Lettres mr les Anglais, p
' diesse dans Texpression, tant d*affection pour ses amis, tant de dédain pour ses ennemis, une si haute estime du savoir et du bien, une telle expérience de la vie, un si grand mépris de la mort, cette fierté de caractère, cette cruauté de représailles, voilà des traits de vérité qui attestent que le peintre a senti lui-même ce qu'il a retracé, et j*estime que Lucien était aussi peu capable d*écrire ces Uurts que de faire ce qu'a faitPhalaris. Dans tous les écrits de Lucien on retrouve le seholar 'et le sophiste ; dans les Uttres de Phalaris^ on ne voit partout que le souverain absolu, le tyran". »
Ce magnifique et téméraire éloge attira l'attention publique sur le prétendu chef-d'œuvre épistolaire du tyran de Sicile. Une société de professeurs et de jeunes étudiants de grande famille, qui travaillaient en commun dans le collège de Christ-Church^ à Oxford, en préparèrent une nouvelle édition. Aldrich, doyen du collège, et passionné pour rhonneur de sa maison, présidait aux travaux de cette société, qui comptait des écrivains habiles et des jeunes gens d'un esprit distingué et d'une haute naissance, tout entiers à l'étude des anciens. De temps en temps la société de ChrisuChurch publiait un chef-d'œuvre antique, dont on donnait un exemplaire à chacun des élèves du collège, en cadeau de nouvelle année. On in-* scrivait sur l'édition le nom du doyen Aldrich, qui publia ainsi des ouvrages de Xénophon, de Théophraste, de Lucien et de Platon, ou le nom de quelque jeune étudiant de grande famille et de brillante espérance, dont on préparait ainsi la réputation future. Plus tard, parvenu à de hautes fonctions, il payait par un utile patronage la gloire précoce dont le collège l'avait investi. La société de Chrisi- Church, puissante par ses talents, ses amitiés et sa cama-