‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 4)Chapitre 61 sur 75 · Lélia, chap. XXV.— 2. Valen1in€f chap. xxu · texte numérisé non relu

Lélia, chap. XXV.— 2. Valen1in€f chap. xxu

cette doctrine romanesque deTirresponsabilité et des droits illimités de Tamour, considéré comme une chose divine et comme une œuvre pie. Toutes ces nouveautés sont Agées de plus de seize cents ans. Voici les quatre propositions fidèlement traduites de la lettre d'Appion :

« L'amour nous est envoyé par un dieu, le premier, le plus ancien des dieux.... Nous sommes ses instruments involontaires. C'est lui qui agit en nous, et nous aimons, non parce que nous voulons aimer, mais parce que sa volonté nous commande d'aimer. » Voilà la fatalité, la divinité de l'amour, première proposition. • Si donc, sous prétexte d'obéir à un sentiment de pudeur, nous résistons à la volonté de Dieu, nous commettons l'impiété la plus coupable.... » Voilà le blasphème de la résistance, seconde proposition. « Le vulgaire, dans sa folie, méconnaît la légitimité de l'amour ; il regarde comme un mal ce que les dieux regardent comme un bien»... » Voilà Tamour signe d'élection et de supériorité sur le commun des hommes , troisième proposition. « Si vous êtes sage , imiteE les dieux et non pas les hommes ; pensez, non comme les ignorants, mais comme les philosophes, et persuade2-vous bien que l'adultère, autorisé par l'exemple du ciel, est une forme de la vertu. » Voilà la loi morale et le mariage pieusement offerts en sacrifice à l'amour, quatrième proposition. Après quoi Appion, pour corroborer le précepte par l'exemple, raconte la vie de Jupiter*.

Ces maximes, comme on voit, ne sont paâ revêtues, dans la lettre d' Appion, des brillantes couleurs dont elles se parent dans les romans contemporains. Mais ftirdéesou non, ce sont les mêmes sophismes. Gomment expliquer cette analogie singulière entre les romans profanes du XIX» siècle et un roman chrétien du ii* siècle après Jésus-

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