LIVRE XXXIII. — LE CALENDRIER
iC moyen, le cardinal Pierre d'Ailly le proposa, au
Mie de Constance et au pape Jean XXIII, dès Tannée
'. &. Yers la même époque, le cardinal Gusa écrivit
^3i sur la matière. Antérieurement, Roger Bacon avait
une proposition formelle à ce sujet. Le pape Sixte IV,
"liant réaliser ces projets, appela auprès de lui Régio-
ntanus. La mort du célèbre astronome, arrivée à Rome
1476, ajourna cette délicate affaire. Le concile de
ente, quand il se sépara en 1563, la recommanda
s-expressément au pape. Enfin, Grégoire XIII réussit,
1582, à opérer la réforme tant désirée, avec le con-
urs d'un savant calabrais nommé Lilio.
Répétons-le , le but de cette réforme devait être de
* ordonner la longueur de Tannée civile avec la longueur
3 Tannée astronomique , en telle sorte que les jours de
lême dénomination correspondissent, terme moyen, aux
lémes températures, et que les travaux de Tagriculture
ussent toujours être réglés par des dates empruntées à
année civile.
La longueur de Tannée julienne était de 365^.25 ^, andis que la longueur de Tannée astronomique, ou le ^mps que le Soleil emploie à revenir au même point de son orbite, à Téquinoxe de printemps, par exemple, n'est que de â65i.2/i226/i.. L'intercalation julienne, fondée sur une longueur d'année exagérée, renfermait un trop grand
i. Sosigène, le collaborateur de César, ne devait pas ignorer qu'Hipparque , 120 ans avant notre ère , avait reconnu que Tannée solaire était plus courte que 365 jours i/â. Peut-être la différence, qui ne portait que sur les millièmes de jour, lui parut-elle néglife'eable.
nombre de bissextiles. Diminuer ce nombre d'une manière régulière , et en se rapprochant de la longueur de Tannée solaire, tel devait être, et tel a été, en effet, le résultat de la réforme grégorienne. .
Dans le calendrier julien » toute année dont le mille sime est divisible par /i, est une année bissextile; les années séculaires, telles que 1600, 1700, 1800, 1900, sont conséquemment bissextiles, puisque tout nombre représenté par des chiffres significatifs suivis de deux zéros est divisible par k* On imagina donc de supprimer ces bissextiles ; mais alors on tombait dans le défaut contraire : le calendrier réformé grégorien n*eût pas renfermé un nombre suffisant de bissextiles. On para à ce défaut en rendant bissextiles les années composées d'un nombre de siècles divisible par &. Dans ce système , trois années communes sont suivies d'une année bissextile, et trois années séculaires communes sont suivies aussi d'une annét séculaire bissextile.
Ainsi, il n'y a de différence entre l'intercalation julienne et l'intercalation due au pape Grégoire XIII, que pour les années séculaires : 1600 (ou 16 siècles) se trouve une année bissextile dans les deux systèmes d'intercalation ; 1700, 1800 et 1900, qui sont bissextiles dans le calendrier julien , ne le sont pas dans l'intercalation grégorienne. Mais en l'an 2000, 20 étant divisible par k, on comptera 366 jours pour l'année, tant dans le calendrier julien que dans le calendrier grégorien, et ainsi de suite.
La règle à suivre pour savoir si une année séculaire est bissextile ou ne l'est pas, est très-simple. On efface les