LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS
esta sous les armes toute la nuit. Le lendemain matin, " mai, rhorizon de la mer, à Torient, était clair et bien léfmi ; mais immédiatement au-dessus on apercevait un luage noir qui couvrait déjà le reste du ciel, et qui nême, bientôt après, se répandit dans la partie où comoençait à poindre la lumière du crépuscule. L'obscurité levint telle alors que dans les appartements il était imlossible de distinguer la place des fenêtres, et qu*en lein air plusieurs personnes ne purent voir ni les arbres
côté desquels elles se trouvaient, ni les contours des laisons voisines, ni même des mouchoirs blancs placés à 5 centimètres des yeux. Ce phénomène était occasionné ar la chute d'une grande* quantité de poudre volcanique, trovenant de l'éruption d'un volcan de l'île de Saint- ^iDcent, et qui contenait, d'après une analyse du docteur 'homson, 91 parties de silice et d'alumine, 8 de calcaire 1 1 d'oxyde de fer. Cette pluie d'un nouveau genre et obscurité profonde qui en était la conséquence, ne cesèrent entièrement qu'entre midi et une heure ; mais pluieurs fois, depuis le matin, on avait remarqué, en s' aidant 'une lanterne, comme des espèces d'averses pendant îsquellesla poussière tombait en plus grande abondance. .es arbres d'un bois flexible ployaient sous le faix ; le ruit que les branches des autres arbres faisaient en se assaut contrastait d'une manière frappante avec le calme arfait de l'atmosphère ; les cannes à sucre furent totajment renversées, enfin toute l'île se trouva couverte 'une couche de cendres verdfttres qui avait 3 centimè- •es d'épaisseur.
La situation relative de la Barbade et de Saint- Vincent
rend l'observation que nous venons de rapporter f^-r intéressante. Cette dernière lie, comme on sait, est d* 80 kilomètres plus occidentale que l'autre. Les vents a !zés, dans ces parages, et particulièrement en avril ^ mai, soufflent uniformément et sans interruption de fesî avec une légère déviation vers le nord. Il faut dor* admettre que le volcan de Saint- Vincent avait projeti^ rimmense quantité de poussière qui tomba sur la B?.rbade et les mers voisines jusqu'à une hauteur où nonseulement les vents alizés ne se faisaient pas sentir, mib dans laquelle régnait même un courant diamétralemen: opposé. Ainsi les cendres du volcan de l'île de Saint- Vincent durent être projetées à une hauteur assez ansidérable pour avoir échappé à l'influence du vo:l alizé du nord-est, puisqu'elles se propagèrent dans uif direction opposée ; cette propagation ne put avoir lieu que par l'effet du contre-courant supérieur, dont l'existence se trouve ainsi constatée sans réplique.
Lorsque les vents prennent naissance en un lieu donn^ par suite d'une augmentation de la pesanteur de la couche d'air superposée, ils se propagent par impulsion ^ il> poussent devant eux les couches atmosphériques, ils se font sentir d'abord dans les lieux d'où ils paraissent provenir. Lorsque, au contraire, il se produit quelque part une diminution de la pesanteur de la colonne aérienne, il y a appel des couches voisines ; le vent se propage par aspiration^ il se fait sentir d'abord dans les lieux vers lesquels il se dirige.
H n'est guère permis de douter* d'après les détails qui précèdent, que certains vents n'aient pour cause les