‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 146 sur 199 · On reconnaît l'allusion aux quatre mots latins de Boyle · texte numérisé non relu

On reconnaît l'allusion aux quatre mots latins de Boyle

victimes égorgées. Soudain une commotion terrible ébranla la toile dans toute son étendue. L'araignée crut arrivé le jour suprême de la dissolution de la nature. C'était une abeille qui, prisonnière un instant dans la citadelle, en avait par une secousse vigoureuse brisé les portes, dont elle entraînait les débris sur ses ailes, comme Samson, lorsqu'il chargea sur ses épaules les portes des Philistins. Pendant que l'abeille, à quelque distance, dégageait ses ailes que les débris des fils gênaient encore, l'araignée, furieuse de la ruine de sa forteresse, mais trop faible pour attaquer l'abeille, se vengeait en l'insultant : < Misérable moucheron, s'écria-t-elle, bandit, bohémien sans feu ni lieu, qui promènes partout le bourdonnement de tes ailes vagabondes! Ta vie est un vol perpétuel, une maraude sans fin à travers les jardins et les campagnes. Tu pilles indistinctement les chardons et les violettes, tandis que moi, personne domiciliée et rangée, je sais tout tirer de moi-même. Cette citadelle, monument, hélas ! brisé, de mon génie scientifique, je l'avais bâtie de mes mains, et j'en avais puisé les matériaux au fond de mes entrailles. — Il est vrai, répondit l'abeille, je n'ai que les ailes et la voix; mais le ciel me les a données pour la plus noble fin. Je visite les fieurs des champs et des jardins, et je m'enrichis de leur miel, mais sans faire injure à leur éclat et à leur parfum. Je ne suis pas une savante comme vous, je n'excelle ni dans les mathématiques, ni dans l'architecture ; mais, malgré la perfection de vos plans et de votre art, vous avouerez, par l'épreuve que j'en ai faite, que vos bâtiments manquent de solidité. Vous vous vantez de ne rien devoir à personne et de tout tirer de votre propre fonds. Cela signifie, s'il faut juger de la liqueur par le vase qui la renferme, que vous possédez dans votre sein un réservoir de poison. Qui vaut mieux, je le demande, ou de vous qui, toujours en embuscade dans votre repaire, ne tirez de vous-

même que du venin et des toiles perfldes, ou de moi qui, voltigeant sur des plantes choisies, forme avec un art industrieux la cire et le miel ?» A ces mots, Vabeille s*alla poser sur un buisson de roses, jetant un regard dédaigneux sur Taraignée, qui, ramassée sur elle-même, s*apprétait à éclater comme un orateur qui va faire explosion. Or, ce dialogue avait été entendu par celui des anciens qui savait le mieux interpréter le langage des animaux, Tillustre et malheureux Ésope, récemment dépouillé de ses fables par Is^ civilité du bibliothécaire royal. Ésope, brusquement séparé des anciens par le docteur Bentley, était parvenu à les rejoindre, grâce à un heureux stratagème. Au rebours d*un de ses héros qui s*habillait de la peau d'un lion, il se revêtit de la peau d'un âne, et trompant ainsi la vigilance de Bentley, qui le prit pour un moderne, il arriva dans le camp des anciens, juste au moment où la mouche et Taraignée commençaient leur discussion. Élevant alors la voix et s*adressant aux deux armées : « Messieurs, dit-il, la dispute que nous venons d'entendre est exactement l'image de la nôtre. L'araignée et l'abeille représentent, à s'y méprendre, les modernes et nous. Qu'y a-t-il de plus semblable aux modernes que l'araignée, avec ses prétentions et ses paradoxes ? Elle se vante de tout tirer de son propre fonds, et de ne rien devoir à personne, comme vous vous vantez de vous suffire à vous mêmes et de ne dater que de vous ; elle affiche la même confiance dans ses forces que vous dans les vôtres, le même dédain des secours d'autrui, le même orgueil de ses connaissances dans les sciences, dans les arts mécaniques, dans l'architecture, etc. L'abeille, emblème de l'industrieuse activité, vous répond qu'il ne suffit pas d'élever des édifices avec méthode et selon les règles de l'art, mais que les matériaux en doivent être solides ; sinon les ouv^^ges le plus savamment conçus ont la fragilité des toiles d'araignée. Ce qui importe, ce n'est

