Tome X, préface des articles de V Avenir , p
naturelle, dans le domaine politique, du principe philosophique de M. de Lamennais : Tautorité générale; du suffrage universel découlaient la liberté absolue de la presse, parce qu'il faut éclairer Tesprit public, puis la liberté absolue d'association, puis la suppression absolue de la pairie; tout était absolu; M. de Lamennais ne faisait rien à demi, dans la liberté comme dans Tautorité ; et ce qui était à la fois piquant et logique, c'est que le radicalisme de l'autorité était précisément le chemin qur l'avait conduit si rapidement au radicalisme de la liberté. Toutefois il n'était pas républicain : il admettait la monarchie, et même l'hérédité ; il n'en était encore qu'au vœu de La Fayette : une monarchie qui Km la meilleure des républiques; ou plutôt il inventait l'idée de M. de Genoude : la royauté au sommet avec le suffrage universel pour base. « Il est certain, a écrit depuis M. de Lamennais, jugeant lui-même avec beaucoup de sagacité le but politique et surtout religieux de F Avenir, que l'application de ces idées aurait en définitive conduit l'Église à l'abdication de sa puissance temporelle, et que le pape n'aurait conservé d'autre autorité que son autorité spirituelle. Or, après un mûr examen sans doute, le souverain pontife, en cela pleinement d'accord avec l'épiscopat, a jugé que ce serait au moins compromettre l'existence du catholicisme que de renoncer aux avantages qu'on vient d'énumérer, et que sa conservation, au siècle où nous sommes, dépendait plotdt de la force en quelque sorte matérielle de son organisation extérieure, que de la force intrinsèque et toute morale qu'il puise d^ns sa nature même. Maintenant que la hiérarchie a prononcé, nous devons le croire et nous le croyons'. » On sent l'ironie et l'amertume secrète. M. de Lamennais est encore soumis, mais au fond déjà il proteste. La hiérarchie avait en effet prononcé, après avoir hésité longtemps.