‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 24 sur 153 · SUR LA PH0T0MÉTRI · texte numérisé non relu

SUR LA PH0T0MÉTRI

wli que la première surface du premier prisme et là «conde surface du second.

Voici comment j*ai fait exécuter un prisme qui satis- 'ait à cet ensemble de conditions. On prend une plaque le cristal de roche à faces parallèles, on la taille en )iseau de telle sorte qu'une des faces de l'angle soit une les surfaces primitives de la plaque, comme le représente m coupe la figure suivante (fig. 2).

Fig. 2. — Biaeau d'aue plaque de criatal de roche

Dans la partie où les deux surfaces sont parallèles, la )laque n'a pas de double réfraction sensible. Dans la wrtie prismatique, la double réfraction, au contraire, est 1res- apparente, mais les deux images sont irisées.

Prenons une lame semblable à la première et de même épaisseur; formons à son extrémité un biseau de même îDgle parfaitement semblable au premier, comme cette autre coupe le représente (fig. 3).

Fig. 3. — Biseau renversé d'ane plaque de cristal de roche.

Les deux lames étant placées bout à bout, biseau sur biseau , formeront une plaque composée d'une épaisseur uniforme (fig. 4). L'opposition des deux biseaux aura détruit tout eflet d'irisation provenant de la forme pri&-

DtËUXlËME MÉMOIRE

matique ; et cependant si le sens des coupes a été codvenablement choisi , la double réfraction restera suffisamment forte dans la partie correspondante aux biseaux superposés.

Collons les biseaux entre eux avec une substance ayant un pouvoir réfringent égal à celui du cristal de roche, et nous aurons obtenu ainsi une lame qui jouira de la double réfraction vers son milieu, qui en sera dépourvue vers ses extrémités, et qui dans toutes ses parties fera éprouver le même affaiblissement aux lumières de même intensité qui la traverseront perpendiculairement

ni

ùiL

Fig. 4. — Lame de ciùtal de roche jouissant de la double rélraction vers son miliea et dépourme de cette propriété vers ses extrémités.

Il faut remarquer que puisque dans Tobservatioi on ramène à l'égalité la portion de lumière qui a pasa à travers la partie prismatique de la lame et celli qui a traversé la partie non prismatique, les faisceau: réellement comparés ont originairement la même intensit» et éprouvent des pertes réellement égales, par voiedi réflexion. Considérons, en effet, le faisceau qui tonib sur la partie prismatique cornme partagé par moitié chacune de ces moitiés éprouvera une perte égale à cell» qui tombe sur la partie non prismatique, laquelle, défini tivement, lorsque l'expérience est terminée, lui est égale Bien que le faisceau tombant sur la partie prismatique ai une intensité double de l'autre, comme la comparaisoi se fait sur la moitié de ce faisceau dédoublé, il eét éviden

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jue les affaiblissements à la première et à la deuxième surface, doivent être les mêmes de part et d'autre.

Ces plaques composées jouent un grand rôle dans nos expériences. La partie prismatique correspond toujours il rimage à dédoubler; le reste, ou l'upe des parties lépourvues de la double réfraction, sert à faire éprouver QD affaiblissement égal au faisceau qu'il s'agit de comparer au premier.

La table que nous allons former renferme les valeurs comparatives de la totalité de la lumière réfléchie et de la totalité de la lumière transmise par des lames à faces parallèles. Avec un peu d'attention on verra que cette circonstance rendait indispensable l'emploi d'un écran soffisamment large et d'une intensité uniforme. On verra aussi que ce genre d'expériences exigeait l'emploi d'une plaque de verre d'une grande étendue.