pas tant l'habileté de rarcbiteete que la bonté des pierres qu'il emploie. Les modernes sont peut-être de meilleurs architectes : mais les anciens n'avaient-ils pas de meilleurs matériaux? Pareils à Taraignée qui tire de ses entrailles un venin corrosif» dont elle renouvelle la source par la mort des insectes ailés, les modernes ont en eux-mêmes un réservoir âe malice et de satire qu'ils répandent sur les insectes inoffensifs de la littérature. Les anciens, comme l'abeiUey n'ont pour eux que leurs ailes et leur voix, c'està-dire leur inspiration et leur langage. Comme elle, avec une ardeur infatigable, et par un travail industrieux , ils ont exploré la nature et façonné dans leurs ruches les > deux choses les plus précieuses pour l'humanité, le miel et la cire, la douceur des mœurs et les lumières de l'esprit. »

Le discours d'Ësope souleva un immense tumulte, et la guerre fut déclarée. Les modernes élurent leurs généraux : tous prétendaient d'abord au commandement en chef, depuis le Tasse et Milton jusqu'à Dryden. Après de longs débats. Despréaux et Cowley sont choisis pour commander la cavalerie légère. Descartes, Gassendi, Hobbes se mettent à la tête des archers ; un corps nombreux de mercenaires combat sous Guichardin, Davila, Mariana et Polydore Virgile. Le reste de l'armée forme une multitude confuse et mal disciplinée, sous les ordres de Bellarmin, de Duns Scot et de .saint Thomas d'Aquin. Du côté des anciens, Pindare commande les chevau-légers, Euclide le génie, natcm et Aristote les archers, Hippocrate les fourrageurs, Hérodote et Tite-Live l'infanterie. Les troupes alliées marchent sous les drapeaux de Wotton et de Temple. On devine aisément les ressorts comiques dont Swift va se servir. C'est d'abord l'imitation plaisante des formes de l'épopée antique, q>pliquées aux scèais d'un combat fantastique, conmie dans ]e Lutrin, dont dwift s'est évidemment

souvenu ; c'est l'imprévu des épithètes homériques, s'adaptant à des personnages français ou anglais ; c'est la rencontre des dieux de la mythologie avec les héros modernes. Au moment où les deux armées vont en venir aux mains , Swift ne manque pas d'ouvrir le ciel et de montrer l'Olympe entier rangé autour de Jupiter pour assister au combat. De même que Virgile^ après Homère, place Ënée sous la tutelle de Vénus, Swift donne à Wotton pour mère et pour protectrice la déesse Critique, < un monstre aux griffes de chat, aux dents proéminentes , et dont les yeux sont tournés en dedans, comme si elle passait sa vie à se contempler. » Un autre mérite de Swift, c'est l'art avec lequel il tire d'une allégorie tout le parti qu'elle peut offrir à une imagination féconde ; nul ne sait la pousser plus loin que lui, et saisir dans l'idée générale de l'allégorie plus de rapports de détails, plus d'analogies expressives entre les idées. Nul ne sait mieux exprimer symboliquement, par les traits physiques dont il compose les portraits de ses personnages, les qualités ou les défauts de leur caractère et de leur esprit. Quelquefois les rapports sont assez subtils pour exiger du lecteur un effort d'esprit et même pour lui échapper. Il faut réfléchir un instant, par exemple, pour deviner que si l'auteur donne à Descartes, à Platon et à Aristote le commandement des archers, c'est que leurs flèches qui percent la nue sont l'emblème des hautes spéculations philosophiques qui s'élèvent jusqu'à l'étude de Dieu. La réflexion la plus attentive ne parvient pas à expliquer pourquoi Swift donne un grade à Boileau dans la cavalerie légère des modernes. Mais les méprises de ce genre sont rares dans la Bataille des livres. Le choix de l'emploi que Swift prête à ses héros , des adversaires qu'il leur oppose, et même des armes qu'il leur donne, est presque toujours une épigramme ou une louange spirituelle. Il se platt à mettre aux prises soit un poëte ancien avec son traducteur,

