Pardllèlesy t. II, p. 45. — 2. Parallèles, 1. 111, p
200 fflSTOIRE DE LA QUERELLE
Mais le beau et le laid , la grâce et la difTormité , Tagréable et le désagréable, ce sont des conventions et des caprices, c*est ce qu*on nomme le goût, qui n'est autre chose que la mode. Il s'ensuit naturellement qu'il ne faut pas alléguer le style ni le goût, quand on veut prouver la supériorilé des anciens : car, d'après la thèse de Perrault, ce qui a plu de leur temps peut déplaire aujourd'hui, et il n'y a pas lieu d'asseoir un jugement sur les beautés mobiles de la forme. Reste le fond ; or, comme, pour le fond, pour la partie positive et matérielle des arts, pour le nombre et la justesse des idées, les modernes l'emportent sur les anciens, il est évident que leur architecture, leur statuaire, leur peinture, sont supérieures, aussi bien que leur éloquence. Le palais d'Auguste , dit-on, n'avait pas de vitres : qu'on lui compare la colonnade du Louvre. En architecture, Perrault ne cite que les monuments de son siècle, comme en peinture il tire plus volontiers ses exemples des œuvres de Lebrun, qu'il met au-dessus de Paul Véronèse et de Raphaël *, Si novateur qu'il soit, il borne volontiers son horizon ; il ne sort guère de Paris ou de Versailles, il méprise l'architecture gothique. Au Panthéon, au temple d'Éphèse , au CoUsée , au théâtre de Marcellus , à l'arc de Constantin, il oppose la façade du Louvre, ce qui est d'un bon frère, et ne songe pas un instant à la cathédrale de Bourges et à Notre-Dame de Paris. Il n'aime pas plus le gothique que ne l'aiment Fénelon et La Bruyère. Il est tout entier de son siècle, par ses admirations comme par ses dédains. -
Mais à quel titre discuterai-je les unes et les autres ? Perrault m'a désarmé d'avance en récusant le goût. Je ne veux pas entreprendre la défense du goût, peu sérieusement attaqué. Une seule réflexion. Il y a deux sortes de