Lettres ipirituelUSy l. III, p. 187. — 2. Tome I, p
à partager votre cœur, Dieu, qui est jaloux, rejettera avec horreur ce partage injurieux qui le piet eu concurrence avec sa créature, c'est-à-dire avec le néant. Il n'y a pas de marché à faire avec Dieu. Il est le maître.... Il faut se taire, se laisser mener, et ne pas même voir où l'on va*.
c Où va-t-on, en effet? On l'ignore. Mais il faut marcher, marcher toujours, et l'on jonche le chemin des plus chers débris de soi-même. Vous avez des amis? A quoi bon des amis ? Ne sont-ce pas des racines inutiles du moi qu'il faut trancher, pour accomplir « le vrai et total crucifiement? » Votre seul ami c'est Dieu. C'est se déprendre de lui, que se prendre à d'autres amours. Il ue faut pas même m*aimer, moi, le guide de votre âme ; moi, que vous ne pouvez quitter sans quitter Dieu. Si vous pouviez m'abandonner sans abandonner Dieu, je vous conseillerais de le faire dès ce soir. Mais vous ne me voulez quitter que pour vous reprendre, etHous ne me quitterez pas. Vous resterez avec moi; seulement, vous mourrez à moi, afin que je sois un moyen de mort pour tout le reste*. » Morte au monde, morte à ses désirs, morte à ses affections, morte à son guide, morte à elle-même et à toutes choses, tel est l'état de l'âme quand elle arrive au terme de ce chemin d'abord si doux. La mort universelle, voilà ce que le grand directeur appelle • la perfection de la vie. > Pendant cette course haletante de l'âme emportée vers le pur amour, elle a semé fur la route les plus inséparables attributs de son essence, le désir, l'espérance, le rêve, la volonté, que dis-je? la pensée même, oui, la pensée 1 «Ne pensez pas, lui a crié Féneion. Au nom de Dieu, laissez là votre esprit, votre science, votre goût, votre discernement.. Plus d'autre esprit que l'esprit de Dieu. La grâce rabaisse tout, la grâce aplanit tout et fait qu'on est ravi d'être avec les gens les plus grossiers et les