‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 5)Chapitre 15 sur 67 · Traité de la Tolérance j S · texte numérisé non relu

Traité de la Tolérance j S

qui VOUS fais cette réponse, vous le savez, c'est votre coreligionnaire, c'est votre confrère dans le ministère évangélique, c'est M. Vinet*.

De quel droit d'ailleurs H. Bungener s'indigne-t-il si fort contre les philosophes, quand il ne fait après tout que les imiter? Qu'est-H^e que le héros de son livre, Julien, qu'il nomme avec raison le fils de Rousseau? qu'est-ce que ce prêtre, déiste encore plus que protestant, si ce n'est une copie du vicaire savoyard? Et ces déclamations contre le célibat des prêtres, et ces épigrammes contre les miracles, ne sont-elles pas renouvelées des diatribes de Voltaire ? Voltaire, dans sa longue guerre contre l'Ëglise romaine, ne lui a pas donné de représentants fictifs choisis plus hostilement que les personnages de M. Bungener : un jeune prêtre amoureux, sceptique, protestant, qui viole le secret des tombes, brise un cercueil à coups de marteau, et soulève un mort pour prendre sous sa tête une bible, et qui dit la messe, prêche et communie dans une chaire catholique après s'être fait protestant; un jésuite tout brûlant de concupiscence, discutant sur le Dieu des chrétiens qu'il renie, répandant chaque soir du sang sur les hosties du tabernacle, sacrilège, apostat, émeutier, incendiaire, assassin, et bourreau : voilà les deux grandes images du clergé catholique, dans le livre de M. Bungener I Que dis-je ? il nie même l'existence du clergé catholique et du catholicisme ! Tous les catholiques > dit-il, ne sont que des protestants qui s'ignorent : tous font un choix parmi les enseignements de leur Église; tous, par conséquent, sont enfants de Luther ! Voilà pourtant à quels écarts la passion religieuse et des provocations imprudentes ont entraîné un homme sincère, un homme de cœur et de talent. C'est à regret que l'on condamne si sévèrement un écrivain hono-

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