soit un ancien et un moderne qui se sont exercés dans le même genre ou sur les mêmes sujets, soit un grand écrivain de l'antiquité et ses détracteurs. Aristote transperce Bacon et pourfend Descartes ; Homère, d'un seul coup, fait sauter la cervelle à Fontenelle et à Perrault. Swift, qui ménage ses amis, évite de se moquer de Boyle, l'allié de W. Temple; mais il ne voudrait pas avoir l'air de le croire l'auteur de l'édition de Phalaris et de la Réponse à Bentley, D'un mot il échappe au double inconvénient de paraître dupe et de blesser un ami ; il représente le jeune Boyle arrivant au combat, couvert d'une armure magniflque : •• Les pièces de cette armure, dit-il avec délicatesse en se souvenant d'Homère, lui avaient été données par les dieux. »

L'épisode où Boyle, armé par les dieux, décide la victoire par son combat contre Wotton et Bentley, est le morceau le plus développé de la satire. Swift appelle à son aide toutes les ressources de l'épopée; il fait intervenir les divinités, il prête aux combattants des discours dignes des héros antiques ; il intercale dans son récit des incidents qui en accroissent l'intérêt : il prodigue les souvenirs de Virgile et d'Homère, et il déroule avec une solennité charmante ces longues similitudes que Perrault appelle les comparaisons à queue. Il représente Bentley sous une armure formée de pièces incohérentes, et dont le cliquetis, quand il marche, est pareil à celui que produit une feuille de fer-blanc en tombant du haut d'un toit. Sa main droite est armée d'un fléau; son front, d'un casque de fer avec une visière de bronze, que la respiration du guerrier a couverte de vert-de-gris. Suivi de son bien-aimé Wotton, il cherche s'il n'aperçoit pas quelque ennemi blessé ou désarmé, pour l'attaquer intrépidement sans péril. Comme deux chacals timides, mais poussés par la faim, se glissent pendant la nuit dans la bergerie d'un riche laboureur, Wotton et Bentley se coulaient à pas silencieux, à la faveur

des rayons de la lune. Ils aperçoivent de loin deux armures étendues sous un chêne, et à côté d'elles deux guerriers ensevelis dans un profond sommeil ; ils tirent au sort le nom de celui qui tentera l'aventure, et le sort désigne Bentley ; celui-ci, s'approchant avec précaution, reconnaît deux des héros de l'armée des anciens, Ésope et Phalaris. 11 voudrait les immoler tous deux, et déjà il s'apprête à décharger sur l'épaule de Phalaris son fléau pesant; mais la déesse de l'Épouvante enveloppe le héros dans ses froides ailes, et le préserve de la mort. Ésope et Phalaris, toujours assoupis, font un mouvement, comme un homme qui rêve; ils rêvent, en effet, tous deux : Phalaris, qu'insulté par un mauvais pamphlétaire, il le fait rôtir dans son taureau d'airain ; Ésope, qu'un âne sauvage bondit sur sa poitrine et souille son visage. Bentley, effrayé de l'agitation des dormeurs, s'enfuit en leur volant leurs armures. Cependant Wotton s'est dirigé vers une fontaine chère aux dieux, et que, dans le langage des mortels, on appelle fontaine de l'Hélicon. Sur le bord se tenaient deux héros : l'un, le général des troupes alliées, W. Temple, échauffé par le combat, s'abreuvait à la source divine; l'autre, plus jeune, Boyle, brûlait de tourner contre l'ennemi ses armes données par les dieux. Wotton jure d'anéantir les deux adversaires les plus terribles des modernes. Il invoque la Critique, sa mère, et lance une javeline qui frappe le baudrier de W. Temple, et retombe impuissante sur le gazon. Boyle se précipite comme un jeune lionceau, qui, lancé dans les plaines libyennes ou les déserts de l'Arabie par le lion son père, pour exercer ses forces et ravir une proie, souhaite de rencontrer un tigre descendu de la montagne ou un sanglier furieux ; si quelque âne sauvage se présente à lui et vient affronter sa colère, le généreux animal le châtie de son audace, pour soutenir l'honneur de la forêt. Déjà Wotton fuyait épouvanté, quand Bentley paraît tout à coup

