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à ses conjectures pieuses, à côté de cet homme mourant : « Qui sait s'il ne comprit pas le muet enseignement que la Providence avait voulu placer peut-être dans cet isolemrat et cet abandon! si dans cet instant funèbre bien des voiles ne se déchirèrent pas devant ses yeux» si bien des bandeaux ne furent pas levés? si sa vie passée ne lui apparut point, et si alors il n'aurait pas voulu en effacer quelques actes? si ses ouvrages ne lui revinrent point à la pensée, et s'il n'aurait pas voulu «i effacer avec son sang bien des pages) s'il ne se r^)entit pas enfin d'avoir combattu toutes ces institutions sociales, toutes ces idées religieuses, vraies parce qu'elles sont nécessaires, et si nécessaires parce qu'elles sont vraies? a
Nous avouons ne pas le savoir, non plus que M. Nettement; mais s'il faut tout dire, nous croyons tout sîmplemrat que, comme il a été dit si bien plus haut, c le canon d'un fusil s^est penché, que quand il s'est relevé» il y avait un homme mort, » et qu'un homme tué roîde ne pense pas si Icmgtemps : nous croyons surtout que le critique n'est plus un critique quand il juge comme un h<Hnme de parti, et qu*il parle coBoae un procureur devant une ooor d'assises ; et nous regrettons de tout notre cœuir ces écarts déplorables d'une plume honnête et habile, qui juge si bien et en si bons termes, quand l'esprit de parti ne l'égaré p^s. Quelle excrtlente page sur M. de Fontanes,'par exemple! c'est un vrai plaisir pour nous de la citer : •
« La résistance de Fontanes à l'Empereur était mesurée, convenable, obséquieuse même, telle que le temps la eom* portait; et c'est oe qui a fait illusion aux (dwervatemrs saperficiels qui, entre le tumulte de la licence révolutioonaire et le bruit du régime lilN*e de la Restauration, n'ont pas voulu comprendre les mfoagements infinis auxquds toute voix d'opposition était astreinte sous l'Empire, et n'ont vu dans Fontanes qu'un courtisan ordinaire, parce qu'il ne
disait pas, comme Mirabeau : « Nous sommes ici par la « volonté du peuple, » ou qu'il n'écrivait pas un pamphlet à la manière de Paul-Louis Courier. Il faut permettre aux hommes d'être de leur caractère, et surtout de leur temps; et Tacite a écrit, sur le mélange de la modération et de la fermeté sous le despotisme, une phrase dont îl faut se souvenir, sans toutefois en abuser. II y a en politique^ comme en musique, un ton généra), au diapason duquel sont amenées les intonations particulières, et les plus honnêtes gens du monde expriment différemment les mêmes pensées sous des régimes différents. L'opposition, qui criait sous la première révolution et devait parler 9} haut sous laHestauration, pouvait à peine murmurer à voix basse sous l'Empire, et s'exprimait par sous^entendu. C'était bien un peu le résultat de la différence de9 hommes, mais beaucoup plus encore le résultat de la différence des temps.... Il faut donc moins s'étonner de voir Foutanes parler tout autrement sous TEmpfa'e qu'on ne parlait sous la première révolution, et qu'on ne devait parier sous la Restauration ; et quand même on trouverait, ce qui est vrai, qu*il a souvent poussé au delà do nécessaire les concessions de lai^ge, ses actes restent ce qu'ils sont.... des actes de digntté et d'indépen* dance relative *. »
Cest là un jugement équitable avec bienveillance, et' sphrituel avec justesse; c'est là un style ingénieux et sage qui convient à la crîtiquei et qui ne tient n! du premier-* Paris, ni du réquisitoire, ni de l'oraison fonibre. Pourquoi le livre de M. Nettement est-il si souvent un journal, et pourquoi ce foumal a-t-0 toujours Fait d*être fci Quoti^ âienne?