‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 119 sur 153 · SUR LES INTERFÉRENCES ET LA VISION · texte numérisé non relu

SUR LES INTERFÉRENCES ET LA VISION

On devra examiner ensuite la liaison qu'il peut y avoir între cette expérience et l'observation des étoiles en plein our. Le grand avantage qu'offrent les forts grossissements lans l'observation des petits objets ou des objets trèsaibles ne tiendrait-il pas principalement à la circonstance lue ces forts grossissements augmentent le mouvement ipparent ?

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Ce qu'il y a de plus remarquable dans le phénomène de la scintillation , c'est le changement de couleur. Ce changement est beaucoup plus fréquent que l'observation ordinaire ne l'indique. En effet, en agitant la lunette, on transforme l'image en une ligne ou un cercle, et tous les points de cette ligne ou de ce cercle paraissent de couleurs différentes. C'est la résultante de la superposition de toutes ces images que l'on voit lorsqu'on laisse la lunette immobile. Les rayons qui se réunissent au foyer d'une lentille vibrent d'accord ou en désaccord , s'ajoutent ou se détruisent , suivant que les couches qu'ils ont traversées ont telle ou telle réfringence. L'ensemble des rayons rouges peut se détruire seul , si ceux de droite et de gauche et ceux de haut et de bas ont traversé des milieux inégalement réfringents. Nous avons dit seul , parce que la différence de réfringence qui correspond à

1. Note écrite en iSàl et insérée dans le toîqe IIÎ du Cosmos par M. de HumboldL

la destruction du rayon rouge n'est pas la môme que celle qui amène la destruction du rayon vert, et réciproquement. Maintenant si des rayons rouges sont détruits, ce qui reste sera le blanc moins le rouge, c'est-à-dire dal vert. Si le vert, au contraire, est détruit par interférence, rimage sera du blanc moins le vert, c'est-à-dire du rouge. Pour expliquer pourquoi les planètes à grand diamètre ne scintillent pas ou scintillent très-peu, il faut se rappeler que le disque peut être considéré comme une agrégation d'étoiles ou de petits points qui scintillent isolément; mais! les images de différentes couleurs que chacun de ces points pris isolément donnerait , empiétant les unes sur les autres, formeraient du blanc. Lorsqu'on place un| diaphragme ou un bouchon percé d'un trou sur l'objectit td'une lunette, les étoiles acquièrent un disque entouré d'une série d'anneaux lumineux. Si l'on enfonce l'oculaire, | le disque de l'étoile augmente de diamètre, et il se produit dans son centre un trou obscur; si on renfonce davantage, un point lumineux se substitue au point noir. Un nouvel enfoncement donne naissance à un centre noir, etc. Prenons la lunette lorsque le centre de l'image est noir, et visons à une étoile qui ne scintille pas : le centre restera noir comme il l'était auparavant. Si , au contraire, on dirige la lunette à une étoile qui scintille, on verra le centre de l'image lumineux et obscur par intermittence. Dans la position où le centre de l'image est occupé par un point lumineux, on verra ce point disparaître et renaître successivement. Cette disparition ou réapparition du point central est la preuve directe de l'interférence variable des rayons. Pour bien concevoir

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