‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 66 sur 199 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Fontenelle. — Dialogues des Morts.

Un antre écrivain que Desmarets aurait pu choisir pour successeur s*il avait assez vécu pour le connaître, était un jeune homme très-spirituel, fort ambitieux, malgré son extrême froideur, et qui devait devenir un des plus célèbres écrivains du xvm* siècle, le premier peut-être après les écrivains de génie. G*est Fontenelle. Mais en 1676 il n*était guère qu*un jeune disciple de Voiture. Venu de province à Paris pour y chercher fortune, il avait débuté dans le Mercure Galanu sous la direction de Thomas Corneille et du sieur de Yizé, par de petits vers d'abord applaudis et bien vite oubliés. Il avait couru les ruelles et cherché à s'élever à la renommée sur les ruines d'une comédie et même d'une tragédie tombées dès leur naissance '. Ces deux échecs en différents genres suffirent pour le jeter dans le parti des mécontents littéraires. Il trouvait à faire de l'opposition contre les réputations établies, le compte de sa rancune et de sa vanité. Il s'attaqua donc naturellement au pouvoir, et le pouvoir alors en littérature, c'était l'autorité classique, la tradition, l'antiquité, soutenue par les plus grands écrivains. Fontenelle ne pouvait être retenu par les souvenirs de son éducation. Il avait fait de bonnes études, mais à l'école des jésuites, qui ne lui avaient pas enseigné

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