‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 88 sur 153 · RAPPORT SUR UN MÉMOIRE PE FRESNEL, RELATIF A LA DOUBLE RÉFRACTION · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR UN MÉMOIRE PE FRESNEL, RELATIF A LA DOUBLE RÉFRACTION

Beaucoup de cristaux jouissent, comme on sait, de la propriété singulière de partager en deux faisceaux distincts chaque pinceau lumineux qui les traverse. Les physiciens, pendant longtemps, ne s'étaient pas accordés mtre eux sur les lois mathématiques d'après lesquelles 5*effectue cette bifurcation. Mais tous, sans exception, avaient admis qu'une moitié de la lumière incidente se réfracte dans le cristal suivant le principe découvert par Descartes, et ils désignaient cette moitié par le nom de faisceau ordinaire. L'objet principal du Mémoire de M. Fresnel est de montrer que, dans certains cristaux qu'on appelle à deux axes, il n'y a point de rayon ordinaire proprement dit, ou, en d'autres termes, qu'aucune portion de la lumière qui les traverse ne s'y réfracte, en général , suivant la loi du sinus.

Avant de présenter l'analyse de l'important travail de M. Fresnel , il ne sera peut-être pas inutile de rappeler qu'il y a, dans tous les cristaux doués de la double réfraction, des directions particulières suivant lesquelles il ne se forme pas de double image. Ces directions portent le Dom d'axes. Dans certains cristaux, comme, par exemple, le carbonate de chaux , le quartz, etc., etc., on ne trouve

i. Rapport fait à rAcadémie des sciences le 19 août 1822, au nom d*une commission composée de MM. Fourier, Ampère et Arago, rapporteur.

qu'un seul axe. Dans d'autres , tels que la topaze, on en reconnaît deux. Personne jusqu'ici n'a vu de cristaux à trois axes et il est même fort douteux qu'il en existe de tels.

On n'a découvert jusqu'à présent que deux méthodes distinctes pour mesurer la puissance réfractive des corps. Dans l'une, que presque tous les physiciens ont pratiquée/ on suit les rayons dans les déviations qu'ils éprour vent en traversant des prismes. On en déduit pour une inclinaison donnée les angles d'incidence et de réfraction et par suite le rapport des sinus. Dans la seconde, beaucoup moins connue, on détermine directement le changement de vitesse qu'éprouve le rayon en passant du vide dans le milieu. Mais quel que soit le système qu'on adopte sur la nature de la lumière, ces deux déterminations rentrent l'une dans l'autre. L'auteur du Mémoire' s'étant presque exclusivement servi de la seconde méthode, nous rappellerons ici , sinon les principes sur lesquels elle se fonde, du moins le système d'opérations qu'elle nécessite.

On adapte au volet de la chambre obscure une lentille à court foyer sur laquelle un miroir extérieur, celui d'un héliostat, par exemple, envoie horizontalement les rayons solaires. Après avoir formé ainsi un point rayonnant , on fait tomber la lumière qui en émane' sur deux fentes très-fmes pratiquées dans une lame métallique. Chaque fente éparpille la lumière qui la traverse. Les deux pinceaux dilatés se croisent alors derrière l'écran et donnent naissance, par leur interférence, à un système de franges alternativement brillantes et obscures. La frange centrale est toujours brillante; elle résulte de la réunion

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