‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 383 sur 582 · LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS

les partiels atmosphériques, ou les courants ascendants li se produisent à telle ou telle époque et dans telle 1 telle région des continents et des mers. Les lieux où s diminutions de densité se manifestent deviennent tant de centres vers lesquels les atmosphères circonisines affluent ou se précipitent. JusquMci il n'a été icstion que de vents modérés. Prouvons par quelques its que des vents très-violents, que de véritables ouratns sont quelquefois aussi des vents d'aspiration. Le 21 octobre 17&â, Franklin se préparait à observer 18 éclipse de Lune qui devait commencer à Philadelphie rs les 9 heures. Un ouragan du nord-est se manifesta, is les 7 heures, avec une grande violence, avec son icompagnement ordinaire d'épais nuages et rendit Tobrvation impossible. Eh bien, à Boston, situé à environ ÏQ lieues au nord-est de Philadelphie, on put très-bien )server l'éclipsé, l'ouragan s'y fit sentir deux heures us tard que dans celte dernière ville. En faisant une iquéie sur ce phénomène, Franklin trouva que le comencement du même ouragan avait été toujours plus rdif à mesure qu'on remontait davantage vers le nord- Jt.

Oo trouve dans un Mémoire du capitaine Tillard, sur (formation de l'Ile Sabrina, dans les Açores, en 1811, i passage suivant : « Le nuage de fumée (qui sortait du oican) s'élevait beaucoup plus haut que les cendres; de randes masses moutonneuses s'étendaient graduellement ans la direction du vent, en une couche horizontale, et iraient à elles une quantité de trombes qui ajoutaient eaucoup à In beauté de la scène. •

Franklin rend parfaitement compte, par deux exefl> pies familiers, de la cause de pareils ouragans : tSap^ posons, dit-il, un long canal d*eau fermé à Tune de^: extrémités par une porte. L'eau y est tout à fait en repa jusqu'à ce que la porte s'ouvre. Alors Teau commence J se mettre en mouvement pour s'écouler par cette porte; l'eau qui en est le plus proche se met la première € mouvement pour s'écouler par cette issue ; l'eau qui avo: sine cette première s'ébranle ensuite, et ainsi successi\> ment, jusqu'à ce que l'eau qui esta l'autre extrémité è canal s'achemine la dernière de toutes vers le côté où II résistance est diminuée. Ainsi dans ce cas, toute l'eau .^ meut véritablement vers la porte, mais les temps suj cessifs oii ces mouvements commencent sont en sen contraire, c'est-à-dire de la porte en arrière jusqu'à I tête du canal.

« Supposons encore que l'air d'une chambre soit trae quille et sans aucun courant dans toute la chambre, Jië qu'à ce qu'on fasse du feu dans la cheminée. L'air d dedans la cheminée, étant raréfié par le feu, s'élèv immédiatement; l'air d'auprès de la cheminée accooi pour le remplacer dans la cheminée même, et ainsi d proche en proche, tout le reste de l'air, jusqu'à celui d derrière la porte.

• Ainsi, pour produire nos ouragans nord-est, sur le côtes occidentales des États-Unis, il suffit d'admettre m grande chaleur et une grande raréfaction dans le golfl du Mexique, ou dans le voisinage. L'air qui s'en élève i est remplacé par celui qui l'avoîsine du côté du nord, ^ qui, étant plus froid, est conséquemment phis dense el

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