Apologétique f chap. ti
intégrité des mœurs. Pour réformer la société, le chrislanisme dut nécessairement réformer la ikmille. Il prépara M mères en instruisant les femmes, et les femmes en levant les vierges. Le christianisme aime et prêche la irie^nité ; c'est à ses yeux un état plus parfait que le maiage. Mais la doctrine de la virginité n'est ni exclusive ni itolérante chez les Pères, et, quoi qu'en ait pu dire une hilosophie étroite, elle n'a jamais menacé d'un danger Arieax la perpétuité du genre humain. On raconte, je le niêt que les pères et les époux se plaignaient de l'élo* uence de saint Ambroise, qui, par ses éloges de la vie iiginale, enlevait au mariage un trop grand nombre de sunes filles. Mais les larmes perpétuelles que saint Basile erse sur les vierges qui se laissent faillir, et ses promesses a pardon, inspirées par la douceur de Jésus pour Made^ stfie, prouvent à la fois la clémence de l'Église pour les péheresses et le contre-poids trop efficace que la faiblesse imnaine opposait à la virginité. On peut même affirmer n'en relevant la dignité de la femme, la virginité con-> ribna à relever celle du mariage. En ouvrant à la femme, [ai, dans l'antiquité, ne sait que devenir si elle n'est marone ou courtisane, l'asile de la solitude et du couvent, la irginité crée pour elle une situation indépendante, reslectée, et jusqu'alors inconnue. Elle l'afl'ranchit, la met en [Oelque [sorte sur le même pied que l'homme dans la solété, et introduit par là l'égalité dans le mariage. La docrlne de la virginité, si poétique dans les Pères, est donc Il même temps bienfaisante, même pour la famille; et, [Qând saint Cyprien et saint Ambroise prêchent avec tant le grâce la pureté de la vie solitaire, ils n'exhortent pas le Donde à la mort, selon le reproche déclamatoire du :vm* siècle , ils préparent la régénération du mariage par a dignité du célibat.
G est une étude charmante que de suivre attentivement
dans les Pères cette longue éducation de la femme. Ici l'Église grecque et l'Église latine sont d'accord : ce sont les mêmes enseignements. Les Pères entreprennent de régler la vie de la femme tout entière , non-seulement ses rapports avec Dieu et avec le monde, son existence intérieure, ses mœurs, ses prières, mais même son costume. Tertullien le premier attaque en elle le goût de la toilette et de la coquetterie , et l'on peut conclure de l'insistance de ses préceptes qu'il juge très-profondes les racines du péché qu'il combat. Les Pères emploient ingénieusement à extirper la coquetterie tous les arguments qui ont prise sur une femme chrétienne. «Ces beaux habits, ces joyaux, s'écrie Tertullien, n'est-ce pas un vol fait à l'aumône? » El quand il a intéressé la charité , il invoque la piété et les mâles vertus de la croix. « Ces parures efféminées amollissent le cœur. Des mains accoutumées à porter de riches bracelets seront-elles capables de porter le poids des chaînes ? C'est le fer et non pas l'or que doivent connaître des chrétiens. > Il ne pardonne pas davantage le fard et les parfums : < Une femme chrétienne fait de sa tête une espèce d'autel où elle répand des odeurs à profusion. Elle se teint! Et pourtant Jésus-Christ a dit : € Qui de vous peut « faire un cheveu blanc d'un cheveu noir? » Ce sont les femmes qui osent démentir Jésus-Christ K » Les femmes trouveront Tertullien bien sévère, si j'ajoute qu'il ne permet pas même aux tètes chauves les faux cheveux. < Vous chargez votre tète d'une masse de cheveux empruntés que vous élevez en forme de pyramide!... Hais au jugement dernier, ressusciterez-vous avec votre fard et votre vermillon, et les anges vous présenteront-ils à Jésus- Christ avec vos fausses chevelures?» Puis, changeant de ton avec une rare souplesse, il emploie un argument moins