avec les armures des héros, volées pendant leur sommeil. Buyle, reconnaissant le casque de Phalaris qu'il avait récemment fourbi de ses mains, cesse de poursuivre Wotton et se jette sur Bentley qui fuit à son tour. « Gomme une pauvre femme dans sa petite maison, où elle gagne péniblement sa vie par TefTort de sa quenouille, si par malheur ses oies se sont dispersées sur les prés communaux, elle court çà et là dans la plaine, chassant devant sa baguette les vagabondes qui voltigent et poussent des cris perçants : ainsi s*élance fioyle, ainsi volent les fugitifs; mais à la un jugeant leur fuite inutile, ils s'arrêtent brusquement et se forment tous les deux en phalange. Le premier, Bentley lance avec force un javelot dont il espère traverser le flanc de son ennemi : mais Pallas, invisible et présente, saisit le trait au passage, en détache la pointe de fer et la remplace par une feuille légère de plomb : le trait vient expirer sur le bouclier de l'ennemi, et retombe émoussé sur le gazon. Cependant Boyle, épiant l'occasion, brandit une javeline aiguë d'une longueur formidable, et au moment où les deux amis se tenaient serrés côte à côte, il la lance avec une force prodigieuse. Bentley voit sa fin approcher, il couvre son flanc de ses deux bras, pour préserver son corps, mais la javeline traverse les bras et les côtes, et sans s'arrêter, sans rien perdre de sa force, elle va percer le vaillant Wotton, qui venait soutenir son ami mourant, et qui partage son trépas. Conmie lorsqu'un adroit cuisinier veut former une broche de coqs de bruyère, il perce d'une pointe de fer leurs flancs délicats, auiquels il a lier étroitement leurs cuisses et leurs ailes : tel apparaît, transpercé par la lance de Boyle, le couple des deux amis. Ds furent QDîs dans la vie, ils tombent unis dans la mort, si unis que Gharon abusé prit les deux cadavres pour un seul, et ne leur fit payer qu'une obole le passage du Styx. Adieu, couple bien-aimé ; on voit peu de vos pareils sur la terre ; vous

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serez immortels, si mon esprit et mon éloquence vous

peuvent donner Timmortalité. Et maintenant »

Desunt cetera.

Finis.

Ainsi s'achève, par une imitation joyeuse d*un des épisodes les plus pathétiques de Virgile, cette épopée tragicomique, où il y a tant de raison, quoique le dénoûmeiit, contraire à la vérité, soit une fiction volontaire de la partialité de Swirt en faveur de ses amis. En effet, ce fut Bentley qu'après un long malentendu l'opinion publique proclama vainqueur, et les véritables vaincus furent Boyle et Temple, je ne dis pas les anciens, qui, on l'a vu, n'étaient pas réellement intéressés dans la querelle, puisque personne ne les avait attaqués, et que, dès le commencement du débat, la discussion s'était portée tout entière sur un point accessoire du débat. La question a donc été encore moins bien posée en Angleterre qu'en France, en ce sens que personne ne l'a directement abordée, excepté Wotton. Au lieu d'être un débat philosophique entre l'esprit ancien et l'esprit moderne, elle a perdu de vue son point de départ ; elle s'est changée en une controverse d'érudition, en une lutte de partis littéraires, où l'esprit de coterie a pris une grande part, et où la méprise la plus étrange a régné, puisque ceux qui passaient pour les défenseurs des anciens étaient ceux qui les connaissaient le moins, et que ceux qui les avaient le mieux étudiés étaient réputés leurs ennemis.

