DOUBLE RÉFRACTION. U
de deux rayons qui ont parcouru des chemins parfaitement égaux, ces chemins étant comptés à partir du foyer de la lentille.
Si, sans rien changer aux dispositions précédentes, on place, sur la route parcourue par les rayons, devant ou derrière chacune des fentes, des lames diaphanes de même épaisseur et de même réfringence, les franges resteront immobiles : elles se déplaceront au contraire dès rinstant où les deux milieux interposés quoique d'égale épaisseur différeront en pouvoirs réfractifs. La quantité de ce mouvement mesurée avec le micromètre conduira par un calcul très-simple à la détermination du rapport des sinus dans les deux lames interposées. Le moyen s'applique avec une égale facilité aux faisceaux soit ordinaires, soit extraordinaires. C'est peut-être une singularité de cette méthode qui n'est pas indigne de remarque, qu'elle puisse fournir la mesure des pouvoirs réfractifs par l'observation de rayons qui ne se réfractent point et traversent les corps en ligne droite.
Appliquons maintenant ce procédé à un cas particulier. Yeut-on savoir, par exemple, si la topaze a la même réfringence dans deux directions données? On la sciera d'abord, suivant ces deux directions, comme l'a fait M. Fresnel, en lames à peu près parallèles auxquelles on donnera la même épaisseur en les travaillant ensemble. Il ne restera plus ensuite qu'à les appliquer l'une et l'autre sur les deux fentes de l'écran , de manière toutefois que chaque lame ne couvre qu'une fente. Or, dans ce cas-ci, les franges, quel que soit le sens des coupes, n'occuperont presque jamais la même place avant et après l'interpo-
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sition des lames. En comparant deux sections particulières, que M. Fresnel fait connaître, et qui lui avaient été indiquées d'avance par sa théorie, le déplacement s'est élevé dans les expériences jusqu'à 20 franges. L'incertitude de l'observation n'était pas d'une demi-frange. Il est donc démontré, tout singulier que ce résultat puisse paraître, que dans la topaze et à l'égard de ces rayons que jusqu'ici on avait appelés ordinaires, le rapport du sinus d'incidence au sinus de réfraction n'est pas constant.
Quoique les principes sur lesquels M. Fresnel s'est appuyé dans ses expériences soient maintenant au nombre des vérités les plus incontestables de l'optique, on a pensé qu'il serait utile de s'assurer des variations de réfraction dont nous venons de parler, par une méthode plus directe, c'est-à-dire par l'observation immédiate de la déviation des images. L'auteur s'est prêté avec empressement à ce moyen de vérification et nous a montré des prismes de même angle qui, taillés en divers sens dans une topaze, ne réfractaient pas également les rayons ordinaires. En choisissant les coupes particulières qui avaient donné le plus grand déplacement des franges dans les expériences de diffraction et travaillant simultanément les deux prismes sous un angle commun de 92* |, M. Fresnel a exécuté un petit appareil où la différence des déviations des rayons ordinaires est tellement manifeste, qu'elle n'échapperait pas à l'œil le moins exercé.
On doit à MM. Brewster et Biot un grand nombre d'expériences très-précises sur les cristaux à deux axes; mais ces habiles physiciens n'ont pas découvert la véritable loi des déviations absolues des rayons, puisqu'ils