Suivons, en effet, la marche d'un rayon lumineux partant d'un point de l'écran et tombant obliquement sur la première face de la plaque : au point d'incidence, une partie de ce rayon se réfléchit en formant un angle de réflexion égal à l'angle d'incidence; la partie restante pénètre dans la lame après avoir éprouvé une réfraction qui la rapproche plus ou moins de la perpendiculaire. Parvenu à la seconde face, le rayon éprouve encore une réflexion partielle : une partie passe dans l'air et l'autre est ramenée vers la première face. Là, cette portion réfléchie éprouve encore une réflexion partielle ; la portion qui passe dans l'air est parallèle au premier rayon réfléchi, Tautre portion est ramenée vers la seconde surface où les mêmes phénomènes se reproduisent, et ainsi de suite,

194 DEUXIËUE MËHOIRB

indéfiniment. Ainsi, la totalité de la lumière réfléchie se compose : de la lumière qui a rebondi en touchant eïlérieurement la première face; de celle qui passe dans l'air après avoir éprouvé une réflexion à la seconde face et une réfraction à la première ; et ensuite de toutes celles qui résultent d'une réflexion partielle à la deuxième face, suivie d'une réfraction à la première- La figure ci-jointe (fig. 5) représente aux veux cette

suite de phénomènes plus clairement que toute autre explifcation.

' On remarquera que la même figure indique aus^ avec évidence la manière dont se compose la totalité de ta lumière transmise provenant d'un point R de l'écran MN. Supposons maintenant le verre ST épais et la lumière incidente très- oblique par rapport à la surface, les rayons réfléchis AA', CC, EE', GG', etc., seront assez écartés

SUR LA PHOTOMÉTRIE. 4*6

les uns des autres. En observant dans la direction A A' on n'aurait donc pas la totalité de la lumière réfléchie par le verre et provenant d'un' point donné de la surface.

Pour satisfaire à cette condition , il faudrait pouvoir réunir en un faisceau unique les rayons A A', CC, EE', GG', etc., tant que ces rayons ont une intensité appréciable. Mais il est inutile de chercher les moyens d'opérer cette réunion, car il se produit dans l'expérience quel-

^ que chose d'exactement équivalent lorsqu'on opère sur un écran d'une certaine étendue. Il est clair en effet qu'il y a dans l'écran un point R' voisin du premier point rayonnant R dont le rayon , provenant de la première réflexion sur la deuxième face de la lame de verre, coïn-

^ dde avec le rayon A A' ; un point R^ dont le rayon, prove- Dant de la deuxième réflexion à la seconde face analogue à celle que le rayon venant de R a éprouvée en D, coïncidera encore avec le rayon AA^ et ainsi de suite. Dans la direction AA' on observera donc la même intensité que si les rayons partiels AA', CC', EE\ etc., provenant du même point R, avaient été réunis en un seul faisceau.

Il résulte avec évidence de cet ensemble de considérations que le verre sur lequel on opère doit avoir une étendue suffisante pour que les rayons secondaires , tertiaires, etc., provenant des points R', R^, R''', etc., puissent se réunir au rayon principal AA\ Si l'on ne portait pas son attention sur cette circonstance, on pourrait tomber dans des résultats erronés. Du reste, on est aveiti de l'insuffisance des dimensions de la plaque

10B DEUXIÈME HËMOIRE

par Tapparition de sa trancHe dans le champ de la vision.

Tout ceci étant posé, passons à la description de l'instrument représenté en perspective par la figure 6 et en plan par la figure 7.

Plaçons en face d'une fenêtre un écran vertical MN composé d'une longue bande de papier blanc, tendue sur

Rg. e. — PUque méulliqse noiniia lus liqnalle «si découpée DO» fcDte boiiumUll-

un cadre en bois : ce papier, vu par transmission, sera la source constante à laquelle nous emprunterons la lumière pour toutes nos expériences.