En résumé, grâce à la faveur dont l'antiquité jouissait alors en Angleterre, les anciens y ont été beaucoup moins maltraités. Les Anglais, malgré la liberté de leur génie, n'ont pas eu de Fontenelle et de Perrault; dans la faveur que Wotton montre aux modernes, faveur pleine de modération et qui s'accorde avec un respect sincère pour les anciens, je retrouve l'impartialité de Saint -Ëvremond.

D*autrc part, maigre la déviation du débat, dont j*ai dû suivre les détours, il est évident que la question a fait un pas. Wotton Ta éclaircie, en distinguant le premier avec la plus grande netteté les genres où l'esprit humain peut atteindre immédiatement à la perfection, et ceux dont le développement réclame le secours du temps ; il Ta élevée en y introduisant avec plus de force que Desmarets et Perrault le point de vue religieux, et en unissant à la cause du progrès celle du christianisme. Bentley, en apprenant aux lettrés de l'Angleterre à distinguer les vrais anciens des faux, et à les soumettre au contrôle d'une critique vigilante, a rendu l'antiquité d'autant plus vénérable qu'elle devenait mieux connue. Il' a donné une leçon salutaire à cetic famille d'esprits que Fontenelle et Perrault représentent en France, et que Temple représente en Angleterre, esprits ingénieux et légers, qui fondaient sur une connaissance trop superCcielle des anciens, les uns leur dédain, les autres leur admiration arbitraire, plus dangereuse encore pour l'antiquité que le mépris. Swift sema dans la discussion un grand nombre d'idées justes et spirituelles sur l'obligation pour la vraie critique de savoir admirer les beautés; sur la nature de la poésie, méconnue par Fontenelle ; sur l'imitation confondue avec la servilité par les copistes des anciens ; sur l'interprétation des textes antiques, où l'érudition hasardeuse de Bentley avait introduit des nouveautés téméraires. EnCn, s'expliquant en passant sur le fond du débat entre les anciens et les modernes, dans l'épisode charmant de l'abeille et de l'araignée, Swift a vengé du dédain de Perrault les premiers inventeurs, en revendiquant pour les anciens l'honneur inappréciable d'avoir les premiers éclairé et civilisé le monde. Il a rendu justice aux modernes, en les proclamant « des architectes plus habiles, » et aux anciens, en vantant <« la supériorité de leurs matériaux, » c'est-à-dire en rappelant par une spirituelle allégorie que

les anciens parlaient une langue plus jeune que les nôtres, et qu'ils peignaient les premiers, des plus fraîches couleurs d'une imagination dans sa fleur, ce que leurs successeurs ont retracé avec plus d*art, dans des langues moins flexibles, avec un génie plus savant, mais moins simple, moins gracieux, moins éclatant de jeunesse, de force et de beauté.

Tel est le rôle de Swift, de Wotton et de Bentley. Si donc la question des anciens et des modernes, en se dépaysant et en voyageant en Angleterre, n'a pas fait un progrès proportionné à son déplacement; si son excursion un peu vagabonde ressemble plutôt à l'une de ces promenades à l'étranger, dont profite surtout la curiosité de l'esprit, qu'à un de ces voyages utiles qui conduisent une affaire à bonne fin, ce n'est cependant pas là du temps perdu. Au milieu de ces digressions, la discussion a recueilli, chemin faisant, sous un ciel nouveau, quelques nouvelles idées : et quoique, en arrivant à la fin de cette première période de la querelle, nous ne puissions pas encore en prévoir le terme, la certitude d'avoir fait quelques pas doit nous donner quelque patience, et nous rendre plus indulgents pour les nouveaux écarts qui suivront le renouvellement prochain du débat.

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