‹ Œuvres complètes de H. RigaultChapitre 33 sur 85 · Àleimef 11?. I · texte numérisé non relu

Àleimef 11?. I

158 ÉTUDES UTTÉRAIRES ET MOiRALES.

ses héroïnes ont une si grande horreur de ce qu'il appelle le « vilain péché , »» que , pour n'en inspirer le désir à personne, elles veulent se défigurer. Il résulte de cet eicès de spiritualité que la vertu, malgré ses bonnes intentions, s'expose au ridicule, et que les caractères, tendus à outrance, deviennent faux. Pourtant Camus a sur l'auteur de YAstrée un avantage : il n'a pas étudié les passions seulement dans le monde et dans les livres ; il les a entendues se révéler elles-mêmes dans les instants où elles ne sauraient mentir. Il a dirigé les consciences, et de ces confidences secrètes, murmurées dans le silence du confessionnal , il a recueilli une connaissance de l'âme humaine que nulle expérience mondaine ne saurait égaler. Aussi arrivet-il quelquefois, malgré ses défauts, à une vérité dans les sentiments et dans les caractères que d'Urfé n'a jamais atteinte.

L'un de ses plus remarquables romans, c*esi Palombe ou la Femme honorabkK Tracer l'image de l'honnête femme, exposer ses devoirs, prescrire sa conduite au milieu des difficultés de la vie, ce n'est pas seulement l'œuvre d'un romancier, c'est l'œuvre d'un directeur. Avec beaucoup de bon sens, Camus a pris la femme non pas dans un couvent, mais au milieu du monde, au foyer domestique, et la vertu dont il fait l'histoire, c'est la plus belle des vertus de l'honnête femme, celle qui est le fond même de son honnêteté : l'amour conjugal. Suivant son procédé accoutumé, il expose successivement à un grand nombre d'épreuves la vertu de Palombe. Voici le sujet du roman : Le comte Pulgent, violemment épris d'une jeune fille nommée Palombe, l'épouse. Â peine marié, il aime une autre femme, Glaphire, et trouve le moyen de la faire venir avec sa mère et son frère dans sa maison. Longtemps il dissimule sa passion,

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