‹ Œuvres complètes de Gringore; (volume 2)Chapitre 155 sur 207 · Peut-être faut-il lire fulmigné , fulminé · texte numérisé non relu

Peut-être faut-il lire fulmigné , fulminé

2. L'importance de la matière, le silence des dictionnaires et de presque tous les livres françois, nous excuseront auprès du lecteur si nous faisons de la science facile, en lui donnant sur ce vin tout ce que les dictionnaires anglois et les notes sur Shakespeare nous en ont appris; voici ce qu'en dit Halliwell :

Bastard. — A kind of sweet Spanish wine, of which there were two sorts, white and brown. Ritson calls it a wine of Corsica. It approached the muscadel wine in flavour, and was perhaps made from a bastard species of muscadine grape. But the term, in more ancient times, seems to hâve been applied to ail mixedand swestened wines. See Beaumont and Fletcher II, 427; Robin Goodfellow, 7; Harrison's description of England, p. 222; Squyr of Low Degré, 757; Ordinary and régulations, p. 473.

{HalliwtWs Dictionary, I, 148.)

Barret, dans son Ahfearie ou quadruple dictionnaire ( 1 5 80) , dit que ce vin est de la muscadelle, et Sir Henri Blount, dans son voyage dans le Levant, dit que muscadelle est une sorte de vin ainsi appelé parce que pour sa douceur et son odeur il se rapproche du musc. Ce vin vient en grande partie de 111e de Crète ou dé Candie, cette lie en exportant chaque année douze mille tonneaux. D'autres disent qu'on donne ce nom au vin du Mont Alcino en Italie.

Shakespeare, première partie d* Henri /K, acte 2, scène 4, parle de ce vin :

Why tlun your brown bastard is your only drink.

M. Tollet, dans une note sur ce passage, donne l'extrait

254 Gringore.

Je treuve frïant et gaillard A mon lever, à mon coucher.

Peuple Ytauque.

Je cuyde gue vouliez cercher La pugnicion corporelle

L'Homme Obstiné.

Je appète à bien nourrir ma chair.

suivant de la Maison Rustique d'Olivier de Serres , traduite par Markand en 1616 :

« De tels vins sont appelés vins mun^rd, ou «bastard , parce qu'étant moitié doux, moitié sec, ils partidpcnt de ces deux qualités, sans avoir un goût bien prononcé en chacune d'elles. » (p. 635.)

Johnson dit :

Bastard was a kind ofsweet wint.

Dans une édition donnée en 1630 d'une pièce dramatique intitulée : Vin, Bière, Aie et Tabac, la Bière dit au Vin: «Vous, vin, bien né! Chacun ne vous appelie-t-il pas bâtard, »

Dekkar, dans sa comédie de The Honest Whort (1635), dit assez ingénieusement, acte i, scène 6 :

Bbllafront.

What wine sent theyfori Roger.

Here's six shiilings

To payfor nursing the Bastard.

Dans une pièce de i6}o,La Belle Fille de l'Ouest, on indique qu'il existoit deux espèces de bastard : le blanc et le brun.

Une autre pièce. Le Squire de Bas Étaze, le même dont parle Halliwell, cite ce vin en rang honoraole parmi les vins de Grèce et d'Espagne :

Antioche and Bastard Pyment also and Garnade.

C'est dans ce sens encore qu'en parle Stowe (AnnaUs) : .« Quand un navire vient avec des vins de Grèce ou d'Espa* gne, c'est-à-dire, muscadelle, malvoisie, bastard,» etc., etc.

Moralité. 2J5

Peuple Ytalique.

Craignez vous point de trebuscher, Ou cheoir en la peine éternelle ?

L^Homme Obstiné.

Peuple François (la chose est telle) Fcray en France retourner, Ou de mort tresapre et cruelle Je mourray.

Peuple Ytalique.

Trop estes rebelle.

L'Homme Obstiné.

Icy ne dois point séjourner.

Symonie. l^' '•

Je soulloye les Rommains dominer .

Et à iceulx avoye seuUe aliance ; Mais maintenant on me laisse régner Et tout par tout courir et cheminer, A mon plaisir, au Royaulme de France.

Peuple François est soubz moy en souffrance ; En l'Eglise suis haultement munye :

Peu en y a pourveuz sans Symonie.

Ypocrisie. j

Pourbruyt avoir, je fais la chatemytte Et faintz manger ung tas de herbes sauvages ; Il semble , à veoir mes gestes , d'ung hermite. Devant les gens, prier Dieu je me acquîte, Mais en secret je fais [plusieurs oultrages; Faîgnant manger crucifix et ymages [femme :

Pense à mon cas, trompant maint homme et Tout suis à Dieu, fors que le corps et Pâme.

2}6 Gringore.

Symonie.

Mes serviteurs voy souvent pourmener j En l'Eglise, et y ay grant puissance ; ?

Ilz ne tachent que à prendre et rapiner;* Par mon moyen ilz veullent resigner Bénéfices. A moy ont aliance Curez, Doyens et Abbez, sans doubtance; Chantres, Evesques, à mon plaisir roanye; ^ Peu en y a pourveuz sans Symonie.

Ypocrisie.

Sî je fais bien, je n'y ay nul mérite , Car je déçois souvent les folz et saiges.

En paliant, biens acquiers et hérite :

Je me cource , fiime , despite , irrite , Dont aucuns ont grande perte et dommages; Mon beau maintien , mes gracieux langages Abusent gens, chascun dévot me clame.

Tout suis à Dieu , fors que le corps et l'ame.

Symonie.

On ne veult plus bénéfices donner Se je n'y suis en estât et bobance » ; Asnes commetz chanter et jargonner, En l'Eglise caqueter, sermonner ; Les dignitez je baille pour finance.

Mais cuydez vous que les bons clerz avance?

Je n'en vueil point, je les chasse et regnie. Peu en y a pourveuz sans Symonie.

Ypocrisie.

Il semble aux gens que à bien faire je incite Les souffreteux, vivans en leurs mesnages,

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