Lettra spirituelles ^.i. I, p. 391.— 2. Ibid.j p
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sons et de ronces. L*ftine s'arrête. « Il faut marcher, lui crie le guide d'une voix plus sévère, marcher sans relâche, et sans regarder derrière soi. Courage ! Dieu portera le fardeau pour vous, et son ange aura soin que vous ne heurtiez pas même du pied contre les pierres semées dans le chemin ^ » Et cependant Tàme est accablée de fatigue ! Ses regards, fixés jusque-là vers le ciel, se retournent vers la terre; elle rêve, elle regrette ! Cette imagination, dont elle craignait l'empire, revêt des plus riantes couleurs le monde qu'elle a quitté ! Le guide s'en aperçoit : • Chassez ces images qui vous obsèdent ; luttez contre l'esprit, supprimez absolument ces conversations intérieures ; c'est pure perte de temps, c'est une.occupation dangereuse, c'est une tentation que vous vous procurez ! Ces souvenirs du monde, de ses plaisirs, de ses affaires même, sont des ruses du moi pour se retrouver et se chérir. Ne songez même pas aux affaires des autres, avec le désir de leur venir en aide, car ce désir n'est peut-être qu'une excuse honorable, dont l'incorrigible moi couvre son éternel besoin d'agir. Vous vous appelez Mme de Mainteuon, et le gouvernement de Saint-Cyr est votre plus beau titre de gloire et la plus noble tâche de votre vie. Eh bien I déchargez-vous de ce fardeau de bienfaisance et de charité, abandonnez Saint- Cyr, pour qu'il n'y ait plus rien entre Dieu et vous. Mourez à tout sans réserve, et ne possédez pas même ce qui fait votre vertu*. Que sera-ce du monde? Mettez le monde sous vos pieds. Point de partage entre le monde et Dieu. Choisissez. Si votre cœur est rempli du monde, le monde vous entraînera insensiblement, et peut-être tout à coup, dans le fond de l'abîme. S'il est à Dieu, Dieu ne vous souffrira point dans une lâche tiédeur, vous ne serez point à Dieu à demi. Si vous cherchez par de faux tempéraments