Homélie XX, chap. m
ver dans cet antique monument de la pensée chrétienne ces belles idées pliilosophiques que l'antiquité a fait mûrir et que le christianisme a cueillies. En passant par la bouche d'un apôtre, elles acquièrent, non plus de beauté sans doute, mais une force plus grande de persuasion, si l'on en juge par l'émotion de l'auditoire. Le peuple applaudit saint Pierre. Simon, se sentant vaincu, déserte ea frémissant ce débat, et l'âme du vieillard, qui servait d'enjeu, est la conquête de l'apôtre.
On vient de voir le christianisme s'expliquer sut^a ques*tion métaphysique de l'unité de Dieu et de l'existence du mal. Dans un prochain article, je montrerai Clément discutant avec le païen Appion sur la question de la règle morale.
Quelle règle morale pouvait sortir du polythéisme? Aucune, afBrmait la religion nouvelle, et son effort naturel et répété, c'était de prouver qu'elle seule offrait à l'homme une règle de conduite. Le paganisme répliquait qu'il tenait, lui aussi, une morale à la disposition de la société; que si les yeux vulgaires ne l'apercevaient pas, c'est qu'elle était cachée sous des allégories, et, par des interprétations philosophiques subtiles et ingénieuses, il transformait ses fables en autant de maximes el de moralités. Tel est le sujet du débat qui s'ouvre devant nous entre le philosophe Appion et Clément, le nouveau disciple de saint Pierre. Ils sont dans un jardin arrosé par des eaux vives, sous de beaux arbres, au milieu de l'ombre et de la verdure. On dirait le début d'un dialogue de Platon ^ C'est dans ce lieu charmant qu' Appion et Clément sont venus s'asseoir, en-*