Ibid.y p. 227. — 3. Ibid., p. t
— Mais, si Dieu purifie mon cœur, pourrai-je vaincre les dissipations de mon esprit et les retours d'une imagination terrestre qui m*arrachent à la pensée du ciel T — Gardez* vous de faire violence à Tesprit, ce serait vouloir suspendre un torrent. Quand vous apercevez que votre imagination commence, contentez-vous de vous tourner vers Dieu, sans vous opposer directement à ses chimères. Dieu fera le restée — Mais mon état dans le monde, faut-il que je l'abandonne ? — Pourquoi renoncer à votre emploi ? Nous verrons plus tard. Prenez toutes les précautions, veillez sur votre conduite, mais ne quittez pas votre état d*une façon précipitée. Rien de forcé ni d*irrégulier. Les choses que Dieu fait faire pour l'amour de lui sont d'ordinaire préparées par une providence douce et insensible. Elle les amène si naturellement qu'elles paraissent venir d'ellesmêmes. Il vaut mieux ouvrir la porte avec la clef que de rompre la serrure avec impatience. — Mais combien d'affections disputent encore mon cœur à Dieu ! Faut- il rompre avec elles? — Pourquoi renoncer à ces amitiés innocentes? Ayez des amis, ayez-en peu, et beaucoup de connaissances passagères. Voyez les gens de votre condition ; soyez gai, libre, affable ; rien de timide ni de sauvage, rien de composé. Dieu ne demande pas le vide du cœur, ni la roideur, ni la rudesse. Faites ce qu'il veut que vous fassiez, mais avec humilité, avec complaisance, et, dans les conversations familières, n'allez pas vous distraire de vos amis pour courir après lui, car il vous échapperait^. >
L'âme se décide enfin. Elle s'engage peu à peu dans cette voie commode et charmante, où Fénelon l'appelle d'une voix si tendre, et, sur les pas de Taimable guide, s'élance & travers les fleurs et les prairies. Mais bientôt la route change d'aspect; des 'collines s'élèvent hérissées de buis-