‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 44 sur 153 · MAXIMUM DE DENSITÉ DE L^EAU · texte numérisé non relu

MAXIMUM DE DENSITÉ DE L^EAU

I L'eau, comne tous les corps de la nature, augmente iie densité lorsque sa température diminue. Ainsi , ce liquide à 6* est plus dense qu'à T; à 5** plus qu'à 6*; à 4' plus qu'à 5* ; mais , chose singulière , lorsqu'on a dépassé le terme 4', la densité diminue avec la température; en sorte qu'à 3* elle est moindre qu'à ft*, à 2* moindre qu'à S*, à 1* moindre qu'à 2', et à (V* moindre qu'à 1*. L'eau a donc un maximum de densité correspondant aux environs de 4 degrés centigrades.

Depuis que cette anomalie a été constatée, les physiciens en ont fait souvent l'objet de leurs recherches, les uns pour en découvrir la cause , les autres pour déterminer, le plus exactement possible, le degré du thermomètre auquel correspond le maximum.

zn MÉMOIRE

Dans les expériences ordinaires , le degré où Ton observe le maximum de densité est plus ou moins affecté par la valeur assignée à la dilatation du vase dans lequel le. liquide est renfermé. J'avais imaginé, très-anciennement, je veux dire il y a trente-cinq ans, que je pourrais me rendre indépendant de cette cause d'incertitude, enj mesurant directement, non plus la densité de l'eau, mais sa réfraction, qui, pour un petit nombre de degrés, doit évidemment augmenter avec la densité.

Je soumis cette idée à l'épreuve de l'expérience, et j« trouve dans mes registres, à la date du 19 janvier 18i5, des observations, desquelles il résulterait que la réfraction de l'eau, au lieu d'être à son maximum à -|- 4** centi* grades, augmenterait jusqu'à 0° ; en sorte que, en prenant la réfraction pour critérium^ l'eau n'aurait pas de maximum de densité. Ce serait donc une singularité nouvelle ajoutée à l'anomalie déjà constatée par d'anciennes observations; peut-être trouverait- on dans l'augmentation de la réfraction de l'eau, nonobstant la diminution de densité, le moyen d'expliquer ce que cette diminution de densité présente d'extraordinaire.

On pourrait supposer, par exemple, qu'à à* et ai>i dessous, une petite portion de l'eau passe à l'état d« glace, ce qui suffirait pour masquer la condensation réelle du reste du liquide, et, d'un autre côté, comme la mesurej de la réfraction ne porterait pas sur la portion passée à| l'état de glace, il y aurait néanmoins augmentation, quant à cette réfraction, de 4° à 0°.

Pour rendre le pointé facile et suffisamment délicat, j'achromatisais le prisme d'eau avec un prisme de verre ;

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