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le sentiment du pittoresque, la puissance surtout.
J’ai admiré, à l’état de ruine, leur maître à tous, Frédérick Lemaître, et, bien qu’à bout de forces, édenté, presque aphone, lui seul m’a donné — j’ose le dire — la sensation du tragédien de génie et d’inspiration. J’ai vu Mélingue, dont le talent était plus artificiel, mais qui composait ses rôles avec tant de goût, les jouait d’un mouvement, d’une verve si entraînante, et s’y incarnait avec une telle maîtrise, que sa disparition a rendu simplement impossible la reprise de tout un répertoire. J’ai vu Laferrière, trop maquillé, presque grotesque au premier coup d’œil, jouant tous les rôles en bottes à glands et en collant gris, mais qui savait trouver encore, dans les scènes d’amour, des cris et des sanglots de passion comme je n’en ai plus entendu sur la scène. J’ai vu Bocage, le romantique, Rouvière, le shakespearien. J’ai vu Dumaine, beau comme un Dieu, — et svelte. Et je me rappelle encore ce pauvre Lacressonnière, de qui la mémoire défaillante et la diction empâtée nous faisaient peine, dans ces derniers temps, je me le rappelle, dis-je, sous les traits du plus gracieux et du plus élégant des jeunes premiers.
Tous ces artistes de mérite supérieur — excepté