‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 5)Chapitre 40 sur 67 · Tome II, p · texte numérisé non relu

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Je ne suis pas bien sûr que Plutarque acquiescerait à cet éloge sans réclamer. 11 se croyait historien tout autant que moraliste, et attachait Je crois, plus d'importance à la vé^ rite réelle que M. de Sacy. Pour M. de Sacy, Tbistoire n'est qu'une forme de la morale, une œuvre d'art et d'éloquence, d'où l'on tire des leçons utiles à la conduite de la vie : c'est en général l'idée de l'antiquité. Par là s'explique la préférence que M. de Sacy donne aux historiens anciens sur les historiens modernes^ préférence déclarée et sans aucune réserve.

« En histoire, plus encore qu'en poésie et en éloquence, l'antiquité nous a vaincus d'avance. Ici la théorie du progrès continu doit s'humilier ou s'ériger en dogme que l'on croit sans le discuter. Nous avons de grands critiques : où sont nos grands historiens? L'histoire politique, l'histoire morale, la grande histoire, celle qui est faite .pour les hommes et non pour les Académies, où est-elle? cette histoire qu'on appelait autrefois la maltresse des peuples et des rois, où l'on apprenait la guerre et le gouvernement, qu'en avons-nous fait ' ? >

Je ne défends pas la théorie du progrès continu, dont se moque M. de Sacy. Je ne sais si le progrès est ou non continu et indéfini, mais je crois au progrès, et particulièrement au progrèsderhistoire; jenedis pas, qu'on veuille le remarquer, à la supériorité de nos historiens. L'histoire, telle que les modernes l'ont conçue, tableau universel de la vie des peuples, qui embrasse toutes les formes de leur activité, les finances, l'administration, comme la politique et la guerre, l'étude des idées, comme la narration des faits, me parait un progrès sur l'histoire des anciens, si belle comme œuvre d'art, si incomplète comme œuvre de vérité. Je n'en conclus pas que nos historiens modernes l'emportent par le

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