‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 104 sur 199 · H1ST011\K DE LX QUEIŒLLE · texte numérisé non relu

H1ST011\K DE LX QUEIŒLLE

juge '. Mais les journalistes de Hollande, esprits libres et hardis, portaient dans la littérature Tindépendance qu'ils avaient conservée dans leur foi, au prix de Texil, et les idées de Fontenelle et de Perrault, parce qu'elles s'écartaient de la tradition, et ressemblaient à une révolte contre l'opinion officielle, leur plaisaient comme une ressemblance avec eux-mêmes. De plus ils devaient peut-être à leur exil une supériorité de point de vue, et, pour ainsi dire, un plus large horizon. Les écrivains français qui vivent en France au xvu* siècle s'abandonnent tout entiers au spectacle de la littérature française, et sont comme absorbes dans la contemplation de sa beauté. Ceux-là seuls que l'exil a jetés hors de la France ne sont pas captivés uniquement par l'esprit français, comme de Beauval, Basnage, Bernard, Etienne Luzac et quelques autres, à qui un long séjour à l'étranger fait connaître d'autres écrivains, d'autres idées, une autre vie littéraire. La Hollande, au xvu* siècle, est pour les Français exilés une espèce d'observatoire d'où ils suivent le mouvement des lettres, non-seulement dans leur patrie, mais dans leur pays d'adoption, et chez les autres peuples. Il ne paraît pas un ouvrage nouveau dans les Provinces-Unies ou en Angleterre, que Basnage et ses confrères n'en rendent compte immédiatement avec autant d'empressement et d'exactitude que des livres français. Us sont au courant de toutes les idées qui circulent dans l'Europe littéraire, et, dans le cercle plus vaste de leur critique, ils embrassent nonseulement une plus grande étendue de pays, mais une plus grande variété d'objets : la théologie, la philosophie, l'iiistoire, l'éloquence, la poésie, la morale, la médecine, les mathématiques, rien ne leur est étranger ; ils devancent la curiosité et l'aptitude universelles de la critique

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