Dirigeons une lame de verre S dans un plan vertical perpendiculaire au papier, et supposons d'abord cette lame fixe. Entre l'écran et k lame de verre plaçons à droite et h gauche de cette lame et parallèlement à l'écran, deux plaques métalliques noircies (fig. 8) et dans les-

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quelles se trouvent découpées deux fentes horizontales qui peuvent être placées à des hauteurs légèrement différentes ; la lumière de l'écran devra nécessairement passer à travers ces fentes horizontales pour tomber sur la lame de verre. Complétons cet appareil par un tuyau de lunette mobile IL, susceptible de prendre toutes les inclinaisons possibles relativement à la lame de verre, soit à droite, soit à gauche de cette lame. Ces inclinaisons sont mesurées à l'aide d'un cercle gradué GH dont les divisions sont parcourues par un vernier, le cercle GH étant attaché invariablement à la pièce T qui porte la plaque de verre. Inversement le cercle pourrait être mobile et le vernier fixé à la pièce T. Nous avons parlé d'un tuyau, et non pas d'une lunette , parce que les observations se font à l'œil nu, toutefois en s* aidant, lorsque c'est nécessaire, d'une lentille convenablement choisie pour chaque observateur et placée entre l'œil et le tuyau, de manière à rendre les bords de la fente bien terminés. La place de l'objectif est occupée par une fente verticale très-étroite qui borne ainsi le champ de la vision.

Supposons cette sorte de lunette à droite de l'écran , on verra par réflexion sur la lame la lumière qui , partant de l'écran, est passée par la fente de droite, et par transmission, la lumière provenant de la fente de gauche. Le contraire aurait eu lieu si la lunette avait été dirigée sur la lame de verre par sa gauche : alors, on aurait vu par réflexion l'image qui , dans le premier cas , se voyait par transmission , et réciproquement. On place généralement les deux fentes de telle sorte que leurs images réfléchies et transmises soient presque à la même hau-

leur, afin que leur comparaison puisse se faire plus

facilement*.

1. Voici la légende de Tappareil décrit dans le texte et repré-, sente par les figures 6, 7 et 8, tel que Ta construit Gambey et que' Texécute maintenant M. Duboscq, successeur de M. Soleil. '

Le photomètre est porté (fig. 6 et 7) par une règle de cuivre ABCD ' en forme de croix: la grande branche CD- de la croix a 0"./(6 de > longueur et la petite branche AB, qui fait corps avec la première, a i une longueur de 0'".12, et est fixée à environ 0".09 de l'extrémité C^ Trois vis calantes placées en A, B et D, à trois extrémités de la croix, servent à rendre Tinstrument parfaitement horizontal. A Textrémité G de la branche GD du pied est fixée une plaque contre laquelle on applique et serre à Taide d'une vis le prolongement du cadre d'un écran MN en papier blanc ayant i mètre de longueur et O^.dO de hauteur. Vers les extrémités de la petite branche AB de la croix qui forme le pied de l'instrument sont vissés deux montants £ et F qui sont destinés à recevoir soit les broches noircies, soit les plaques métalliques noires présentant une fente dans leur longueur, ainsi qu'il est expliqué dans le texte. La figure 8, qui représente le montant E sur une échelle plus grande que les figures 6 et 7, montre comment avec des vis de pression on peut placer soit une plaque fendue, soit une broche à diverses hauteurs et dans des directions telles que les deux broches ou les deux fentes en regard soient à peu près parallèles. A 0".i8 de l'extrémité G de la branche GD se trouve placé le centre 0 d'un cercle gradué GH de 0".12 de diamètre. Aunlessus de ce cercle se trouve placée invariablement la pièce T qui porte la plaque de verre S. Lorsque la règle horizontale OG vient à tourner librement autour du centre 0 du cercle gradué GH , elle entraîne un vemier dont les divisions glissent à frottement contre les divisions intérieures du cercle, de manière qu'il est toujours facile de connaître l'angle de la plaque et d'un rayon visuel dirigé à travers l'appareil KIL. Sur la règle OG se trouvent placés le petit tube K» tournant à frottement doux dans un anneau divisé, et le tube oculaire IL. Le tube K contient le prisme biréfringent, et il peut être avancé ou reculé sur la règle OG et y être fixé à l'aide d'une vis de pression P. Le tube oculaire IL, de 0".37 de longueur, est noirci intérieurement ; il est destiné à écarter du faisceau lumineux observé l'influence des rayons latéraux. Ge tube porte vers son extrémité oculaire un tuyau L qui peat être enfoncé ou tiré plus ou moins à l'aide d'un pignon denté et d'une crémaillère, afin que les images puissent être placées à la

