I. Pemées diverseg, p
ilk ÉTUDES LITTËRÂIHES ET MORALES.
cette terre de félicité, quelles sont ces idées nouvelles qui doivent mettre le genre humain en possession de la vérité, de la paix et du bonheur. Ne lui demandez pas comment s'opérera cette transformation dernière du christianisme au sein de l'humanité : c Nul ne saurait le prévoir, répond-il; ce sera d'abord comme un point qu'à peine on aper* cevra, une faible agrégation dont on se rira peut-être. Peu à peu ce point s'étendra, cette agrégation se dilatera, on y affluera de toutes parts.... l'humble plante deviendra un arbre dont les rameaux couvriront la terre, et sous le feuil-* lage duquel viendront s'abriter les oiseaux du ciel^ » Tou* jours des prophéties, toujours des images, toujours le vague et l'inconnu. Ce sont des aspirations perpétuelles; ce n*est ja^ mais une doctrine véritable. Quand on lit les derniers écrits de M. de Lamennais sur la religion, comme ses écrits sur la politique, la seule impression qui reste au fond de l'esprit, c'est l'image d'un homme debout sur des ruines au milieu des ténèbres, l'œil tourné vers l'avenir, et annonçant d'une voix fatidique le lever douteux d'une confuse aurore.
Je m'arrête. Je ne suivrai pas H. de Lamennais, ni jusque dans le journal fondé par lui après 1848, et où il osait écrire ces terribles phrases sur les âmes cadavéreuses, qu'un critique avait naguère le triste courage d'admirer, ni sur les bancs de la Constituante. Sa renommée révolutionnaire l'y avait poussé. Son orgueil y souffrit, comme il souffrait partout. Nommé l'un des premiers membre du comité de Constitution, il s'en sépara le jour où l'on ne voulut pas accepter toute faite la Constitution qu'il avait apportée dans sa poche. Il vécut plusieurs années encore, dans quelle tristesse,, dans quelle amertume, on peut en juger en lisant les pages désolées où dès longtemps auparavant il racontait l'état de son âme dans la dernière partie de sa vie.