TROISIÈME
LU À L'A£àd£iI» des sciences , le 15 AVRIL 1850 '
ÉVALUATION DES QUANTITÉS DE LA LUMIÈRE RÉFLÉCHIE ET DE LA LUMIÈRE TRANSMISE PAR UNE LAME DE TERRE SOUS LES PLUS GRANDS ANGLES
Des physiciens qui veulent me faire Thonneur de répéter mes expériences photométriques, ont sollicité quelques éclaircissements sur l'emploi des appareils dont je me suis servi.
1. Mémoire inédit dont les Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie contiennent seulement l'extrait suivant:
« Dans ses deux premières communications Tauteur avait montré comment il est possible de former une table des quantités de lumière réfléchie et transmise par une lame de verre pour de petites inclinaisons comptées à partir de la surface, pour les inclinaisons comprises entre 4 et 26 degrés.
0 II a montré aujourd'hui de quelle manière il est possible de passer de ces premiers résultats aux nombres qui représentent les quantités de lumière réfléchie et transmise sous les plus grands angles.
« Ainsi, les physiciens connaissent dans tous ses détails la méthode par laquelle a été formée la table photométrique mise sous les yeox de l'Académie, et résultant des expériences et des calculs faits par MM. Laugier et Petit, sous la direction de M. Arago.
« L'auteur du Mémoire a montré ensuite comment cette méthode
TROISIÈME MÉMOIRE SUR LA PHOTOMËTRIE. 247
Ils demandent, par exemple, comment on peut s'assurer que la lame de cristal de roche que j'ai substituée aa prisme analyseur dans les expériences relatives à la vérification de la loi du carré du cosinus est exactement parallèle aux arêtes du prisme hexaèdre.
Je réponds que cet exact parallélisme n'est nullement nécessaire. Il suffit que la lame employée ne soit pas perpendiculaire à l'axe du cristal, car, dans ce cas, au lieu des phénomènes décrits , on aurait les phénomènes de rotation dont M. Biot s'est tant occupé, et que j'avais découverts dès l'année 1811 *.
peut être appliquée à la détermination de la perte de lumière qui s'opère par la réflexion à la surface des métaux. Les expériences ont porté sur des miroirs de platine, d^acier, et sur i*alliage dont on se sert pour la fabrication des miroirs de télescope. Mais comme ces miroirs n^étaîent pas, au point de vue ctiimique, d*une très-grande pureté, les expériences seront renouvelées prochainement.
a Dans ce nouveau travail, Tauteur a particuUërement porté son attention sur les pertes de lumière très -considérables annoncées par Bouguer, qui se feraient dans Pacte de la réflexion totale à la seconde surface des corps et même dans les incidences où ne s'opère qu une réflexion partielle. Ses observations n'indiquent aucune perte appréciable. Bouguer, pour Tangle de la réflexion totale, avait fixé la perte au tiers ou au quart de la lumière incidente ; M. Potter avait déjà constaté Tinexactitude de ce résultat; les nouvelles observations de M. Arago prouvent que la perte, si perte il y a, ne se monte certainement pas au centième du total.
« Dans la dernière partie de son Mémoire communiquée à TAcadémie dans cette séance, M. Arago s'est attaché à évaluer en nombres la sensibilité du polariscope. Il a trouvé que cet instrument
accuse sans équivoque dans un faisceau ^ de lumière polarisée. On
peut regarder ce chiflfre comme donnant le degré de sensibilité moyenne d'un œil non fatigué, car Mi\f. Laugier, Petit et Charles Mathieu sont arrivés au, même résultat. »