SUR SON ACCOUCHEMENT
Amante, épouse heureuse, il manquoit à vos vœux
Le doux titre de mère.
Vous en voilà parée , et le fruit de vos feux Est une fille aimable, et qui vous sera chère. Les roses et les lis , sur votre teint en fleur, Déjà sont en boutons sur son jeune visage ; Vous y voyez vos traits , vos yeux , votre douceur, Tout ce qu'il faut pour plaire; enfin c'est votre image,
C'est Vénus au berceau.
De deux cygnes brillants peut-il naître un corbeau i Couple charmant, admirez votre ouvrage.
Vous savez si votre bonheur Est cher à mes désirs , et si je le partage. M*** vit encor dans le fond de mon cœur :
Malgré l'hymen , malgré l'absence , Ce précieux trésor, que j'ai sacrifié
Aux prières de l'amitié , Me coûte encor des pleurs chaque fois que j y pense. L'amour n'est point un bien qu'on perde sans douleur ; Et l'homme , dont les feux sont souvent un caprice , Se console de tout, mais non du sacrifice De l'idole de son cœur.
* Autre pièce de la première édition du Début poétique à laquelle l'auteur n'accorda point les honneurs de la réimpression.
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