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Gela posé, replaçons la lunette à droite de la lame : si ron diminue l'angle que la ligne visuelle fait avec la

distance de la vision distincte des différents observateurs. A Textrémité objective de ce même tube est une coulisse I garnie d'une fente verticale qui borne le champ de la vision et dans laquelle s'introduit aussi la plaque de cristal de roche (fig. A, p. 192) douée de la double réfraction en son milieu et de la réfraction simple des deux côtés. La lame de verre S qui fournit le faisceau réfléchi et le faisceau transmis qui doivent être observés à travers l'appareil KIL, est serrée à Taide de vis de pression dans une coulisse T placée au-dessus du cercle. Cette lame est ainsi maintenue dans un plan vertical passant par le centre du cercle gradué et le milieu de l'écran MN. Cet Instrument a été présenté à l'Académie des sciences dès le 11 août 18^5 ; les Comptes rendus des séances (t XXI) renferment les indications suivantes :

« On ne pourrait guère sans le secours de figures donner une idée exacte et suffisante de l'instrument du secrétaire perpétueL Nous nous bornerons à dire ici qu'il est d'une manœuvre facile ; qu*il peut être employé avec sûreté, même dans les appartements où la lumière arrive de tous côtés, même en plein air; que la double réfraction y joue un rôle important ; que M. Arago , ayant à faire varier, suivant des proportions certaines, les intensités éclairantes des surfaces auxquelles il emprunte les faisceaux réfléchis et transmis par les miroirs mis en expérience, a recours à des moyens nouveaux ; que ces moyens n'impliquent absolument rien touchant la proportion de lumière que les surfaces, comme celles du papier, par exemple, peuvent émettre , suivant leur inclinaison , suivant la force et la direction des rayons éclairants, etc., qu'ils ne donnent jamais lieu à ces images de couleurs différentes, dont la comparaison est sujette à tant de difficultés. Afin de montrer l'exactitude de ses méthodes, M. Arago a rapporté Ihs résultats numériques d'un grand nombre d'expériences et plusieurs des lois simples et générales quMl en a déduites.. Une publication prochaine devant mettre l'ensemble de ce travail sous les yeux des physiciens, nous pouvons, pour le moment, nous borner à ces courtes explications. Nous n'ajouterons plus qu'un seul mot : M. Arago a montré comment son photomètre devient un polariscope de comparaison, quand on possède une table exacte des quantités de lumière qu'une lame de verre à faces parallèles transmet et réfléchit sous toutes les inclinaisons possibles. »

surface du verre, Timage réfléchie ira en augmentant; rimage transmise , au contraire , ira en diminuant. Une augmentation dans l'inclinaison de la ligne visuelle et de la surface du verre, aurait amené, au contraire, une diminution dans la lumière réfléchie et une augmentation dans la lumière transmise. En faisant varier cette inclinaison dans le sens convenable, il sera donc possible de saisir rinstant où les deux portions de Timage réfléchie et de rimage transmise vues à travers la fente objective auront la même intensité; en d'autres termes, on aura déterminé ainsi l'inclinaison où la lame réfléchit autant de lumière qu'elle en transmet. Cet angle, dans la lame de verre dont on s'est primitivement servi, est de 11° 8'.

Voyons si cet appareil nous met à l'abri des différentes causes d'erreur dont l'observation pourrait être affectée.

