‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 112 sur 153 · DE LA VISIBILITÉ DES ÉTOILES · texte numérisé non relu

DE LA VISIBILITÉ DES ÉTOILES

â quaQtité totale de lumière concourant à former l'en- ^mble de Timage à Toeil nu sera dono auasi à la quantité ^tale de lumière qui forme l'image de la planète à Taide 'une lunette comme la surface de la pupille est à la irface de Tobjectif. Les intensités comparatives, non lus de points isolés, mais des deux images d'une planète, ui 60 forment sur la rétine à l'œil nu et par l'intermé^ iaire d'une lunette , doivent évidemment diminuer proportionnellement aux étendues superficielles de ces deux nages. Les dimensions linéaires des deux images sont Dtre elles comme le diamètre de l'objectif est au diamètre u faisceau émergent. Le nombre de fois que la surface fi l'image amplifiée surpasse la surface de l'image à œil nu s'obtiendra donc en divisant le carré du diamètre « l'objectif par le carré du diamètre du faisceau émer- ;ent, ou bien la surface de l'objectif par la surface de la lase circulaire du faisceau émergent.

Nous avons déjà obtenu le rapport des quantités totales le lumière qui engendrent les deux images d'une planète, n divisant la surface de l'objectif par la surface de la lupille. Ce nombre est plus petit que le quotient auquel m arrive en divisant ta surface de l'objectif par la surface tu faisceau émergent. U en résulte, quant aux planètes, (u'une lunette fait moins gagner en intensité de lumière [u'elle ne fait perdre en agrandissant la surface des mages sur la rétine ; l'intensité de ces images doit donc tller continuellement en s' affaiblissant à mesure que le H)uvoir ampliflcatif de la lunette ou du télescope s'ac- -roît.

L'atmosphère peut être considérée comme une planète

à dimensions indéfinies. La portion qu'on en verra dans une lunette subira donc aussi la loi d'affaiblissement que nous venons d'indiquer. Le rapport entre l'intensité de la lumière d'une planète et le champ de lumière atmosphérique à travers lequel on la verra sera le même à l'œil nu et dans les lunettes de tous les grossissements , de toutes les dimensions. Les lunettes, sous le rapport de l'intensité, ne favorisent donc pas la visibilité des planètes.

Il n'en est point ainsi des étoiles. L'intensité de l'image d'une étoile est plus forte avec une lunette qu'à l'œil nu ; au contraire, le champ de la vision, uniformément éclairé dans les deux cas par la lumière atmosphérique, est plus clair à l'œil nu que dans la lunette. Il y a donc deux raisons, sans sortir des considérations d'intensité, pour que dans une lunette l'image de l'étoile prédomine sur celle de l'atmosphère notablement plus qu'à l'œil nu.

Cette prédominance doit aller graduellement en augmentant avec le grossissement. En effet , abstraction faite de certaine augmentation de diamètre de l'étoile, conséquence de divers effets de diffraction ou d'interférences, abstraction faite aussi d'une plus forte réflexion que la lumière subit sur les surfaces plus obliques des oculaires de très-courts foyers, l'intensité de la lumière de Tétoile est constante tant que l'ouverture de l'objectif ne varie pas. Comme on l'a vif, la clarté du champ de la lunette, au contraire, diminue sans cesse à mesure que le pouvoir amplificatif s'accroît. Donc , toutes autres circonstances restant égales, une étoile serai d'autant plus visible, sa prédominance sur la lumière du champ du télescope sera

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