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leur dans lame et d’éloquence dans la parole pour s’adresser directement au peuple italien, pour lui crier que nous 11e le haïssons pas, que nous 11e le menaçons pas, que nous le voyons, sans doute, avec un amer regret, rechercher l’alliance de notre ennemi, mais que nous sommes toujours prêts à l’oubli, à la réconciliation, et que jamais nos rêves de victoire — si tant est que nous fassions encore de tels rêves • — ne se tournent du côté d’une nation qui est notre sœur d’origine, qui parle presque la même langue que nous, et avec qui nous gardons, quand même, tant d’idées, d'aspirations, de sentiments et de souvenirs communs ?
Mais, en apportant de la sorte a l’Italie les paroles cordiales de la France, il faudrait que le médiateur ne compromît pas cependant notre fierté nationale. Tout en affirmant à nos voisins la force et la sincérité de nos résolutions pacifiques, il faudrait qu’il ajoutât que nous ne les craignons pas, que notre frontière est sacrée, que, si cela devenait nécessaire, nous saurions retrouver encore un étendard d’autrefois, — iis ne sont pas tous, pardieu! dans les trophées allemands ! — un vieux bâton où pend une loque de
soie tricolore, que surmonte une aigle bossuée par les balles, et qui ferait reculer nos agresseurs, non pas d’effroi, mais de honte, quand ils reconnaîtraient, déployé sur les Alpes, le drapeau de Magenta !
31 août 1893