D'abord, il est évident qu'aucune erreur ne peut résulter de l'inégalité du rayonnement provenant de l'angle d'émission, puisque dans la supposition d'une perpendicularité exacte de la lame et de l'écran , les rayons vus par réflexion sont émis sous le même angle que les rayons vus par transmission. Il pourrait arriver, il est vrai, que les points qui fournissent l'image réfléchie ne fussent pas exactement du même éclat que les points d'où partent les rayons transmis. Mais on se met facilement à Tabri de cette cause d'erreur en observant une fois par la droite, une seconde fois par la gauche de la lame et en prenant la moyenne des deux résultats ainsi obtenus. Si les points de droite, par leur plus grand éclat , rendaient l'image réfléchie trop forte et conduisaient, dans la mesure ac-

taelle, à un angle trop grand , dans la seconde observation ces mômes points fournissant l'image transmise donneraient un angle trop petit ; en supposant Tinégalité légère, la moyenne des deux déterminations doit conduire à un résultat presque mathématiquement exact.

On pourra remarquer que les deux images réfléchies et transmises ne tombant pas sur la rétine à la même hauteur, le jugement est affecté de Tinégale sensibilité des différentes parties de cet organe : Timage réfléchie, par exemple, peut paraître plus lumineuse que Tirnage transmise, non parce qu'elle Test réellement, mais parce que la portion de la rétine où elle se forme est plus sensible que celle qui correspond à Timage transmise. Mais remarquons que Timage réfléchie devient Timage transmise lorsque après avoir fait une observation à droite, on la répète à gauche ; en sorte que la moyenne des deux déterminations se trouve indépendante de la. cause d'erreurs très-délicate que nous venons d'indiquer.

Une troisième cause d'erreur peut dépendre d'une position défectueuse de la plaque relativement au rayon du cercle gradué à partir duquel on compte les inclinaisons. Cette erreur, que les astronomes appellent dans leurs instruments l'erreur de coUimation, est évidemment détruite lorsqu'on prend la demi -somme des observations faites à droite et à gauche.

Au surplus l'angle de li'8', ainsi déterminé, va npus servir de critérium pour étudier expérimentalement les propriétés de notre écran; il nous servira en particulier à décider s'il est nécessaire de s'astreindre à établir une perpendicularité rigoureuse entre les faces de la lame et

la surface de Técran. Supposons, en effet, qu'on déplace notre photomètre parallèlement à lui-même devant l'écran et qu'on ne compare cette fois que les observations faites d'un seul côté : on trouvera que l'instrument peut être transporté jusqu'à cinquante centimètres à gauche et à droite de sa position primitive (c'était le déplacement que comportait la monture de notre photomètre) sans aucune altération sensible dans les résultats; ce qui prouve que, dans l'étendue de un mètre, l'écran est partout également lumineux.

Le photomètre étant revenu à sa position initiale, on Ta incliné, en le faisant tourner sur lui-même, en telle sorte que la lame de verre allât rencontrer l'écran de papier sous des inclinaisons variables. Dans des expériences où cette inclinaison a été, écartée jusqu'à 20* de la perpendiculaire, ce qui correspond à des angles d'émission variant de 88* à 63®, on a toujours trouvé en moyenne 11' 8' pour l'inclinaison où la lumière transmise était égale à la lumière réfléchie ; ce qui impliquait une parfaite égalité entre la lumière émise sous l'incidence perpendiculaire et sous une inclinaison de 63".

Il faut bien remarquer que ces résultats pourraient ne pas être vrais pour un écran d'une autre nature ou autrement placé; ce qui nous importait et ce qu'il fallait établir, c'est que celui dont nous nous servions jouissait incontestablement des propriétés énoncées.

Il y a, dans ce genre d'expériences, des difficultés imprévues et dont il est indispensable de tenir compte. Nous avons, par exemple, remarqué que l'observation des deux fentes lumineuses réfléchies et transmises lorsque la

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. «totalité de Toeil se trouve dans l'obscurité est fatigante et . UD peu plus incertaine que celle par laquelle nous Tavons . remplacée ordinairement et dont nous allons rendre

compte.

