ÊpItre V, vers 18. — 2. Êpigr
flèche pour flèche. Ils se moquaient des vers de son épltre sur Yamùv/r de Dieu^ qui , disaient*ils, n'avait pas eu de modèle :
Et pour Tamour de vous, ils voudraient bien qu*Horace Eût traité de l'amour de Dieu.
Mieux inspiré cette fois, Boileau leur renvoya le trait :
Non, pour montrer que Dieu veut être aime de nous,
Je n'ai rien emprunté de Perse ni d'Horace ,
Et je n'ai point suivi Juvénal à la trace«
Car bien qu'en leurs écrits ces auteurs, mieux que vous,
Attaquent les erreurs dont nos âmes sont ivres ^
La nécessité d'aimer Dieu Ne s'y trouve jamais prêchée en aucun lieu.
Mes pères, non plus qu'en vos livres ^
La mort seule de Boileau mit fin à sa querelle avec les jésuites. 11 se réconcilia avec Perrault, mais non pas avec eux; la compagnie lui tint rigueur. Malgré ses avances, il n'obtint pas la paix. Les mésintelligences individuelles s'apaisent; les inimitiés collectives sont irréconciUables.
Telles étaient les dispositions des journaux français à l'égard des partisans de l'antiquité. Ils se trouvaient prévenus par des rancunes de corps ou de personnes contre les plus célèbres d'entre eux, et unis à leurs adversaires par des liaisons d'amitié ou de parti. Les journaux étrangers n'étaient guère plus favorables. Basnage de Beauval et Bayle sont placés dans toutes les conditions désirables d'impartialité. Tous deux écrivent en Hollande. L'un est lié avec Fontenelle, mais il n'a aucun sujet de ressentiment contre Boileau ; l'autre aime Boileau, parce qu'il sait que Boileau aime son Dictionnaire ^ et dans une de ses lettres il se féUcite d'avoir obtenu le suffrage de cet excellent