme il le veut, la cause de la période diurne tloit produire le maximum et le minimum d'effet ; mais pourrait-on en vouloir aux observateurs qui, par le passé, avaient coordonné leur plan aux phénomènes que l'atmo-
1. C'est à moi que ce passage s'adresse ; mais MM. de Ilumboldt et Aamond pourront prendre leur part de la critique, puisque nos tableaux sont calqués sur ceux dont ils ont donné les modèles.
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sphère présentait alors, ou à ceux qui, par un reste d'habitude, ne se laisseraient pas convaincre sur-lechamp par les assertions d<e la Bibliothèque tmiverselle? Pour parler plus sérieusement, on a peine à concevoir comment un savant, à qui les sciences ont quelques obligations, a pu, tout en se déclarant le disciple des Saussure et des Deluc, écrire un Mémoire dans lequel il avance que les seules heures de la journée où Ton puisse observer des maxima et des minima du baromètre sont le lever du Soleil et deux heures après midi, lorsque les ouvrages de La Condamine, de fiouguer, et mieux encore ceux de MM. Ramond, de Humboldt, etc., sont là pour lui donn^ un démenti formel ; comment il nie l'existence de la période régulière nocturne, constatée par des milliers d'observations; et comment enfm il accorde tant de confiance à un système bâti sur le raisonnement le plus vague et dont les conséquences sont en opposition avec des faits avérés. Ce savant avait un moyen très-simple, sinon de s'excuser d'être resté en arrière quand la météorologie faisait des progrès, du moins de justifier la forme qu'il avait donnée à ses tableaux, il y a vingt-deux ans; puisque, alors, MM. de Humboidt et Ramond n'avaient pas encore tracé aux observateurs la véritable manière d'étudier les phénomènes atmosphériques. J'aurais désiré, dans l'intérêt de la science, que nos remarques eussent déterminé M. le rédacteur à suivre désormais l'exemple de ces deux savants célèbres. Mais puisque, avec de telles autorités et malgré l'évidence des faits, nous n'avons pas pu le convaincre, je dois en conclure qu'il est bien résolu, en toute matière, à ne jamais changer d'avis. Je m'en-
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gage donc à respecter par la suite une si noble déterluination. Il est un point toutefois auquel cette promesse De saurait s'appliquer. Je veux parler des assertions critiques, toujours dirigées contre les recherches des savants français, et qui de temps à autre se glissent, comme à la dérobée, dans quelques coins de la Bibliothèque univenelle.
J*avoue que si le rédacteur, effaçant d'un trait de plume le résultat du travail le plus pénible et le plus délicat, venait encore une fois nous dire que les tables des satellites de Jupiter construites par M. Delambre ne valent pas celles de Wargentin ; que si, sortant en quelque sorte du domaine de la science, et dirigeant ses attaques avec autant de convenance que de bonne foi sur deux savants qu'il ne m'est pas permis de louer ici*, il les accusait, comme il l'a déjà fait, de n'avoir su tirer aucun parti de la pile galvanique que le gouvernement leur avait confiée, je surmonterais encore le dégoût d'une discussion pareille, ne fût-ce que pour prouver que si un Mémoire peut être fort insignifiant tout en faisant partie de la Bibliothèque universelle ^ il arrive aussi quelquefois, par compensation, qu'un travail est excellent, quoique déprécié par les rédacteurs de ce journal.