'l Enlevons totalement les plaques noircies de droite et , M gauche, et fixons devant l'écran deux broches noir- ^ ; des occupant l'ancienne place des fentes ^ ; replaçons de . /iK)uveau la lunette visuelle à droite de la lame de verre. ^.: JU lumière de l'écran tombe en plein sur cette plaque et

:**e paraît interceptée que dans la direction qui va de ,J l'écran à la broche noire; l'œil voit comme une sorte

Nombre de cette broche par réflexion, ce qui n'empêche

ffifi la lumière transmise d'arriver librement à l'œil dans ' *• direction de cette ombre. La broche située du côté

ft>posé se projette sur l'écran et empêche la lumière cor- 'îtepondante de parvenir à l'œil ; cette broche forme donc ^Ife-mêine une sorte d'ombre par transmission, sur laquelle viennent se peindre les rayons de l'écran réfléchis Kllr la lame de verre. On a ainsi le champ général de la E^taque de verre éclairé à la fois par la lumière réfléchie H par la lumière transmise sur lequel viennent se dessiner Ine image de la broche réfléchie, éclairée par la totalité le la lumière transmise, et une image de la broche transluise, éclairée par la totalité de la lumière réfléchie par La lame de verre. Il est évident que l'observation des deux broches ainsi éclairées doit conduire au même ré- Bidtat que l'observation des deux fentes; il n'y a de dif-

1. Lesbrochesdontil est ici question dans le texte sont figurées dans les dessins du photomètre donnés plus haut (fig. 6 et 7, p. 196 et 197), à la place des plaques noircies, qui sont d'un emploi plus difficile.

férence qu'en ce point que dans le premier cas la lumière des deux fentes était entourée d'une obscurité complète^ tandis îque dans le second la lumière équivalente de^ Ideux broches est entourée d'un fond lumineux. Cette 'circonstance rend Tobservation moins pénible, sans lui rien ôter de son exactitude, ce qui ne pourrait être ezplt que que physiologiquement.

Nous avons rendu compte tout à Theure de Tobservation jqui nous a conduit à déterminer Tinclinaison sous laquelle la lumière réfléchie est égale à la lumière transmise ; on comprendra facilement que ce même système d'observations conduira à la détermination de Tangle sous lequel la lumière réfléchie est la moitié de la lumière transmise.

Supposons, en effet, qu'au lieu de viser à cette lumière transmise à l'œil nu, on lui fasse traverser la partie centrale des. plaques en biseau que nous avons décrite plus haut, tandis que l'image réfléchie passera à travers la partie de ces plaques dépourvue de la double réfraction ; en faisant varier graduellement la position de la lunette, on trouvera l'inclinaison sous laquelle l'une des images prismatiques de la lumière transmise est égale à la totalité de l'image réfléchie. Toutefois la lumière transmise étant polarisée par réfraction et donnant naissance, en général , dans son passage à travers les biseaux de la plaque à deux images d'intensités inégales, il faudra avoir l'attention de placer cette plaque dans la position où les deux images prismatiques auront exactement la même intensité, ou, ce qui revient au même et est ordinairement plus commode, il faudra placer, sur le trajet da

SUA LA PUOTOMÉTRIE. 207

rayon transmis et du rayon réfléchi , une lame de cristal de roche à faces parallèles, taillée parallèlement à Taxe et qui, par son action, ramène la lumière polarisée qui la traverse à deux faisceaux polarisés rectangulairement, en telle sorte qu^en traversant la portion en biseau de la plaque cette lumière doive nécessairement se partager en deux faisceaux de même intensité. On conçoit quMl soit possible, en employant deux prismes au lieu d*un seul , farriver (pourvu qu*on emploie des moyens convenables pour réduire toujours les images successivement dédou* Uées à régalité) à déterminer Tinclinaison sous laquelle la lumière réfléchie est le quart de la lumière transmise. La même méthode appliquée à la lumière réfléchie sous des angles plus petits conduira à la connaissance des angles dans lesquels la lumière réfléchie est le double et le quadruple de la lumière transmise.

