ACTEURS RE DRAME
c’étaient d’ardentes natures, en qui brûlait une flamme que, pour ma part, je ne sens plus chez les comédiens réalistes d’à présent, pour qui le comble de l’art consiste à tourner le dos au public et a lourrer leurs vraies mains dans leurs vraies poches, ni chez les ingénues de nos théâtres « chic », à qui je trouve l’air sérieux et raisonnable de petits chefs de bureau.
lis sont morts, les vieux artistes, et comme ils ont lait leur purgatoire sur terre dans ces dernières années, je ne doute pas qu’ils ne soient allés tout droit au Paradis des acteurs, où leur récompense est probablement de jouer, pendant toute l’éternité, un très beau rôle, devant une salle pleine, avec des tonnerres de bravos à chaque tirade. Saint Genest, tragédien et martyr, leur bienheureux patron, a certainement décidé saint Pierre à leur ouvrir la porte, et, pour leur rappeler les beaux soirs de la Gaîté et de la Porte-Sâint-Martin au moment de la chute du rideau, le chœur des anges a dû les accueillir parce cri prolongé : ce Tous !... Tous !... »
15 juin 1893.
LE NAUFRAGE DU « VICTORIA
Un chien hurle, dans la rue. L’omnibus lui a écrasé la patte. Devant la pauvre bête, qui saigne et qui crie, la foule s’arrête, et le cœur de plus d’un passant bat de pitié.
Cependant, l’un de ceux qui, tout à l’heure, en présence de l’animal blessé, étaient le plus vivement émus, avaient presque les larmes aux yeux, entre au café, parcourt un journal, et, sous ce titre ronflant : « Une terrible catastrophe », il apprend, en quelques mots d’une sécheresse télégraphique, l’épouvantable drame qui vient de se passer en rade de Tripoli.
Un cuirassé de premier rang, une machine navale du dernier type, un admirable vaisseau de gueire, sur qui flottait le pavillon britannique et