‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 5)Chapitre 26 sur 67 · Lettres et opuscules inédits, t. I, p. 601 et M · texte numérisé non relu

Lettres et opuscules inédits, t. I, p. 601 et M

combat sur la brèche pour défendre le trône et Tautel contre les assauts de la révolution. En jugeant depuis la polémique qa*il avait soutenue dans ce temps-là, M. de Lamennais a écrit qu'on y pouvait remarquer déjà « une certaine sympathie pour le libéralisme^ »

rai cherché dans ses articles du Conservateur et du Mé* tnorial eathoUque^ et dans les Progrès de la révolutUm (1 8â9)| ces germes curieux d*où devait plus tard édoré un libéra-^ lisme si peu tempéré, et je crains que M. de Lamennais, intéressé à retrouver dans son passé le point de départ de ses idées nouvelles, ne l'ait antidaté. Je rencontre partout dans ces écrits des attaques violentes contre les philosophes, contre l'Université, contre les libéraux du Globe, contre l'Église gallicane surtout, qui gène le système de la souveraineté une et absolue du saint-siége, et dont M. de Lamennais ne veut pas laisser pierre sur pierre. L'infati* gible ennemi la presse même si vivement que l'archevêque de Paris, dans son mandement sur la mort de Léon XII, est obligé de condamner des attaques « subversives de l'ordre que Jésus-Christ a établi sur la terre, > et M. de Lamennais lui répond avec une violence et une hauteur qui sont déjà de l'indiscipline et font présager la révolte : « Jetez les yeux autour de vous, et voyez, monseigneur, qui défend aujourd'hui le gallicanisme : des ennemis de l'Église, des sectaires retranchés de la communion catholique, de cauteleux adorateurs du pouvoir, un petit nombre de vieillards respectables, sans doute, mais qui ne vivent que de quelques souvenirs d'école : tout le reste, qu'estn^e que c'est! Et y a-t*il des paroles pour peindre cette ignorance et cette bassesse, ce dégoûtant mélange de bêtise et de morgue, de niaiserie et de sotte conflance, de petites passions, de petites ambitions, de petites intrigues et d'im-

1. Du Catholicisme dans tes rapports cmc Im société pôUtique^ etc.

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puissance absolue d*esprit? Monseigneur, votre place n*est pas là; ne descendez point dans cette boue; croyez-moi, elle vous tacherait ^ > Voilà le libéralisme religieux de M. de Lamennais. Quant à son libéralisme politique, je ne le vois pas davantage. Il fait tantôt Tapologie de Tinquisition, c cette institution calomniée, à qui l'Espagne a dû la paix, » tantôt l'éloge de la Ligue. Voilà comment ce libéral jugeait la Ligue à la veille de la révolution de Juillet : « Jamais on n'aperçut mieux à quel point le catholicisme empreint dans les Ames le sentiment de la liberté, sans néanmoins altérer le prindpe nécessaire de la soumission au pouvoir légitime, qu'à l'époque trop peu connue de la Ligue, l'une des plus belles de notre histoire, s'il est beau pour une nation de sauver à la fois, par un noble élan et une résolution ferme, ce qu'il y a de plus saint sur la terre et de plus cher à l'Homme qui ne vit pas d'une vie purement matérielle, la religion et les lois fondamentales de l'État '. > M. de Lamennais, on le voit, était encore tout entier dans sa première phase. Il mettait le trône à côté de l'autel, mais au-dessous. Il plaçait toutes les couronnes sous la main du souverain pontife. Toute concession au libéralisme lui semblait une reculade honteuse, et toute tolérance, une persécution. Le ministère de M. de Martignac est à ses yeux « le plus exécrable despotisme qui ait jamais pesé sur la race humaine depuis l'origine du monde, » et il met l'évêque de Beauvais et M. de Portalis au rang des Néron et des Dioclétien. Aussi, sous le poids d'une oppression si formidable, la France ne peut manquer de se réveiller un matin en pleine révolution ; M. de Lamennais prédit la catastrophe avec la précision la plus sinistre. Seulement la révolution qu'il annonce,

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