Pour se rendre indépendant, dans ce nouveau genre f observations, de Tinégale sensibilité des différents points de la rétine, on déplace, dans des observations successives, les fentes ou les broches, en telle sorte que la partie dédoublée soit tantôt au-dessus et tantôt au-dessous de celle qui n*a pas éprouvé de bifurcation.

Par ces méthodes convenablement appliquées on a déterminé :

L'angle de &* 32^ sous lequel la lumière réfléchie par une plaque est quadruple de la lumière transmise ;

L'angle de T 1' sous lequel la lumière réfléchie est double de la lumière transmise ;

L'angle de 11'' 8' sous lequel la lumière réfléchie est égale à la lumière transmise ;

L*aDgle de 17" 17' bous lequel la lumière réfléchie est la moitié de la lumière transmise ;

L'angle de 26'' 38' sous lequel la lumière réfléchie est le quart de la lumière transmise.

En comparant la lumière réfléchie au quart de la lumière de la fente se projetant librement sur Técran, on a pu, en dehors de la série précédente, déterminer Tangle sous lequel la lumière réfléchie est le quart de la lumière totale. Or, si un quart de la lumière totale est réfléchi, les trois quarts sont transmis; donc T angle de 21* 39^ ainsi déterminé est celui pour lequel la lumière réfléchie est le tiers de la lumière transmise.

Partant de ces expériences qui donnent six déterminations pour un intervalle d'environ 22*, MM. Laugier et Petit ont pu, à ma prière, sans aucun scrupule, déterminer, par les formules connues d'interpolation, les quantités de lumière réfléchie et transmise pour chaque degré d'inclinaison compris entre les angles déterminés directement.

Table des quantités de Ivmière réfléchie et de lumière transmise sous diverses inclinaisons par une lame de verre à faces parallèles.

Angles d'incidence.

Lumière réfléchie.

Lnmiëre transmise

SUR LA PHOTOMÊTRIE. t09

Angles d*ineidence.

Lumière réfléchie.

Lumière tnosmise,

AnqUi directement déterminés par f expérience et gui ont servi

à construire la Table précédente.

Angles d'incidence.

Lamière réfléchie

en partie

de la lamière incidente.

A l'aide des nombres contenus dans cette première table de résultats directs et interpolés, nous allons vérifier la loi du carré du cosinus, non plus, comme nous l'avons déjà fait *, pour des rayons marchant confondus, mais bien pour des rayons restant continuellement séparés.

Concevons que la fente d'une des plaques noircies se projette sur l'écran, immédiatement au-dessus de la plaque de verre ; que la seconde fente, placée un peu plus bas, laisse arriver sur le verre la lumière de l'écran, qui sera vu ainsi par réflexion ; décomposons la première lumière à l'aide- de la partie en biseau des plaques dont nous nous sommes déjà servis et ne tenons compte que de l'image ordinaire ainsi obtenue ; décomposons la lumière de cette image ordinaire à l'aide d'un nouveau prisme dont la section principale puisse être exactement déterminée de position par rapport à celle du premier à l'aide d'un cercle gradué. Le mouvement de rotation de ce second prisme enlèvera à la lumière de l'image ordinaire fournie par le premier des quantités plus ou moins considérables de rayons , suivant que les sections principales des deux prismes formeront entre elles de plus grands angles. Dans chaque position on pourra comparer l'image ordinaire ainsi affaiblie à l'iniage située immédiatement au-dessous et fournie par la réflexion de la plaque de verre. En faisant varier la position de la ligne visuelle, on déterminera l'inclinaison sous laquelle l'image réfléchie est égale à ce qui reste d'intensité à l'image ordinaire : si cette image réfléchie est connue, et la table d'interpola-

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