Homélie IV, chap. x
touréSy comme toujours, d*un grand nombre d'auditeurs. La discussion s'engage, et Clément ne tarde pas à produire rargument favori des premiers apologistes chréliens : rimmoralité des dieux du paganisme. Il énumère les scandales de rOlympe, et conclut que la seule règle vraiment morale que le paganisme puisse proposer au nom de ses dieuXy c'est de ne pas leur ressembler. Autrement, si après s'être nourri des leçons de la religion païenne, on imite dans sa conduite les exemples qu'elle a donnés, on devient un méchant. Or, c'est une chance ))ien rare de n'être pas empoisonné lorsqu'on a bu du poison *•
Mais le philosophe Appion n'est pas un de ces esprits simples qui prennent à la lettre les traditions païennes. On a vu précédemment Simon le magicien représenter cette classe de réformateurs qui tentaient d'introduire la magie dans le paganisme. Appion représente ceux qui veulent réformer le paganisme par l'interprétation philosophique. Cette malheureuse religion païenne n'est pas morte faute de médecins. Il y avait longtemps, du reste, que la philosophie s'essayait sur les dogmes païens : pareille au jeune Hercule, la philosophie grecque, encore dans son berceau, avait saisi entre ses mains, étouffé sous ses étreintes les dieux du paganisme, et de leurs brillantes dépouilles il n'était resté que des symboles, des idées abstraites, des noms et des images des forces de la nature. Appion, après six cents ans, continue l'œuvre d'Anaxagore; il dédouble le paganisme et distingue entre les croyances du peuple et la doctrine des beaux esprits. Il explique à Clément qu'il y a deux Jupiter, celui des ignorants qui se change en cygne pour séduire Léda, en pluie d'or pour corrompre Danaé, et le Jupiter des philosophes, c'est-à-dire l'air atmosphérique : les adultères du dieu et ses méta-